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Pentagram › Sub-Basement

cd | 11 titres | 44:41 min

  • 1 Bloodlust [02:29]
  • 2 Buzzsaw [02:29]
  • 3 Drive Me to the Grave [04:32]
  • 4 Sub-Intro [03:59]
  • 5 Sub-Basement [06:03]
  • 6 Go in Circles (Reachin' for an End) [05:19]
  • 7 Mad Dog [02:18]
  • 8 After the Last [03:48]
  • 9 Tidal Wave [04:40]
  • 10 Out of Luck [03:54]
  • 11 Target [05:10]

enregistrement

Enregistré et mixé au Polar Bear Lair Studios dans les montagnes Catoctin, Western Maryland, entre février et juin 2001. Mixé et remixé sur un 32 pistes Adat. Masterisé au Polar Bear Lair Studios. Preproduction à l'Orion Studio.

line up

Bobby Liebling (voix), Joe Hasselvander (tous les instruments)

remarques

L'album devait sortir le 11 septembre 2001. Sa sortie fut retardé à cause de ce qui s'est passé ce jour là à New York. Elle sera ensuite éclipsée encore une fois par l'édition des vieilles pistes de Pentagram par Relapse (First Daze Here), ce qui amènera entre autres raisons Hasselvander à larguer Bobby, entrainant un Neme split du groupe.

chronique

Styles
metal
heavy metal
metal extrême
doom metal
Styles personnels
homme-mite héroïne metal

Pentagram, des années à renifler les restes de la réussite d’autres groupes, cantonné pour toujours dans un entresol, dans une cave, chez papa et maman. Chez papa et maman, on retrouve Bobby Liebling, le temps d’un documentaire qui m’a vraiment beaucoup marqué. J’y voyais quelqu’un qui était bien plus âgé que moi partager la lose de beaucoup de jeunes adultes, sauf que lui avait à la fois l’âge de mes parents et l’état de santé de mes arrière grands-parents. Au moins. Et on voit ce mec marmonner des choses et d'autres, radoter des histoires sur tous les grands qu’il a côtoyé, tout ce succès qu'il a frôlé, cette vie de bohème rock and roll et toute la merde qu’il a charié avec toujours cette envie de dire qu’il va se refaire, comme une espèce d’expérience anthropologique, on chope un gars à douze piges et on lui fait faire le max de n’imp, et on suit les résultats après avoir effectué des pronostics quant à sa durée de vie et le montant de cash qu’il va engendrer pour une maison de disques donnée. Que de paris, que de mouvements et suppositions sur ce qui est, aurait dû être... il y a autre chose qui m’a marqué dans ce documentaire marquant, c’était la manière dont il parlait et répétait des pensées sur un des albums du Pentagram que je ne connaissais pas : Sub-Basement. A l’époque j'étais biberonné par Day of Reckoning, Be Forewarned et les vieilles bandes exhumées par Relapse, mais je ne connaissais pas celui-ci. Le Bobby nous dit dans ce documentaire qu’il avait été touché par des fans lui disant combien cet album leur avait parlé, alors que celui-ci est particulièrement sombre, suicidaire, pas prompt à redresser quelque être humain que ce soit. Ben oui, on peut bien se demander ce que peut apporter de la musique sombre, et en quoi les ténèbres peuvent éclairer quoi que ce soit ?! Et c’est une question qui s’est posé dans beaucoup de chroniques sur ce site : ça rime à quoi cette introspection dans la lose, la perte de ratelier, la perte de dignité ? Et en plus c’est ce qui m’a aiguillé vers l’achat de ce disque qui fut réédité plus tard par Svart de manière cholie, et par Season of Mist dans un packaging malheureusement beaucoup trop symbolique ou abstrait. Car malgré la naïveté métallo-crayola de l’illustration originale, on ne pouvait pas mieux exposer ce qui est écrit ici : une pataugeoire, l’esprit et le corps humain dégoulinant vers des égouts infects. Mais bon dieu pourquoi suis-je aussi obsédé par cet album ? Déjà en regardant les photos du « groupe » à l’intérieur : un Bobby en mode pilote automatique, et Hasselvander, qui fait toute la musique, une partie de l’enregistrement, et même l'illustration. Mais si Hasselvander avait été seul, ça aurait un médiocre album de doom un peu musclé. Non là Liebling est le plus flippant de toute sa carrière : j’ai vraiment l’impression encore aujourd’hui que je me le mets pour la troisième fois de suite d’entendre ses gencives tomber, momifié au fond de son placard à souvenirs moisis alors que sa mère l’appelle pour lui dire que 1) le repas est prêt et que 2) son copain est arrivé, il dit qu’il doit absolument boucler l’enregistrement. Et je trouve qu’il y a peu d’albums dans la carrière de Pentagram qui arrivent à ce niveau de sludge classieux : c’est toujours du heavy metal qu’on appelle doom, c’est toujours ces vocalises extraites des seventies, ces paroles qui se partagent entre un méga égo qui se la joue prince des catacombes et un misérabilisme inhumain, mais il y a comme une transcendance de la maladie ici que j’ai rarement aussi bien entendue en dehors des « scènes » funéraires, black metal, sludge, etc. où l’on est censé cultiver jour après jour la sensation de se décomposer sur place. Bobby lui passe du bon temps à cramer en enfer, il s’échine à nous le dire. Aujourd’hui en 2017 il se tue à nous dire qu’il a tout vécu de travers, et que maintenant jusqu’à la fin des temps il va payer. Comme qui dirait qu’ici, le décompte a déjà bieeeen commencé. Et c'est pour ça que, malgré certaines longueurs un peu hard rockisantes, des instrumentaux pas très très originaux, l'ambiance générale de léproserie fait de Sub Basement un de mes albums de chevet du genre, ne se décantant pas avec l'âge, tout simplement parce qu'il touche très bien du doigt l'expression de la souffrance pure et simple. Et ça, on va dire que je sais à peu près le comprendre en toute circonstance, et apprécier son juste témoignage.

note       Publiée le jeudi 28 septembre 2017

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Derelictus › samedi 30 septembre 2017 - 20:52  message privé !

J'ai failli avoir comme un doute à un moment donné, et puis j'ai réécouté le premier album, et je n'ai plus douté. Et encore, c'est sans avoir écouté Day of Reckoning. Pentagram, sans Victor Griffin, c'est comme Maiden sans Adrian Smith.

dimegoat › samedi 30 septembre 2017 - 08:39  message privé !

Contexte mis à part, même si c'est un peu difficile de s'enlever de la tête les images du documentaire, la défonce au crack autant que le happy end flippant, je trouve cet album bien ficelé, avec de bons riffs, pas du tout caricatural-doom.

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Klarinetthor › samedi 30 septembre 2017 - 02:37  message privé !

tellement content de l'avoir vu en 2013, le Liebling... un des mecs les plus barrés jamais vu sur scène.

Note donnée au disque :       
Rastignac › vendredi 29 septembre 2017 - 22:13  message privé !
avatar

en PS : cette chronique n'a rien à voir avec l'actualité de Pentagram que je viens de découvrir : leur tournée européenne de 2017 s'est faite sans le Bobby, lequel croupit en prison après séjour à l'hosto, pour avoir, apparemment, tapé très fort un "adulte vulnérable de sa famille".

C'est ce que je disais : à l'image de la pochette quoi.

Note donnée au disque :       
born to gulo › vendredi 29 septembre 2017 - 20:52  message privé !

Ah, bah je suis allé revoir la chronique chez nous, et il se fait éreinter net ! Mais d'un premier survol tout à l'heure, je me demande comment on a pu me cacher cette... voix.