Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesHHelium Horse Fly › Helium Horse Fly

Helium Horse Fly › Helium Horse Fly

cd | 8 titres | 53:10 min

  • 1 Surgery Plains [3:46]
  • 2 Titanium Tea [6:30]
  • 3 The Fifth Season [8:04]
  • 4 Firelink Shrine [8:41]
  • 5 Lamento of a Dinosaur [3:55]
  • 6 Adrift [10:34]
  • 7 [0:56]
  • 8 Breaches [10:43]

extraits vidéo

  • Il y a des extraits vidéo pour ce disque. Vous devez être membre pour les télécharger : devenez membre.

enregistrement

Enregistré et mixé en août 2013 par Xavier Dromard au Blend Studio. Masterisé en septembe 2013 par Alain Douches à West West Side Music. Produit par Helium Horse Fly.

line up

Marie Billy (voix), Stéphane Dupont (guitare, claviers, voix), Dimitri Iannello (basse, clarinette), Bastien Dupont (batterie)

remarques

Design par Stéphane Dupont.

chronique

Le fracas – tout de suite ! On a l’impression d’être jeté au milieu du morceau – qu’il tombe comme un piano à queue devant nous autres, passants, depuis le huitième étage. On est saisi dans nos rêveries, nos pensées de chalands – badauds ou individus qui se rendaient quelque part, quelque souci ou but ou autre formalité en tête. Un instant on ne sait plus où on est. On ne sait pas où ils sont. Qui est mort, qui vit, qui subsiste. Une accalmie viens vite – mais le noir alentour persiste. Est-ce un quelconque Bardo ? Une Interzone ? Un autre entre-mondes, peut-être, celui d’un autre cheminement – où le "où" importe peut-être moins que la question et le cheminement, que le fracas et l’accalmie rendent à eux-mêmes. (Entiers et pleins de zones creuses, d’embouchures, de raccords vers l’externe). Cette musique, en tout cas – retorse dans l’écriture, exigeante pour ceux qui la jouent, précise mais tordue, pleine de couches et d’angles aveugles – est toute tensions, inquiétudes… et quelque chose d’autre, au cœur, de chaud et palpitant. Ça se poursuite, ce ne sont pas des pôles. C’est nerveux comme du Art Bears – mais plus souple, comme s’il fallait courir plus vite, les jours ayant depuis changé, durci encore peut-être. Échapper à quoi ? Attraper quels transports – atteindre par eux ou en les évitant quel havre, refuge, aimé perchoir ? Tout ce qui est gracieux, dans ces chansons, tout ce qui est intime, doux, beau… vit et se meut entouré de menaces, cerné, de violences parfois en suspens, parfois lâchées – et là encore il faut que ça s’enfuie, réplique en piquant puis s’élance – toujours un pas devant ce qui s’abat. La voix – assurée, sensible, le ton bien plus juste, ici, que sur les deux EP sortis précédemment par le groupe – habite ces espaces hostiles, y insinue comme en contrebande une fragilité organique, une douceur affirmée en contre. La guitare et la basse versent d’arpèges-volutes en riffs-brisures, hachures, suintement noir ou lueurs qui apaisent et encouragent. La batterie parfois continue sa casse, parfois se mue en brise, en pouls rassurant, ou en un bruit de flux – sang, cour perçu étouffé derrière une paroi, sous un sol – dont on ne peut savoir ce qu’il annonce, s’il faut se fier à son écoulement qui berce. À vrai dire ce n’est pas seulement Marie Billy qui trouve là vraiment sa voix. Les trois autres, aussi – le batteur a d’ailleurs changé, entre temps – semblent tenir complètement, ici, leur objet, leurs tortueuses compositions. Ce n’est pas – je ne crois pas – qu’ils aient calmé le jeu. Bien au contraire : c’est qu’ils atteignent là, pleinement, la maîtrise de ces furies et bouts de beauté crue qu’ils libèrent. Qu’ils atteignent, eux, aux hauteurs qu’ils leurs destinaient. Ça ne fige rien, cependant – ça ne semble pas se targuer d’un art tout-achevé, transcendance qui résoudrait les paniques, les cahots qui d’abord l’avaient poussé là. C’est bien plus immédiat, à vrai dire. Ça se retire bien plus doucement que c’était entré – sans s’éteindre, sans mourir vraiment, nous quittant comme une pensée dont on perd pour l’instant le fil, la lumière revenue – les échos du piano disloqué sur le bitume ayant fini longuement de vibrer. Oui, oui, ce n’est qu’une image. Cette musique, non – pas l’amas de symboles, le prog fait picturales, peinture, fresque d’opéra. C’est une bête autonome. Avec sa gueule de poigne qui se desserre et nous hèle – pour saluer ou bien dire STOP.

note       Publiée le mercredi 20 septembre 2017

Dans le même esprit, Dioneo vous recommande...

partagez 'Helium Horse Fly' sur les rseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Helium Horse Fly"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Helium Horse Fly".

ajoutez une note sur : "Helium Horse Fly"

Note moyenne :        3 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Helium Horse Fly".

ajoutez un commentaire sur : "Helium Horse Fly"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Helium Horse Fly".

Dioneo › samedi 15 décembre 2018 - 11:45  message privé !
avatar

Nouvel album prévu pour janvier 2019... Un titre en ligne pour le moment. Je trouve que ça prend encore nettement de l'ampleur, leur truc, à écouter celui-là !

Note donnée au disque :