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The Dwarfs of East Agouza › Bes

lp • 4 titres • 37:04 min

  • 1Baka Of The Future9:37
  • 2Clean Shahin6:57
  • 3Where's Turbo?16:09
  • 4Hungry Bears Don't Dance4:31

lp • 4 titres • 38:57 min

  • 1Resinance3:58
  • 2Museum Of Stranglers (Part I)13:58
  • 3Museum Of Stranglers (Part II)12:45
  • 4Museum Of Stranglers (Part III)8:16

extraits audio

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enregistrement

Enregistré au studio 100Copies.

line up

Alan Bishop (voix, basse acoustique, saxophone alto), Maurice Louca (orgue, synthétiseur, beats), Sam Shalabi (guitare électrique)

Musiciens additionnels : Pierre Guy Blanchard (percussions)

remarques

chronique

Musique arabe et psychédélisme partagent un point commun : la recherche de l’effet de "transe", terme d’ailleurs employé comme titre pour le documentaire sur Nass El Ghiwane ; un Maroc des seventies où l’on pouvait passer des nuits orientales en compagnie des synthés d’Abou El Omari. Si The Dwarfs of East Agouza se trouvent de l’autre côté de l’Afrique du Nord, le trio emmené par Alan Bishop partage cette envie de métissage à l’occidentale dans une mixture bien plus abstraite, mais intégrant également des claviers savamment dosés. Auparavant, le membre des Sun City Girls avait sévi dans un trip rock psyché au Caire avec The Invisible Hands ; ici, le projet se fait plus éclectique, plus sinueux. Bes possède une identité musicale forte, magnétique et étrange, due avant tout à une guitare électrique qui, dans les mains de Sam Shalabi, joueur-improvisateur d’oud, capte un effet déchiqueté, sagace, vif. Bishop l’aurait rencontré en squattant le même immeuble de la capitale égyptienne ; et de fil en aiguille, Maurice Louca se serait retrouvé embarqué avec ses synthés vintage, qu’il plaque ici sur les lignes de basse, et un lit de percus étalant une mixture inédite où groove bancal à l’orientale, riffs atonaux et format long sont de rigueur. Le plus fou, c’est que ces putatifs nains-là (aux membres inférieurs de toute évidence... exaltés) touchent à cette parfaite lancinance à la Can, ce tempo qui se répète inlassablement et parvient à baisser nos gardes, lentement mais sûrement – avec la patte particulière des Sun City Girls, soit des couches rajoutées en fin de morceaux qu’on croyait terminés. Ce rock expérimental à tendance arabo-nubienne dure une quarantaine de minutes avant de dévoiler une nouvelle surprise. Le frère de Sir Richard embouche un saxophone pour la suite "Museum of Stranglers", et d’un coup, c’est un nouveau disque qui commence. Triptyque presque plus "jazzy" – voire carrément plus atmosphérique, presque cosmique, étiré et bizarre à mi-parcours – qui laisse, pour finir, la place à des mélodies improvisées sur fond de no wave et de rythmique soutenue, indéfectible. Dans cet équilibre triangulaire, Louca paraît essentiel tant il cimente les envolées criardes de ses compagnons, à base de rythmes obsédants et de samples dignes des années 70, manifestes dans "Where’s Turbo?". Le claviériste garantit l’état de transe grinçante dans laquelle baigne Bes jusqu’en bas de la ceinture. Avec le regain d’intérêt pour la fusion orientale (et le chemin parcouru depuis Dissidenten et Lemchaheb), on peut même parier que cet album finira par devenir un album culte. Huit contre un !

note       Publiée le mercredi 20 septembre 2017

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notes

Note moyenne        6 votes

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Klarinetthor › mardi 14 avril 2020 - 14:39  message privé !

Ils sont productifs en plus... pas encore écouté le dernier

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Twilight › lundi 13 avril 2020 - 19:20  message privé !
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Effectivement, c'est plutôt prenant ce truc...0_O

Procrastin › lundi 13 avril 2020 - 16:02  message privé !

Irrésistible (si z'y avez pas encore plongé vos esgourdes, laissez les s'y dissoudre dans la spirale du breuvage, ya un lien bandcamp dans la chro)

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DukeOfPrunes › mercredi 18 octobre 2017 - 10:53  message privé !
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Hé hé, de rien !

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Tallis › vendredi 13 octobre 2017 - 17:18  message privé !

Wow, sacrée découverte ! Des ambiances envoûtantes avec une économie de moyens assez stupéfiante. "Where's turbo ?" me scotche à chaque écoute...

Merci m'sieur le Duc !

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