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Kazuki Tomokawa › Hanabana no Kashitsu

  • 1993 • Psf PSFD-29 • 1 CD

cd • 12 titres • 36:28 min

  • 1No Words Can Right Up With Armaments4:16
  • 2Redon3:20
  • 3Where Is Here?3:00
  • 4Storms In The Dead Of Night3:58
  • 5Wind Of Midnight4:09
  • 6Baby-Sitter of Demon2:01
  • 7Hirate Miki Theme2:31
  • 8Scenery With Ears2:58
  • 9Tomorrow Has Come To The Throat2:32
  • 10The Boy's Love2:12
  • 11Hurry Up! Rape Blossoms1:57
  • 12My Flower3:34

enregistrement

Enregistré par Takeshi Yoshida.

line up

Kazuki Tomokawa (guitare, chant, cris)

remarques

chronique

Styles
folk
Styles personnels
printemps tardif

Retour "sur les rails" pour Kazuki Tomokawa, après une décennie maigre et de bien cruels tours du destin. Celui qui a trompé les pronostics du mouvement folk, débutant sur le tard et signant des chefs-d’œuvre à contre-courant, vient briser le silence sur l'invitation de l'inestimable Ikeezumi aux premières heures de PSF. Effet de réévaluation déclenché par une compilation sortie en 1989 ? En tout cas, le début des années 1990 aurait presque un goût d'euphorie. Présenté à un nouveau public sous les traits d'un Tim Buckley oriental, par sa sensibilité à vif, Tomokawa se place enfin sur la ligne de départ d'une renaissance par voie discographique ; réduisant à peine l'écart avec Kan Mikami, compère nordique génial, chargé ici de la rédaction des liner notes du disque. Pour Hanabana no Kashitu, comme s'il s'excusait par avance de sa présence, Kazuki Tomokawa joue seul dans le studio. Aucun arrangement, aucun garde-fou. La guitare, la poésie. Sa voix a changé, désormais, sa gorge racle souvent comme si elle avait été marquée par les abus ; tant mieux. Lui reste entier, déballe ses vers, déroule ses chants. Ici, une douceur qui berce une sphère de l'intime. Là, des cris et des pleurs ravalés, au beau milieu de la nuit. Il reprend son folk à l'endroit où il l'avait laissé, et commence à tousser cette sorte de rire, craché par les poumons, souvent comme s'il abattait sa dernière carte ("Wind of Midnight", "Hirate Miki Theme"). Étonnamment, la conviction affichée semble dissimuler une sorte de retrait, de faillibilité qui renforce l'attrait de cette collection de "standards" en devenir. La dernière piste, "My Flower", est une clé de lecture : citation directe d'un texte de Norio Nagayama, serial-killer notoire, écrivain primé en 1983 dans le couloir de la mort (et finalement exécuté en 1997). Touchante de fragilité, abordant les thèmes du talent, de la violence et de la mort comme des questions liées, qui se mêlent à nouveau. Cette chanson, c'est l'affirmation de l'existence humaine par la métaphore. Tomokawa a vu le passé des fleurs, leur beauté, leur folie ; sa voix adopte la couleur des pétales. La folie, c'est de ne pas savoir pardonner. C'est l'obéissance, le refus de bousculer un prétendu jardin d'Eden. Le coupable est tout trouvé. La faute des fleurs. Titre dont s'emparera plus tard Vincent Moon pour son portrait documentaire de l'artiste ; point de départ d'une période de création sans concession, durant laquelle Tomokawa développera son style en lui apportant diverses nuances. Portée aux nues par le compositeur Shigeaki Saegusa, cette cure de jouvence est un élan déterminant vers un grand saut explosif, annonçant sans tambour ni trompette une décennie riche de créations musicales.

note       Publiée le dimanche 17 septembre 2017

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