Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesNNåstrond › Toteslaut

Nåstrond › Toteslaut

cd | 10 titres | 40:26 min

  • 1 Xolotl [00:46]
  • 2 En sång från en pestbesmittad grav [04:45]
  • 3 Lord of the Woods [06:14]
  • 4 Akhkharu (The Grave Dweller) [03:55]
  • 5 Neuntoter (Yo soy el roy!) [05:14]
  • 6 May the Rotten Bones Absorb Life Again [07:09]
  • 7 A Black Hearse Clad in Human Bones and Skulls [03:26]
  • 8 Jai Ma Kali [04:14]
  • 9 Gravestench [03:12]
  • 10 Toteslaut [01:31]

extraits vidéo

  • Il y a des extraits vidéo pour ce disque. Vous devez être membre pour les télécharger : devenez membre.

enregistrement

Pas d'informations sur l'enregistrement.

line up

Arganas, Karl NE

remarques

Edition originale en cd et cassette, réédité en cd en 2010 (Frostscald), en vinyle en 2011 (Galgenstrang), disponible sur bandcamp également depuis peu.

chronique

Il y a une question qui me taraude un peu depuis que j’écris sur le métal dit extrême : ce sont ses accointances avec des systèmes de pensée, de croyance, qu’elles soient politiques, esthétiques ou religieuses, systèmes voulant souvent être reproduits en musique. Parfois, la musique même se veut auxiliaire du système, comme lorsqu'il faut agrémenter des rites ou des marches militaires de certaines mélodies qui mettent de l'huile dans les rouages, via tempos et borborygmes. Par exemple, il y a toute une frange du black ou du death metal qui compte bien exprimer de manière (im)pure le « chemin de la main gauche ». Pour résumer, en deux lignes c'est impossible, donc faites votre miel par ailleurs, enfin, bref, pour résumer on fait référence avec ce chemin à des notions liées au tantrisme. Par exemple : réaliser une vision non duelle par des pratiques liées à l’ordre social (main droite) ou non (main gauche), ou quand la norme et ses interdits sont utilisés à des fins d'illumination. Exemple : je bouffe de la viande, mais de manière rituelle, cf. le témoignage amusé de David Tibet quand il invita CR Lama dans un studio tenu par un vegan, et que le dit lama se mit à engloutir de la viande crue, dans le cadre de ce rituel enregistré. Tout cela a bien sûr été hautement fantasmé par les occidentaux depuis longtemps, cf. Alexandra David Néel et les théosophiques ou autres sociétés pseudo initiatiques déjà bien dénoncées à l'époque par René Guénon. René, si tu nous écoutes : salut. Et notre mouton alors ? Ici c'est Nåstrond, ou Nåstrond 666, et il se pose exactement dans les clous de l'outrance, tels leurs collègues de label Abigor, avec un point de vue bien différent : non celui d'un satanisme savant mais celui d’une espèce de nihilisme emprunté à une vision bien tordue des pratiques psycho-physiques millénaires venus d’Inde ou de Perse. Dedans, qu’est-ce qu’on retrouve ? Un livret (dans la version originale) avec du sanscrit non traduit, donc je ne pourrais vous dire ce dont ça parle, ptet un mantra, et puis évidemment une bonne vieille totenkopf parce que sinon ça parait moins true, et hop, là je vois arriver dans ma tête le joli minois de Savitri Devi, cette drôle de nazie dont la vie ressemble à celle d'une héroïne des bédés d'Hugo Pratt, ayant bien fasciné tous ces petits néo-fachillons avides de lectures sur « le troisième oeil » des « bonnets noirs » préparant l’avènement du « roi caché » qui se terre du côté de « Shambala, tu vois le simply market ? Ben c’est la deuxième à droite ». Non, mais mélanger des symboles SS, des runes, et des symboles hindouistes, c’est juste : nawak. Et ça me rappelle le triste sort de la croix gammée, entre autres machins complètement, aujourd’hui, mis au ban par la grâce créatrice de quelques millions de neuneus. Et la musique alors ? Du black métal occulte. En quoi est-il occulte ? Des gens crient comme des loups, le son est caverneux, ça se veut un peu hypnotique, c’est souvent pas très bien joué, notamment le batteur qui semble vraiment cramé lors des prises de son, la tendinite mes frères ! Les débuts de surdité ! Des riffs de vieux punks comme d’habitude, des solos à trois notes, des déclamations avec un gros accent du Nord, des collages sonores qui se veulent flippants ou mimant des rituels obscurs, enfin je parlais d’Abigor il y a quelques lignes mais ne vous trompez pas : les gars ici n’ont visiblement pas, eux, terminé le conservatoire. Enfin, c’est bourrin, un peu bruitiste, je ne vois pas en quoi ça invoque quoi que ce soit, au niveau symbolique c’est gloubiboulga : nous voici donc face à un disque très jeune et un peu nanard comme on peut avoir la chance d’en écouter quand on fouille les années 1990 et les premières sorties de labels emblématiques comme Napalm Records... et c'est bien le signe que, même si on a tout lu tout entendu sur ce qui est bon et mauvais en terme de spiritualité, il y aura toujours un degré supplémentaire dans le syncrétisme abruti par un certain post-modernisme rempli jusqu'à la gueule d'orgueil pas bien digéré.

note       Publiée le samedi 9 septembre 2017

partagez 'Toteslaut' sur les réseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Toteslaut"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Toteslaut".

ajoutez une note sur : "Toteslaut"

Note moyenne :        2 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Toteslaut".

ajoutez un commentaire sur : "Toteslaut"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Toteslaut".

Dead26 › samedi 9 septembre 2017 - 19:06  message privé !

Essaye d'aller au delà de cette muraille et sent tous ce qui peux se passer... (Oui il s'en passe des choses !) ^^

...... A(g)nus Dei

Note donnée au disque :       
Rastignac › samedi 9 septembre 2017 - 19:01  message privé !
avatar

Ah ben c'est pas faute d'avoir essayé, et j'y suis retourné, mais comme d'hab, la première écoute reste déterminante, et pour moi ça reste bien trop cacophonique (au delà de mes grognements sur les symboles etc.)

Note donnée au disque :       
Dead26 › samedi 9 septembre 2017 - 18:42  message privé !

J’adore cet album, de loin le meilleur. Au début quand je l’ai eu en k7 je comprenais pas trop leur délire mais au final et à force d’écoute, il se trouve que de cet album il se dégage une ambiance vraiment unique et particulière avec des claviers vraiment bizarroïdes. En plus la pochette je l’ai toujours trouvé super cool ! N'empêche qu'à l'époque Napalm ils avaient de bons groupes de bm. Les temps changent...

Note donnée au disque :