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Astreja › Music From Davos

cd | 4 titres | 48:46 min

  • 1 Piece 1 [16:16]
  • 2 Piece 2 [12:35]
  • 3 Piece 3 [8:13]
  • 4 Piece 4 [11:42]

enregistrement

Enregistré en concert au Festival International de Musique de Davos en août 1991.

line up

Sofia Gubaidulina (1931-) (divers), Valentina Ponomareva (chant), Mark Pekarsky (divers), Victor Suslin (divers)

chronique

Styles
post-moderne
musique improvisée
world music
Styles personnels
improvisation douce

L’énigme Astreja. Jusqu’alors, on avait rarement constaté, ailleurs qu’aux States ou au Japon, une telle proximité entre écriture académique et actes improvisés, surtout dès les années 1970. Il serait fascinant de voir dans quelle mesure, outre son amour du koto qu’elle illustre à merveille dans L’aurore avant le réveil, Sofia Gubaidulina aurait pu glaner quelque inspiration sur l’archipel passée la mer d’Okhotsk. Elle qui, après son passage au studio expérimental de musique électronique de Moscou, chavire dans l'esthétique sound art, puis forme l’ensemble Astreja aux côtés de Viktor Suslin et Vyacheslav Artyomov, ce dernier cédant sa place à Mark Pekarsky et Valentina Ponomareva au début des années 90. Crépuscule du millénaire faste pour Gubaidulina, qui enchaîne les prix internationaux, gagne le respect de ses pairs, des critiques et des labels sérieux et s’impose comme compositrice majeure de ce siècle. Ainsi, de 1992 à 1994, trois disques du trio d’élite sortent en tir groupé – le plus notable étant ce concert au festival de Davos, dont la version japonaise (tiens, tiens) avance un enregistrement tokyoïte inédit. Cet intérêt des Japonais est-il motivé par un parallèle avec le séminal Group Ongaku – Takehisa Kosugi, Yasunao Tone, etc. ? Astreja partage en effet cet amont de tendances aventureuses, en lentes explorations arides avec rétroviseur intégré, en dépit d’un contraste fondamental : la stature déjà vénérable des organes de ce corps soviétique improvisé, dès ses débuts. Le groupe s'inscrit, comme pour la plupart des œuvres de Gubaidulina, dans un processus de création au long cours et au minimalisme subtil ; et en ce mois d’août 1991, quelques quinze ans après la formation d’Astreja, délaissant l’univers guindé de l’avant-garde classique, l’étoile Tatare fait évoluer – avec Suslin – la "patte sonore" générale tout en respectant sa philosophie de dépouillement riche en réverbérations. Règnent désormais sur le cœur de l’ensemble pléthore d’instruments traditionnels caucasiens et asiatiques : dumbek, kâmanche, doudouk, tabla, guimbarde, sifflets… un cumul dont le jeu est toutefois sporadique, clairsemé. L’ensemble puise dans les traditions orientales qu’on devine bouddhistes, sans symbolisme. On entend parfois sourdre la tension dramatique, sécrétée par toquades sur les plages fines d’un littoral vibrant et doux, répondant à la mélopée syllabique de Ponomareva. Tout passe comme un léger nuage sur le front, zen, les improvisations ne tentant pas la coriacité sans justification. Plutôt qu’une rythmique marquée, c’est la méthode de production harmonique qui est sondée. Aucune rouerie mélodique à signaler ; possiblement raison de l’oubli, sinon du dédain, dont reste victime ce très beau disque.

note       Publiée le jeudi 31 août 2017

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