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La Baracande › La Baracande (CD)

  • 2017 - La Nòvia, NÒV 013 (1 cd digipack)
  • 2017 - Be Coq, BECOQ 29 (1 cd digipack)

cd | 7 titres | 72:44 min

  • 1 Là haut là haut dedans la tour [11:32]
  • 2 L’amour d’un garçon [7:59]
  • 3 Le vingt-cinq du mois d’avril [16:34]
  • 4 Tout en me promenant [6:25]
  • 5 La belle couturière [11:18]
  • 6 La sœur et le menuisier [10:42]
  • 7 Un jour j’ai pris le temps [8:14]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré aux Ateliers Claus (Bruxelles) par Yann Gourdon en janvier 2016. Mixé au Puy-en-Velay par Yann Gourdon en septembre 2016.

line up

Basile Brémaud (chant, violon), Pierre-vincent Fortunier (cornemuse béchonnet 11 pouces, violon), Yann Gourdon (vielle à roue, boîte à bourdons, pieds), Guilhem Lacroux (guitare, lap steel)

remarques

CD digipack, coproduction La Nòvia/Be Coq Records. Graphisme : Élodie Ortega.

chronique

On reprend ? On continue, plutôt, on ne fige rien en s’arrêtant… On prend le temps, pourtant. (Un jour… brrr). Je vous le disais ailleurs – en passant par Jéricho –, les gens de La Nòvia n’ont pas fini de bouger. C’est vrai de Jéricho, donc, de Faune, de Toad. Sans doute, ça l’est et le sera des projets, des groupes et rencontres, en ce collectif, qu’ils n’ont pour l’instant que peu exposé, qu’une fois publié sur support, ou montré seulement en concert – Violoneuses, Flux, La Cléda… C’est vrai de La Baracande. Certes, le quintette reprend sur ce disque – y manque seulement Sylvie, on en reparlera ailleurs, à propos d’autres faces ; et s'y ajoutent deux autres, jusque là inédites sous leur nom – le répertoire déjà donné sur le CDr sorti en 2013. Mais le jour est autre, alors c’est un autre pas. Terriblement terrestre, sur ce disque-ci. L’horreur n’en est pas absente, toujours pas, ce tour sinistre des histoires choisies, le plus souvent, même quand le titre semble annoncer autre chose, des convolées, de la noce – L’amour d’un garçon. (Ceux passés un jour par Malicorne devraient par ailleurs sursauter, à l’écoute de celle-ci). Le surnaturel, même, n’est pas absent. Mais le fantastique même, les merveilles et l’effroi ne tombent pas ici à travers la nuée. Ils fendent le sol, plutôt, ou planent dessus comme des visions – encore l’hallucinée dulcinée du soldat qui se vide de son sang, toujours la morte qui sourit au promis depuis sa raideur cadavérique, avant même que d’être inhumée, peut-être pas encore froide mais bel et bien perdue. Plus de ce monde, on continue de le hanter. Il y a des odeurs – et c’est beau que cette musique stimule comme ça les sens, charrie ces bouquets souvent inquiétant, des sensations de toucher, des visions d’heures qui tombent ou s’allument. Terriblement terrestre, disais-je, et magnifique. De fait, La Baracande trouve sur ce disque – a trouvé pour la session qui en a fait la matière, ainsi que celle du vinyle sorti quelques mois après – d’autres allures, d’autres cadences que sur l’homonyme premier. Et il faut avouer : ça densifie encore la tourmente, souvent, ça rend plus frissonnante l’onde-ombre qui traverse. C’est frappant sur Là Haut Là Haut, qui plus lent – et, ou, surtout : scandé autrement, d’une espèce de syncope – sonne plus douloureux encore, s’il était possible. (Et plus aigue, plus glaçante et ravissante l’image finale de cette morte qui rit). C’est particulièrement saisissant sur ce passage du Vingt cinq du mois d’avril où la guitare de Guilhem Lacroux tourne un motif en l’accélérant très progressivement – étirant assez infernalement la progression, même. Oui, La Baracande continue de changer et d’être, dans ce réseau, seulement la Baracande – comme tout change et reste indivise substance, tant que ça vit. Oui, La Baracande est d’une beauté toute agitée, volontiers noire, vision puissante et tenace qu’ils nous passent – rudement, ici, encore plus. Oui, heureusement il y a encore cette respiration badine, moqueuse, charnelle – d’une tant belle couturière. Oui, disais-je au début : il en manque une, ici, Sylvie, qui était du premier. Et puis une autre encore – jusque là pas sur disque mais qui nous avait sidérés, en concert. Elle n’est pas là. Il y a cette autre face, donc – double celle-là puisque gravée sur vinyle. On la voit d’ici en levant le regard vers la brume – au loi, aux cimes, sous la voûte. D’ici on voit qu’on peut… Y tomber ? Y monter ? S’y engouffrer, pour l’heure, d’un bond qui ignore les peurs.

note       Publiée le samedi 26 août 2017

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Dioneo › samedi 26 août 2017 - 17:45  message privé !  Dioneo est en ligne !
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Oui, c'est drôle - avec et sans guillemets - de comparer les versions... Et ça m'avait aussi fait un certain "choc" - en même temps je m'attendais bien à ce que ça ne sonne pas franchement pareil - quand j'avais entendues certaines des versions des la Ninie... Évidemment sans que pour autant celles du groupe me paraissent ensuite hors propos, oui.

Note donnée au disque :       
WZX › samedi 26 août 2017 - 17:09  message privé !

J'étais justement en train de réécouter les enregistrements de Virginie "La Baracande" Granouillet, avec les charmes du collectage - les oublis, les reprises, les commentaires, les rires et les aléas de l'enregistrement. Bien loin de la façon de faire des disques maintenant. Etonnant de se dire qu'ils sont partis de là pour les remodeler à leur manière, leurs manières plutôt même.