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Selda › Vurulduk Ey Halkım Unutma Bizi

cd | 12 titres | 43:40 min

  • 1 Vurulduk Ey Halkım Unutma Bizi [1:57]
  • 2 Utan Utan [reprise de Muhlis Akarsu] [3:04]
  • 3 Karaoğlan [reprise de Aşık Mahzuni Şerif] [4:04]
  • 4 Acıyı Bal Eyledik [poème de Hasan Hüseyin] [5:04]
  • 5 Askerin Türküsü [2:52]
  • 6 Maden Dağı (Deloy, Deloy) [4:36]
  • 7 Maden İşçileri [3:08]
  • 8 Gardaşım Hasso [4:49]
  • 9 Bundan Sonra [reprise de Muhlis Akarsu] [4:14]
  • 10 Gözden, Gezden, Arpacıktan [3:35]
  • 11 Ecoya Dönder Beni [3:08]
  • 12 Zamanı Geldi [reprise de Muhlis Akarsu] [3:38]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré par Sıtkı Acim et Doruk Onatkut.

line up

Selda (chant, guitare)Cahit Berkay (guitare), Zafer Dilek (guitare), Arif Sağ (bağlama acoustique et électrique, kaval), Cengiz Teoman (batterie), Taner öngür (basse), Muhlis Akarsu (bağlama), Osman Bayşu (bağlama), Timur Selçuk (piano, direction), Selim Selçuk (percussions), Uğur Dikmen (claviers), Akay Temiz (batterie), Melik Yirmibir (basse), Veysel Çadir (percussions), Merih Dumlu (basse), Ramazan Şenyaylar (percussions), Mehmet Duru (guitare), Garo Mafyan (synthétiseur, claviers), Tuhran Yükselen (synthétiseur), Hasan Bilişik (violon), Mehmet Şenyaylar (violon), Yaşar Işın (violon), Mekin Çetinöz (violoncelle), Muammer Ersin

chronique

Styles
folk
rock
psychédélique
pop
world music
Styles personnels
anatolian folk-rock

Si le deuxième album de Selda arrive dans la foulée directe du premier, il n’est pour ainsi dire pas exactement du même tonneau. La liste des collaborateurs et musiciens de studio varie sensiblement, même si le virtuose du bağlama Arif Sağ, le producteur-guitariste Zafer Dilek et le dernier Moğollar Cahit Berkay sont encore de la partie, pour une coloration plus folk, laissant pas mal de côté les délires psychédéliques du précédent (et du coup c’est moins facile a marketer pour les profiteurs). Dans cette veine, avec encore quelques riffs électriques à l’arrière-goût d’acidité et claviers qui fleurent bon les sixties, la seule reprise de Mahzuni Şerif de l’album, « Karaoğlan » , de l’anadolu pop classique, croisement parfait de la tradition des troubadours turcs et du folk-rock psyché, tout comme le « Gardaşım Hasso » où les synthétiseurs criards de Uğur Dikmen (membre des pionniers Haramiler et du nouveau groupe de Cem Karaca, les très prog Dervişan) accompagnent la dynamique acoustique folk-rock typique de Moğollar. Une approche moins rentre-dedans même si le contenu politique ne perd rien de son mordant. C’est avec les mots du troubadour Muhlis Akarsu, qui l’accompagne en personne au bağlama, que Selda signe quelque uns de sommets de l’album, le groove serpentin de « Utan Utan » où la voix de la chanteuse affiche presque un détachement suave; la magnifique complainte « Bundan Sonra » à l’introduction traditionnelle avant entrée d’une ligne de basse imposante, vague d’Occident sur laquelle surfe mélancoliquement un saz électrifié et des claviers ondoyants; une interprétation purement folk, avec deux bağlama, de « Zamanı Geldi » (« Le temps est venu »), où se retrouve dans la voix de Selda la ligne claire de ses premiers singles. N’ayant rien perdu de sa puissance, elle n’a cependant point besoin de se projeter par dessus un mur d’arrangements supersoniques comme dans l’album précédent. En ressort une atmosphère en apparence plus sereine dans ces morceaux aux accompagnements minimalistes, tel « Acıyı Bal Eyledik », simple guitare acoustique, mais orientale, pour mettre en mélodie un poème de « Hasan Hüseyin ». Aşık, poètes, écrivains, les sources de Selda pioche dans tout ce qui fait la chronique d’une Turquie qui petit à petit s’enfonce dans la violence et le chaos, celui qui la mènera à un nouveau coup d’état quelques années plus tard. Selda la gauchiste, Selda la menace, Selda qu’on menace, qu’on traite de communiste ! Selda qui s’en fout, continue de tourner et d’expérimenter de nouveaux arrangements avec le compositeur Timur Selçuk qui lui procure des ambiances de pop baroque mêlée de musique du Divan, de cour Ottomane. Selda qui voyage jusque dans les régions kurdes pour en ramener des mélopées fantastiques, une « Maden Dağı (Deloy, Deloy) » complètement déchirante, point d’orgue de l’album, encore une histoire d’amant disparu, d’amour perdu, sur laquelle cette voix fabuleuse semble se briser. La tessiture de cette femme, on y revient toujours car tout tourne autour, il suffit de rien pour l’habiller même quand elle ne chante plus, quand elle se contente de raconter, une guitare sèche qui gratouille quelques notes éparpillées et c’est la grâce. Mais allez, comme une friandise, parce dans anadolu pop il y a toujours un peu l’idée de danse, une pépite envoutante « Gözden, Gezden, Arpacıktan » et ses cordes de guitare et bağlama de concert sur une rythmique où pépient des castagnettes, de quoi se lancer dans d'interminables rondes. Pas du même tonneau, mais toujours du grand cru d’Anatolie, la musique de Selda.

note       Publiée le jeudi 31 août 2017

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