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Rhume › Rhume

cd | 11 titres | 33:20 min

  • 1 Début [0:35]
  • 2 Biarritz [4:20]
  • 3 BBF Expulsés [2:03]
  • 4 Tempête Dans un Verre D’Eau [4:39]
  • 5 Le Pétrole [4:09]
  • 6 Le Sexe des Femmes [3:35]
  • 7 Trompe-l’Œil [3:28]
  • 8 Les Baignots [2:44]
  • 9 Liquide l’Après-Midi [0:53]
  • 10 Rictus & Aérosol [2:32]
  • 11 Je Vais Pas Me Coucher Comme Ça [4:22]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré entre 2005 et 2011. Mixé par Christian Quermalet au studio Chanasoundz. Masterisé par Rudy Coclet au Jet Studio, Bruxelles.

chronique

Ah ! Ne me parlez pas de "sociétal" et autres foutaises de néo-novlangue. Dégueulez-moi ces vocables ailleurs, allez, si vous voulez. Les deux types, là – enfin, il semble qu’il y en ait un surtout au micro, avec derrière ce son qui trompe, parfois magnifique parfois tellement cassé qu’on se pète la gueule avec lui, qu’on chute et crache – causent autre chose. Bon, c’est social, oui. C’est politique, d’accord, au sens du "tout est…" – qui n’est surtout pas un "tout se vaut" puisque ça joue contre ça, sous les airs blasés. C’est ce putain de malaise – l’obligation de vivre avec un soi-même mutilé, avec d’autres pareils et qu’on aime parce qu’on partage les bitures et les matins. Et au milieu de tout ce qu'on hait, ruines et bâtisses bien trop solides et entretenues. Oui : Rhume n’ont sans doute aucune "street cred’" ; deux Daxois vraisemblablement pâles relocalisés à Bordeaux ; et alors ? C’est votre problème si ça vous froisse, de croire que c’est du hip-hop ou non et si ça cadre. Parfois ils lâchent des trucs qui font douter, parce que derrière la forme faite pour frotter, ça frôle des sales réalités qui ne feront pas bannière sur un réseau social – "CRS, jeunes de banlieue : MÊME COUPE DE CHEVEUX !". Eh… Les deux gars de Rhume n’en ont probablement rien à foutre de sonner viril ou chochotte. C’est au delà ou en dessous, comme on veut. Ce n’est pas, plus la question. On peut grincer parfois au détour d’une phrase, pas sûr d’être d’accord – mais ça se barre ensuite dans les marécages où la langue se remet à affoler, à tout faire déraper. Le Pétrole ou Le Sexe des femmes, on croit d’abord peut-être bien que c’est misogyne – mais non, seulement désespéré. Et foutre, ce que c’est poignant quand on a percuté. Au moins, toute cette musique – tous ces textes, tous ces sons triturés, cette électronique qui mâche, lacère, découpe des fragments, ces machines qui recollent ; cette espèce de rythme de java sur Biarritz ; ce piano, tiens, qui remonte comme un regret qui est comme un trou, sur Le Pétrole… – au moins, tout ça déborde pas rassurant, pas lénifiant, pas confortant. Le dégoût du destin tracé, de la ligne soi-disant inéluctable pour ceux issus des classes moyennes – cette zone floue qui de toute façon s’amenuise, de large pans, des foules aspirés vers le bas, la misère, le précaire. (Ils sont pris dans le piège de ceux, qui cherchent du travail…). L’envie de fuir : l’open-space, les startup (vous avez vus, on nous agite à nouveau ces chimères ?), l’existence passée l’œil calé sur le CA, le CE, les coupons-cadeaux-réduction, l’avancement, les points-retraite. À la place, dériver, se planquer. Se mettre des races dont on sait pourtant bien qu’on se remettra – et oui, Tempête Dans un Verre d’Eau cogne d'emblée le crâne, gros point saillant et plein d’angles morts du disque. Ailleurs, on dit des trucs obscurs sur les mycoses et les muqueuses. On chie sur les idoles, aussi, et ça fait du bien et c'est pour de bon drôle sans nième degrés – BBF expulsés, ouf… Oui, en effet, bien vu : "Les conservateurs détruisent tout"... Rhume n’est pas Java. (Crève , Pépette, crève). Rhume n’est pas Fauve parce que ça ne parade pas fragile, ça ne joue pas le mystère sur un "collectif d’artistes" blabla transdisciplinaire mon cul – si les deux types ne disent rien d’eux à côté de ces onze plages, c’est sûrement qu’ils savent qu’on s’en fout. Tout l’absurde et toutes les évidences sont là, de toute façon, ce qui suffit : dans la poésie concrète de ces mots lapidaires, de ces images lapidées, ces compositions parasitées et leur beauté mal embouchée, trous-noirs et masses critiques. Les institutions prennent des voix humaines, d’individus, alors il faut faire déraper le signifiant, balafrer la communication – "l’agence m’a dit bonjour monsieur". Et le type rentre chez lui couver son ulcère, le nourrir à la grosse canette, pioncer sur la béquille. On peut aussi penser que ça veut dire ce n’est pas fini et on ne va pas céder parce qu’il en reste, passé l’autre mirage reposant du il-n’y-a-rien. "Et après je graille [braille ?] : vous inquiétez pas, je vais pas me coucher comme ça".

note       Publiée le vendredi 25 août 2017

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