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Erkin Koray › Erkin Koray 2

cd | 15 titres | 61:16 min

  • 1 Şaşkın [4:29]
  • 2 Eyvah [3:03]
  • 3 Feshupanallah [3:37]
  • 4 Sevince [5:18]
  • 5 Estarabim [5:19]
  • 6 Arap Saçı [3:47]
  • 7 Hayat Bir Teselli [5:21]
  • 8 Komşu Kızı [4:04]
  • 9 Gönül Salıncığı [4:08]
  • 10 Tımbıllı [3:55]
  • Bonus tracks
  • 11 Erkin Koray Dörtlüsü - Aşk Oyunu (1967) [3:09]
  • 12 Erkin Koray Dörtlüsü - Hop Hop Gelsin (1968) [3:58]
  • 13 Yeraltı Dörtlüsü - Senden Ayri (1971) [4:16]
  • 14 Yeraltı Dörtlüsü - Kiskanirim (1971) [3:47]
  • 15 Yalnizar Rihtimi (Acoustic) [3:05]

extraits vidéo

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line up

Erkin Koray (guitare, claviers, chant)Sedat Avdikoğlu (Sedat Avcı (batterie, percussions 4, 5, 11 - 14)), Aydin Buyar Şencan (basse 4, 5, 13, 14), Nihat Örerel (batterie 1, 2)

Musiciens additionnels : Ataman Hakman (guitare rythmique 13, 14), Taner Öngür (basse 12), Tuncer Dürüm (guitare rythmique 11, 12), Ziya Bakanay (basse 11)

chronique

Styles
rock
pop
folk
psychédélique
world music
Styles personnels
arabesque rock

Et là, c’est le drame. Erkin Koray, le père du rock en Turquie, le parrain du psyché anatolien, le Hendrix d’Istanbul, se met à l’arabesque. L’arabesque, comme son nom ne l’indique pas, est une musique parfaitement turque, inspirée par la pop des pays arabe alentours, avec dégueulis de cordes et de sentimentalisme plus chargé en glucide qu’une boite de loukoums (vautrons-nous bien dans les clichés à tire larigot). Populaire, mal considéré, sinon comme parfaitement vulgaire, voilà une drôle d’orientation pour celui qui a posé les base du gros riff acide de ce côté-ci de la Méditerranée. Après un monument indiscutable comme « Elektronik Türküler », le besoin peut-être d’aller explorer d’autres territoires musicaux. Il l'avait déjà effleuré, façon de parler vu la manière, en reprenant un titre de Ohran Gencebay, lui-même grand manitou du genre à son corps défendant, avec sa formation Ter en mode hard-rock psychédélique cradinguo. Cette fois, ça sera un peu différent, plus dans la veine de ce que Koray entend sur les radios du Moyen-Orient, du Caire ou de Beyrouth. Il est d’ailleurs dit qu’il ne s’embête pas trop et adapte sans complexe ni crédit, Led-Zep style, des chansons de ce monde arabe si voisin dont les versions originales traînent sur ces ondes. Compilation de singles sortis dans les années suivants son premier album, ça commence très fort avec une zurna perçante bientôt rejointe par les cordes, omniprésentes dans le style, pour un « Şaşkın » envoutant, avec choeurs féminins et percussions en puissance, sans oublier la guitare tordue de Koray qui vient saluer ce grand orchestre Moyen-Oriental. Autre face du même 45t, un bien mystérieux « Eyvah », avec cette intro où guitare et cordes se répondent sous la voix en écho. Une fusion au sens noble, alors que quand on redoute une montée de glycémie violonesque et de mélodie chantée trop pathétique, Koray introduit toujours sa touche personnelle, en bon expérimentateur, confrontant sa guitare flinguée à cette zurna cinglante, y allant de « tchakatakatak » vocaux qui rétrospectivement, évoquent quelque fou chantant bien connu. Accompagné par quelques fidèles, dont la fameuse session rythmique de son Yeraltı Dörtlüsü sur un fabuleux single « Estarabim/Sevince », ce dernier étant un modèle d’enchantement mélodique richement arrangé, la face A elle se rapprochant dangereusement d’un anatolian rock aux penchants psychédéliques, ces percussions complètement perchées, plus familier des amateurs de « Elektronik Türküler ». De l’arabesque oui, mais filtré par les goûts progressifs de Koray qui pose là une nouvelle pierre à l’édifice de la pop anatolienne, avec usage de claviers flottants en guise de violons pour mélopée à l’arabe, là solo de guitare fracturé en pont d’une mélancolique complainte, ailleurs encore un piano hypnotique sur lequel sur se greffent les indispensables cordes et tout un choeur en chant à répondre. Finalement loin, très loin des clichés orientalisants en vigueur dans les productions tout venant de l’époque, l’arabesque de Erkin Baba, nourri de sa sensibilité rock, est encore une fois d’une classe supérieure. D’autant que les morceaux inscrits dans la lignée de la musique traditionnelle turque, « Tımbıllı » et sa clarinette balkanique notamment, sont tout aussi fignolés aux épices. Cette compilation ressemble d’ailleurs à une ballade dans un des nombreux marchés d’Istanbul, ça fourmille d’odeurs venues du Sud, de noms étrangers et de sensations mêlées. Déroutant au premier abord, mais quand on s’est fait aux parfums de là-bas, impossible d’en revenir vraiment.

note       Publiée le vendredi 25 août 2017

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dariev stands › mardi 12 septembre 2017 - 00:23  message privé !  dariev stands est en ligne !
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dans mon souvenir diffus d'une époque ou j'ai failli faire une overdose pure et simple de musique, cet album tuait.