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Lydia Lunch & Exene Cervenka › Rude hieroglyphics

cd | 16 titres

  • 1 Woman Destroyed
  • 2 Tropic Of Cancer
  • 3 Fear And Trembling
  • 4 Being And Nothingness
  • 5 Beyond Good And Evil
  • 6 Executioners Song
  • 7 Gypsy's Curse
  • 8 Bell Jar
  • 9 Lady In A Cage
  • 10 Port Of Saints
  • 11 Delicate Prey
  • 12 Funeral Rites
  • 13 Death Watch
  • 14 No Exit No Exit
  • 15 That's Right There Is No Fucking Exit
  • 16 Waiting On Another Jesus Come Lately

enregistrement

Enregistré live au Sapphire Supper Club le 20 mars 1995, Orlando, Californie, USA

line up

Lydia Lunch (déclamation), Exene Cervenka (déclamation)

remarques

Des extraits du texte de Exene Cervenka, 'Flies without borders', ont été retravaillés pour ce spectacle.

chronique

Me trompe-je ? J’ai l’impression que c’est une spécialité très américaine, ce truc de ‘Spoken word’…Je ne parle pas de slam, de rap ou je ne sais quoi d’autre mais de spectacles ou d’enregistrements de récitation poétique pure, sans la moindre musique. Peut-être car en Europe nous manquons réellement d’icônes du genre capables de nous crucifier par la simple puissance de leurs mots ? Où alors nous ne sommes plus prêts à faire confiance aux poètes ? Toujours est-il qu’aux USA, la chose est courante dans l’underground: Lydia Lunch, Henry Rollins, Jello Biafra, Exene Cervenka, Thurston Moore, s'y sont collés eux-mêmes ravis de collaborer avec des Burroughs, Brion Gysin et consorts. On pourra s’étonner que de tels spectacles s’exportent parfois en Europe car pour qui ne comprend pas la langue de Shakespeare, pas mal de l’intérêt de base s’en trouve coupé si la musique n’accompagne pas les paroles. Honnêtement je suis plutôt tiède quant aux albums de spoken word pur, l’intérêt résidant surtout dans la lecture d'un livre ou la performance scénique dans une petite salle avec l’artiste lui-même; je fais une petite exception sentimentale purement égoïste et personnelle car c’est la première fois que j’ai eu l’occasion de voir Lydia sur scène, avec Exene qui plus est. C’était à Dublin où je vivais alors, en 1995, et l’opportunité de voir ainsi une de mes héroïnes n’avait pas de prix même si l’absence de musique a été un choc. Hors sentimentalisme, quelles raisons d’acheter un tel disque ? Lydia est une poète née, plus qu’une chanteuse, manier les mots, elle le fait avec une sincérité, une violence et une beauté âpre assez peu commune. L’entendre donner la réplique à sa comparse demeure un vrai plaisir auditif (sauf si on déteste sa voix), même si une petite infrabasse en fond n’aurait pas dépareillé. Deuxièmement, à notre époque lisse de politiquement correct où de moins en moins d’artistes ont le courage d’appuyer où ça fait mal, sans se soucier de leur carrière, de tels albums restent (hélas) totalement d’actualité dépassant le cadre de celle de l’enregistrement (le cas O.J. Simpson, par exemple): la lutte pour la libération de la femme, le rôle de l’art dans la société, le fascisme vu comme un mal subtile plus ancré dans les veines de l’histoire occidentale qu’elle ne voudrait bien l’admettre, la beauté à travers l’aliénation des sens (les titres parlent d’eux-mêmes)…Tout ça d’une manière absolument pas destinée à brosser dans le sens du poil, voilà le secret: la poésie coup de poing dans ta gueule, à renvoyer pas mal de rappeurs dans les jupes de maman. Pas sûr que tout ça vous convainque, cette chronique est fondamentalement égoïste et auto-centrée…Ou pas ?

note       Publiée le dimanche 13 août 2017

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