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Kat Onoma › Kat Onoma

cd • 14 titres • 56:33 min

  • 1Intro0:35
  • 2Que sera votre vie ?5:03
  • 3Be Bop de Beep3:00
  • 4Family Dingo5:49
  • 5Magic4:30
  • 6Parade4:52
  • 7Soir de Sam2:37
  • 8Ghosts Drip4:11
  • 9Old Trouble4:23
  • 10Ballade mexicaine3:52
  • 11Tragic Muse3:30
  • 12La scie électrique4:38
  • 13Change Blues5:07
  • 14Comme un bruit (bonus track)4:26

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Ian Caple & Kat Onoma. Enregistrement à Holtzwaren (Paris), Klein Leberau (Petite Lièpvre), Saint Pierre sur l'Hâte (Echery), été 2000.

line up

Pascal Benoit (batterie, percussions, chant), Guy Bix Bickel (trompette, chant), Rodolphe Burger (chant, guitares, claviers), Pierre Keyline (basse), Philippe Poirier (guitares, saxophone, chant, arrangement des cuivres)

Musiciens additionnels : Marco De Oliveira (basse, chant), Vincent Pierrens (basse, chant), Marie-Jeanne Serero (arrangement de cordes), The London Community Gospel Choir, Floriane Bonanni (violon), Pierre Bleuse (violon), Thierry Amadi (violon), Julian Boutin (violoncelle),

remarques

chronique

Styles
rock alternatif
electronica
blues
Styles personnels
art rock soyeux

Finalement, personne n’a jamais vraiment rien compris à ce qu’était Kat Onoma. Déjà c’est quoi ce nom en grec imprononçable ? Sortir un album éponyme, c’est comme remettre les pendules à l’heure. Enfin éponyme ça veut dire l’inverse. C’est Kat Onoma qui est éponyme. Encore un mot grec. « Comme son nom l’indique » « qui donne son nom à », juste retour des choses. Mais c’est le nom de quoi ? C’est pas ce dernier album qui va éclairer la lanterne des classificateurs dans les petites cases. Quand revient le groupe culte strasbourgeois, Rodolphe Burger a pour ainsi dire élargi ses intérêts, bossé avec Bashung, sorti deuxième album solo où il expérimente l’électronique, travaillé avec l’écrivain Olivier Cadiot pour aller sampler les derniers locuteurs welchs dans sa vallée d’enfance. Le plus discret Poirier lui aussi a été voir ailleurs, sur le projet Zend Avesta d’Arnaud Rebotini, sorti un fantastique album entre chansons pop expé et bricolages de field-recordings. Tout ça nourrit Kat Onoma sur cette lancée finale. La langue française y prend ses quartiers, à côté de celle de Jack Spicer, mais qu’est ce que ça veut dire Be Bop De Beep, est-ce encore seulement une langue cette poésie-là ? On dirait du scat soyeux, comme les cuivres qui se lovent autour de la voix caressante et profonde de Burger. Lugubre aussi, sur un beat de catacombe orné de cordes tragiques, « I had bones for diner » dit-il sur un « Magic » d’opale, envoutement lancinant. Atmosphère sombre de blues urbain délité de « Ghosts Drip », la poésie de Spicer laissant Billy The Kid dans la poussière, les textes à l’humour noir tirés ici de « The Heads of the Town Up to the Aether ». Reste que Kat Onoma trempe encore dans ses visions de Frontière avec une délicate ballade mexicaine digne du meilleur son de Tucson grâce à la mélodie et les arrangements de Philippe Poirier. Frontière brisée aussi par les rythmiques programmées, quand le blues, toujours lui, est convié aux célébrations gospel, ailleurs au contraire planant et vaporeux, là où tous les membres du groupe font tourner les mots dans chaque bouche avant de se rejoindre au refrain, comme un choeur de vieux apaches. Oui mais alors le français ? Cadiot et son écriture en petites pièces, même pas toutes d’origine contrôlée avec des bouts d’english ici et là, un peu fofolle, frottée à la drum & bass du « Family Dingo ». Celle d’Oscarine Bosquet et son « Soir de Sam » sensuel, successions de plans serrés sur des corps en mouvement sur piste de danse, enchevêtrement des mots, raccord en cordes. Et toujours fidèle à la plume, Alferi/Lago, signant entre autres de traits secs deux morceaux que Kat Onoma habille de sonorités dissonantes et agressives, en crescendo schizo, d’une part une scie dans les tympans, relents de rock bruitiste en gamme infinie; d’autre part, la terrible question « Que sera votre vie quand... », magistrale tournerie existentielle et grinçante, hypnose du chaos frappé d’alignement du mieux possible. Mais que sera votre vie, à vous, vraiment ? « quand l’air sera liquide, l’eau solide, la terre feu », prédiction froide d’une petite apocalypse qui nous attend tous et chacun. Qu’est devenu notre vie ? Comme son nom l’indique. Rideau.

note       Publiée le lundi 14 août 2017

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Klarinetthor › mercredi 16 août 2017 - 23:25  message privé !

C'est-à-dire qu'on a une impression de baisse de niveau au fil du disque à cause du départ tonitruant.

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(N°6) › mercredi 16 août 2017 - 23:18  message privé !
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Il m'est particulièrement cher, mais c'est vrai qu'on peut lui trouver quelques longueurs. Le fait que c'est le premier (en studio) que j'ai écouté joue probablement. "Que sera votre vie ?" reste un de mes morceaux préférés, tout styles, toute époques confondues. J'aime bien la touche électronique héritée du Meteor Show, même si la drum & bass est définitivement ancrée dans son époque.

Note donnée au disque :       
Klarinetthor › mercredi 16 août 2017 - 23:15  message privé !

Bel album, avec ses longueurs aussi, ses redites en tout cas. On sent bien la touche Bashung et des instrus electro D&B sur Family Dingo, mais heureusement c'est la seule dans le genre et Kat onoma retrouve sa patte personnelle.

Note donnée au disque :