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Sofia Gubaidulina (1931-) › Sofia Gubaidulina

  • 2002 - Ecm, ECM 1775 (1 cd)

cd | 18 titres | 71:21 min

  • Sieben Worte
  • 1 I. Vater, Vergib Ihnen, Denn Sie Wissen Nicht, Was Sie Tun [4:14]
  • 2 II. Weib, Siehe, Das Ist Dein Sohn – Siehe, Das Ist Deine Mutter [3:51]
  • 3 III. Warlich, Ich Sage Dir: Heute Wirst Du Mit Mir Im Paradiese Sein [3:50]
  • 4 IV. Mein Gott, Mein Gott, Warum Hast Du Mich Verlassen? [8:40]
  • 5 V. Mich Dürstet [5:13]
  • 6 VI. Es Ist Vollbracht [3:20]
  • 7 VII. Vater, Ich Befehle Meinen Geist In Deine Hände [5:20]
  • Zehn Präludien
  • 8 I. Staccato – Legato [1:13]
  • 9 II. Legato – Staccato [2:33]
  • 10 III. Con Sordino – Senza Sordino [3:01]
  • 11 IV. Ricochet [1:15]
  • 12 V. Sul Ponticello – Ordinario – Sul Tasto [3:47]
  • 13 VI. Flagioletti [2:29]
  • 14 VII. Al Taco – Da Punta D'Arco [1:21]
  • 15 VIII. Arco – Pizzicato [1:17]
  • 16 IX. Pizzicato – Arco [2:53]
  • 17 X. Senza Arco, Senza Pizzicato [3:34]
  • De Profundis
  • 18 De Profundis [13:30]

enregistrement

Enregistré en janvier 2001 à Munich.

line up

Sofia Gubaidulina (1931-) (composition), Christoph Poppen (direction), Münchener Kammerorchester (orchestre), Elsbeth Moser (bayan), Boris Pergamenschikow (violoncelle)

chronique

Styles
musique classique
contemporain
post-moderne
Styles personnels
tissu orchestral

En dépit des évolutions que la musique occidentale a connues depuis les œuvres anciennes, une sorte de cycle s’est opéré ; sa révolution semble se compléter de nos jours. Autrement dit, après avoir connu des époques et des styles différents, depuis la tempérance de Bach jusqu’à la musique stochastique de Xenakis, le futur de la composition (de l’improvisation ?) s’annonce posant un pied dans le passé. Quand Arvo Pärt renoue avec une tradition séculaire et propose un retour à la polyphonie, aux opuscules anonymes et autres cantiques oubliés, Sofia Gubaidulina s’inscrit dans une recherche plus globale. Sa musique trahit une sensibilité au patrimoine orthodoxe, un sacré de l’instant qui s’épanouit autant dans sa symphonie en douze mouvements ‘Stimmen… Verstummen’ que sa vision des Sept Paroles. Après Schütz et Haydn (l'expatriée s'est installée en Allemagne), sans la facilité d’un iconoclaste, Gubaidulina retranscrit l’agonie de l’épisode biblique par le son plutôt que l’écrit ; la valeur conceptuelle de l’instrumentation prend une ampleur inédite au sein de cette pièce écrite pour violoncelle et bayan. Le dualisme religieux s’en trouve restauré : transcendance de la musique savante par l’instrument noble, immanence de la musique populaire via l’accordéon de basse souche. Le charme opère sous la plume de Gubaidulina et le couple se croise et se mêle, ses sonorités sont si analogues qu’il se perd dans un enchevêtrement de cordes frottées. La double nature du crucifié est atteinte dans le même temps : Elsbeth Moser trace une ligne directe entre son clavier et les pieux du Christ en croix, au moyen d’un paysage sonore interprété sans lustre ni parade virtuose. Un vague sentiment religieux, puisant sa force dans des racines atonales, nous pousse vers un De Profundis comme chez les grands classiques. Entretemps, les Préludes ne s’embarrassent pas encore de la suite de Fibonacci et explorent plutôt les techniques de jeu du violoncelle (staccato, legato, pizzicato i tutti quanti) en trouvant une continuité dans la superposition de différents éléments. Nous voilà donc guidés aux portes d’une musique ne se réclamant plus d’une tradition unique ni de la mathématique pure, mais revendiquant la paternité d’une multitude d’influences où se mêleraient musique savante écrite, musique orale traditionnelle et improvisation propre aux cultures populaires.

note       Publiée le vendredi 23 juin 2017

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DukeOfPrunes › vendredi 2 mars 2018 - 10:44  message privé !
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Avec Guba l'avantage c'est que son répertoire est assez "large". Il n'y a pas que de l'espace mis en tension dans ce qu'elle a fait, mais je vois où tu veux en venir : souvent sa musique orchestrale ne relâche pas la pression. Pour moi cet album ECM (du moins Sieben Worte) touche quelque chose de plus apaisé. Merci pour l'extrait vidéo, on a presque l'impression là-dedans d'entendre un peu de Debussy...

Note donnée au disque :       
Moonloop › lundi 26 février 2018 - 16:15  message privé !

Pas gardé de grands souvenirs finalement dans ce que j'ai pu écouter de Sofia Gubaidulina - beaucoup de tensions et comme peu d'espace pour respirer -, même s'il y a surement des choses "intéressantes" çà et là ... Cela dit, son concerto "Glorious Percussion" a l'air diablement chouette : https://youtu.be/P_S1u5WYxz4 L'occasion de s'y replonger peut-être, ou de l'aborder avec une tout autre oreille...