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Come to Grief › The Worst of Times

cd | 4 titres | 19:48 min

  • 1 Killed by Life [03:11]
  • 2 No Savior [07:17]
  • 3 Futility of Humanity [04:29]
  • 4 Junklove [04:51]

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Come to Grief, coproduit par Glenn Smith. Enregistré et mixé en novembre 2016 par Glenn Smith à Amps vs. Ohms, Cambridge, Massassuchetts, Etats-Unis. Masterisé par Nick Zampiello à New Alliance.

line up

Terry Savastano (guitare, choeurs), Chuck Conlon (batterie), Jonathan Hébert (guitare, voix), Justin Christian (basse)

remarques

Sorti en cassette (Denses Records), CD, vinyle, téléchargement sur bandcamp (Fuck Yoga)

chronique

La haine est une passion qui se distille quel que soit l’âge. Prenez exemple sur le jeune chiot et sa haine des chats ; la haine du père sur ses fils ; la haine des frères, des voisins, la haine du chef, du subordonné. Regardez comment les racines du mépris, de la jalousie, du désir mal placé vous font bourgeonner des vésicules de haine envers vous même et tout votre champ de vision, tout votre champ mental, comment cet outil séparateur permet de catégoriser le monde, en faire une succession de bandelettes toutes plus hostiles les unes que les autres, vous étranglant lentement le cou comme sur la pochette de The Worst of Times, tordant les entrailles comme ce matin au réveil, bloquant l’oesophage au coucher, quand cet outil facile à manier mais aussi toxique que l’amiante ne cesse de fonctionner même quand vous n’en avez plus besoin. Mais quand on a mis un pied dans le sludge, ou dans le black metal par exemple, vu qu’on est sur un site de musique je ne vais pas parler d’autre chose, mais y a pas que ça c’est sûr ; quand on s’est pris les pieds dans Grief par exemple, il y a comme un ravissement : celui d’avoir trouvé un joli miroir de tous ces affects découpant le monde en lambeaux putrides, un peu comme lorsqu’on écoute parler un Bukowski délivrer toute sa haine d’une certain modernisme toc, comme lorsqu’on écoute un Debord délivrer sa haine du kitsch qui avance à à peine masqué et acquiert l'assentiment de chacun, ou lorsqu’on s’écoute Come to Grief délivrer son vomi à chaque hoquet du corps, torturé quotidiennement, à petit ou feu moyen quand, chaque jour, la babine se retrousse devant la stupidité d’autrui, devant le potentiel de nuisance de chacun, et devant sa propre gueule devant le miroir. Alors, Come to Grief comme son nom l’indique ce n’est pas Grief, mais c’est aussi un peu Grief, vu que des manettes sont occupés par d’anciens squatteurs précités, mais c’est quand même différent. C’est la haine, ok, mais c’est une haine je dirais plus préparée, plus mûre, plus travaillée, mais je trouve toujours aussi pugnace, bien pointée, laissant moins de traces derrière elle, nécrosant direct au coeur du boeuf qui se débat en vous. Come to Grief sur cet album délivre ce qui est décrit sur la pochette : la vie est un noeud coulant assez lent à la réaction. Quand on se rend compte de la présence de la corde sur la gorge, il y a deux manières de réagir : je crois que Deleuze disait, en gros, que ou l’on devenait fou, ou l’on se révoltait, et que notre vie devenait ainsi une révolte, permanente, quel que soit le médium utilisé pour l'exprimer. Grief à son époque, Come to Grief maintenant, comme bien d’autres, l’ont effectué dans ce qu’on appelle « sludge » ; ici, c’est du sludge synthèse, synthétique, au poil, pas de longueur, pas de tergiversation. C’est du sludge « tract » ; c’est du sludge qui ne déçoit pas. Come to Grief, c’est le chemin, c’est la compréhension du chemin vers le deuil de soi-même, le deuil de ce qui pourrait être en mieux mais qui ne sera jamais. Et grâce à cet accès direct à cette compréhension fondamentale de la vie humaine, Come to Grief arrive, avec son injection chirurgicale de haine, à nous laisser seul et moins seul à la fois, grâce à des recettes qui pourrait bien sûr blaser les plus élevés de nos semblables : oué les accords Black Sabbath Eyehategod, la voix hurlée haineuse, ouais les mêmes chansons mais en plus court que dans Torso et en moins groovy que chez Iron Monkey. Et alors ?

note       Publiée le mardi 13 juin 2017

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Klarinetthor › mardi 20 juin 2017 - 00:42  message privé !

aussi rigide qu'un macchabbée

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Klarinetthor › mardi 20 juin 2017 - 00:40  message privé !

écoutes en boucle

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Wotzenknecht › mercredi 14 juin 2017 - 20:44  message privé !

Guts of Darkness, l'autre QG de Mélenchon.

born to gulo › mercredi 14 juin 2017 - 20:03  message privé !

Come to Grief vs Come to Da... Mummy

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Rastignac › mercredi 14 juin 2017 - 19:06  message privé !
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Come to Grief vs. le Mac', idéal pour les réunions de famille.

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