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Reverie Falls on All › Clouds in Our Room

téléchargement | 8 titres | 36:33 min

  • 1 05:35 AM [3:11]
  • 2 Passed Ones Scenery [3:33]
  • 3 A Never Wounded Eye [3:42]
  • 4 Clouds in My Room [4:34]
  • 5 All Of Them Are Memories Since Now [6:23]
  • 6 Portal [4:17]
  • 7 Dead Isabella [4:57]
  • 8 Perpetual [5:56]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré à İstanbul Technical University entre 2004 et 2005.

line up

Barkın Engin, Burak Tamer

Musiciens additionnels : Orçun Baştürk (batterie 3, 4), Nihan Devecioğlu (mezzo soprano 5), Eri Hidaka (soprano 5), Aysu Sulu (flute 8)

remarques

https://reveriefallsonall.bandcamp.com/album/clouds-in-our-room

chronique

Faut se méfier des rêveries. Elles font parfois sortir des spectres du placard. Le duo Barkın Engin et Burak Tamer, qui se retrouvent dans la seconde moitié des années deux-mille au sein du groupe underground stambouliote emblématique Replikas, excelle en la matière, de leurs expériences s’évaporent d’étranges esprits, de ceux qui circulent dans les cables électriques, habite les bandes magnétiques et saturent les microphones de leurs présences. Des boucles de guitares acoustiques par dessus lesquelles passent des nuages de drones, des voix gazeuses, du glitch enfumé. Des arpèges cristallins où s’égouttent des perturbations électroniques, des ritournelles de quelques accords qui font des rondes, des sons d’espaces-temps parallèles qui se superposent. A ces toupies de guitares classiques enchâssées vient frapper une batterie martiale, un chatouillement de machine dans le creux de l’oreille, et comme une zébrure un riff noise qui traverse l’espace et file son coup de fouet. Sur « A Never Wounded Eye », ça fait le pont avec Replikas, ce rock bruitiste à la rythmique sèche et répétitive quasi-krautrock, des vocaux filtrés dans la masse des riffs plombés. Ailleurs, ce sont des voix féminines angéliques de soprano, un choeur paradisiaque en somme, capté par les ordinateurs comme on étudie le language de créatures sous-marines. La mélodie électrifiée des guitares qui leur succède respire d’ailleurs une ampleur maritime, de vers l’Orient. Plus on s’enfonce dans l’exploration, plus les signes deviennent étranges, difficilement interprétables. Les morceaux d’accords sont découpés, mis bout à bout pour procurer un effet d’hypnose plutôt malaisante, toujours troublée par des vibrations sourdes, orageuses, dans lesquelles parfois on croit reconnaitre des voix humaines quelque part dans le signal brouillé, dans les vagues électroniques rouillées. Y a pas de doute, ça communique avec un infra-monde, y a des esprits qui écoutent encore de vieux vinyles quelque part dans les salles de l’Université Technique d’Istanbul. « Dead Isabella », c’est comme une pièce mi-baroque mi-contemporaine jouée par Erik, le fantôme de l’Opéra, sur un grand orgue d’église conçu par H.R. Giger, c’est re-codé en analogique problématique, c’est une étude de l’Alien par l’Alien. Encore plus profond dans l’inconnu, « Perpetual » et sa petite mélodie *en-dedans*, en fréquences neigeuses multi-couches qui raclent le cerveau de l’intérieur avec une apparente douceur retorse, apparition d’un mini-drone lumineux comme un OVNI dans un ciel d’après tempête. Depuis le labo, Reverie Falls on All pratique la cryptozoologie spectrale.

note       Publiée le samedi 10 juin 2017

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nicola › samedi 10 juin 2017 - 21:19  message privé !

On a l’impression qu’ils ont digéré Mimir.