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Kat Onoma › Happy Birthday Public

cd1 | 8 titres | 33:27 min

  • 1 The Shape on the Ground [4:08]
  • 2 Meow, Meow [2:45]
  • 3 Et cetera [2:59]
  • 4 Ashbox [4:10]
  • 5 Passe / Donne [2:00]
  • 6 A Birthday [5:50]
  • 7 Missing Shadow Blues [7:32]
  • 8 Song [4:05]

cd2 | 10 titres | 56:41 min

  • 1 Cupid [5:15]
  • 2 Cheval-mouvement [4:13]
  • 3 Lady of Guadalupe [4:19]
  • 4 The Landscape [4:37]
  • 5 Riverrun [7:04]
  • 6 Le désert [6:32]
  • 7 A Wind That Hungers [5:53]
  • 8 No Poem [5:25]
  • 9 Radioactivity [reprise de Kraftwerk] [9:42]
  • 10 Over You [reprise du Velvet Underground] [3:48]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré en concert à Paris au Garage (CD1) et au Pigall's (CD2) durant l'hiver 1996/1997.

line up

Pascal Benoit (batterie, guitare, chant), Guy Bix Bickel (trompette), Rodolphe Burger (chant, guitare acoustique et électrique), Pierre Keyline (basse), Philippe Poirier (guitare, saxophone)

chronique

Styles
rock alternatif
post punk
folk
Styles personnels
rock alternatif grande classe

L’espace-temps d’un concert est une chose étrange. C’est pas toujours la fête. La mythologie du rock veut que les meilleurs groupes trouvent leur vérité à ces moments-là. C’est un cliché, un argument de vente valable pour l’industrie du disque, qui a toujours fait de l’album live l’objet marketing par excellence. Seulement, c’est vrai aussi que des grands groupes se surpassent dans l’exercice. Kat Onoma qui sort un double album en concert, c’est forcément pas pour capitaliser ni pour amortir. Deux salles, deux atmosphères. Mais toujours chaleureuses, proches d’un public, lui, indéfini. Deux répertoires aussi, celui de Rodolphe Burger en solo pour débuter, il a alors sorti discrètement un premier album à l’élégance feutrée, plus acoustique, à l’image de ce premier concert. C’est par là, son chanté-parlé soyeux soutenu par un groupe tout en retenue, tissant des figures de guitares en ombres portées, que s’ouvre la soirée, une invitation à s’asseoir près d’un foyer musical. Pas de grande affaire ni de morceau emblématique, il y en aurait pourtant quelques un, ce sont les allitérations étranges en français de « Et cetera », les jeux poétiques de « Passe / Donne » plutôt qu’une Chambre trop évidente dans laquelle un public plus large a découvert le groupe. Les morceaux de Kat Onoma se profilent à l’horizon apaisé d’un americana free-folk, dans un crépuscule propice, même « Missing Shadow Blues », rapeux et cogneur sur album, se déguste à petites gorgées de moonshine cuivré dans la ligne de mire d’une interprétation telle une dernière chevauchée dans les derniers rayons dardants du sublime « A Birthday ». Cette électricité captive qui va se libérer lors de la seconde session, en constante tension au bord de la fissure dès la reprise de « Cupid » dont le texte venimeux a définitivement basculé sur le versant français. Versant de volcan, vite en éruption. Kat Onoma, groupe froid ? Brûlant plutôt. Sans effet mais poussant sur les pédales wah-wah, trompette et saxophone toujours fleurtant avec les sentiers du free dont ils étaient issus. Et sur la route de Billy the Kid cheminent les cinq strasbourgeois, dans des espaces de Western dans lesquels s’insèrent naturellement les plus beaux morceaux de Stock Phrases, « The Landscape » et « A Wind that Hungers » déjà au format cinémascope, trouvant ici des plans de raccord avec la complainte mexicaine à Notre-Dame de Guadalupe et les contrées piégeuses et désertiques comptées par un Burger au détachement d’homme des hautes-plaines, traversées par de furieux torrents. Des courants convergeants, au-delà de l’électrocution de « No Poem », vers la reprise impossible du morceau emblématique de Kraftwerk, en crescendo de dix minutes, Kat Onoma retransposant alors l’électronique au sein du krautrock motorique à guitares. Reprise de génie, y a pas d’autres mots, que Burger et sa bande avaient coutume de faire rugir pour terminer leurs concerts. Avec en prime, en forme de clin d’oeil rigolard, un morceau du Velvet, avec qui ils auront été comparé dès leur début, pas un des plus connus et interprété par le batteur Pascal Benoit sans le moindre esprit de sérieux. Là encore, Kat Onoma déjouait les clichés. Un groupe chaleureux. Et quand ils conçoivent leur double-album live comme un cadeau à leur public, c’est pas de la démagogie. A leur image, celle de leur musique. L’exigence n’a jamais imposé la froideur. Un concert de Kat Onoma, c’était toujours un peu une fête.

note       Publiée le jeudi 1 juin 2017

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Aladdin_Sane › mardi 13 juin 2017 - 16:27  message privé !

Je ne me rappelais pas à quel point cette reprise de "Radioactivity" était fabuleuse.

Note donnée au disque :       
Thomas › jeudi 1 juin 2017 - 22:20  message privé !

Très bel album, hyper chaleureux en effet et magnifié par une prise de son exceptionnelle.

Note donnée au disque :