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Herbert Distel › Railnotes

  • 2003 - Hatology, hatOLOGY 2-594 (2 cd digipack)

cd | 1 titre | 53:32 min

  • Die Reise
  • 1 Die Reise [53:32]

cd | 2 titres | 45:55 min

  • La Stazione
  • 1 Act One [26:31]
  • 2 Act Two [19:24]

enregistrement

Enregistré entre 1987 et 1990.

line up

Herbert Distel (composition)

remarques

Réunit en double-CD "Die Reise" (1988) et "La Stazione" (1990).

chronique

Styles
ambient
field recordings
musique concrète
Styles personnels
train soundscape

"Le train" de Dante Agostini est une fascinante partition pour tambours : à travers une juxtaposition de rythmes complexes, s’entrecroisant et s’enchâssant, les instruments reproduisent le son d’une locomotive à vapeur – ingénieuse reproduction d’une source sonore brute, d’un bruit "impur" émulé dans le cadre d’une composition originale et aboutie. Les pulsations de ce cœur mécanique, battues sur les peaux tendues des tambours, brouillent parfois le tempo, tant les accents et ornements fichés çà et là se placent à cheval sur les mesures. En créant la pièce concrète "Die Reise" (1984-85), le touche-à-tout Herbert Distel semble avoir ressenti une intuition similaire à celle du batteur d’origine italienne, lors d’un trajet reliant Zurich à Berne. En vérité, cette première pièce composée pour la radio n’est pas sans rappeler Pierre Schaeffer et sa célèbre "Étude aux chemins de fer" (1948) décriée en son temps. L’hommage certain rendu au compositeur français partage ici le souci de faire surgir la beauté des bruits, par la transformation d’une source audio en espaces sonores étendus – de fait, nombreux sont ceux à procéder ainsi. Les similarités s’arrêtent pourtant là. Le Suisse propose plus qu’un simple document manipulé et pose une question : le train à suivre serait-il celui de la pensée ? Bien que fondées sur un voyage physique, les structures se font et se défont lentement via un processus de parcours mental ; et dans la tête d’Herbert Distel, technologie et nature ne doivent faire plus qu’un. Les battements machinaux deviennent aussi organiques que le chant des cigales de Toscane, et inversement. Abstraction, dématérialisation, transformation en installation sonore : Distel se rapproche du travail d’Alvin Lucier et des édifices d’un François Roche. La même approche est appliquée sur la seconde pièce de cette compilation, "La Stazione" (1987-90). Cette fois, on se concentre sur les espaces topiques propices à l’idée de trajet ferroviaire : les gares. Cette œuvre polyptyque, sorte de mini-opéra milanais substituant son livret par des annonces mises en boucle et des orchestrations lointaines, comme en filigrane, cherche à brouiller la frontière entre réalité et imagination. Dans cet ambitieux programme, mon esprit n’oublie pas de rendre visite à Agostini et son morceau de Grand Prix National. L’élément ferroviaire de ma rêverie consiste à comparer "Le train" avec "Die Reise" : sans doute parce qu’ils empruntent tous deux aux codes du minimalisme, en portant une rythmique en avant… malgré un traitement différent, pour des résultats radicalement opposés.

note       Publiée le samedi 27 mai 2017

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