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Man Is the Bastard › Thoughtless...

lp/cd • 9 titres • 34:37 min

  • 1Puppy Mill3:29
  • 2The Kosher Grimace6:15
  • 3Unweened Infant Organ1:21
  • 4Tyke2:33
  • 5The Great Ebola2:09
  • 6Prepared Hammond (Interplanetary Intrusion/Galactic insect Swarm/Lunar Landing)6:28
  • 7Forced Alien Confinement0:34
  • 8Short Trek to the Cauldron0:30
  • 9Moloch11:18

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré et mixé en août 1995 par Matthew Anderson, Bankers Hill Recording.

line up

Henry Barnes (bruits), Joel Connell (batterie), Aaron Keyon (basse, voix), Eric Wood (basse, voix), Andrew Beattie (voix)

remarques

« Non-Escapist/Music to Conflict by »
Initialement sorti (en LP) en 1995, Toughtless a été réédité en 1996 (CD) et 2012 (CD et LP). Toutes les rééditions, quel que soit le support, portent la même cote (Gravity 22).

chronique

Styles
hardcore
musique électro-acoustique
noise
power electronics
punk
crust
Styles personnels
powerviolence > nightmare of moloch

Toujours cette pochette – la même d’une sortie sur l’autre en deux variantes peu ou prou ; ici en blanc sur noir comme un négatif photo. Deux crânes stylisés en regard. Le nom du groupe et le titre du disque. Le fond uni. Rien d’autre, austère… Encore cette musique : mutante, agitée, jamais fixée. En fuite, depuis son point d’émergence premier hardcore, powerviolence… À ce stade là de l’histoire Connell, Barnes et Cie en sont au moment où l’entité Bastard Noise prend le pas sur les autres projets, les autres incarnations – de leurs fureurs pleines d’azimuts, de leurs bouillonnements fâchés et exaltés. Bastard Noise qui, remisant guitares, basses, batterie, ne garderons – le nom l’indique – que le bruit, l’électronique malmenée, en plus des voix déclamées, hurlées. Bastard Noise qui partiront loin, récitatifs anarcho-mystiques, anarcho-cosmiques – perchages d’apocalypse exultant d’annoncer la fin d’un monde parce que persuadés qu’un autre arriverait, expurgé du Mensonge, de la Foutaise, de l’Aliénation Capitale… Tout ça s’entend déjà, sur ce Thoughtless – comme tout ça s’entendra autrement, bientôt, chez Amps for Christ, version Renters, Quakers de squat sous peyotl du groupe, du collectif, commune folk évangéliste-libertaire. Tout, je veux dire : les visions, hallucinations, les accès de ferveur folles-furieuse. Les débordements de machines aux circuits détournés, soudés-maison, signal sonore réinjecté en boucle pour créer grondements et crissements, sifflements. Noise primaire, grumeleuse, instable, qui vient salir des pistes déjà toutes râpeuses, massives, blocs de "core" impénétrables. Ces manières, matières-là parfois mêlées. D’autre fois isolées, alternées avec les assenées punk, métalliques, pesanteurs dégueulées, coulées crust épaisses, cavalées ou épandues en lenteur gluante. Sacrément déstabilisant, le mélange. Offensif et contagieux – on se prend à leur jeu, à leur excitation de saccage. Il y a ce moment plusieurs plages durant – dont l’étiré Prepared Hammond – où la noise seule demeure, gagne en ampleur, s’infiltre en textures qui varient, se cherchent, trouvent les récepteurs. C’est encore tactique, s’il nous semble d’abord que les remous ne vont plus jaillir en giclées, en envolées de tonnes. Car au bout il y a : Moloch. Le monstre. L’écrasant. La jaculation prise à Ginsberg – Allen, oui, le poète beat ; et qui plus est, texte tiré de son plus connu poème, Howl, dont il est le deuxième "bloc". Retournement du ton, sans doute, dans la récitation. Car Ginsberg, certes, sur les enregistrements qu’il reste du texte, psalmodie avec ferveur ; mais jamais sa voix, pour l’occasion, ne se défait de cette douceur, en fond, qui par delà la catastrophe et l’Éternelle Quotidienne Saloperie rejoint à chaque instant le monde, le veut concilié, réconcilié, fusse contre ce qu’on lui avait montré comme son gré, sa marche inéluctable. Eux le prennent autrement. La rupture est franche, totale. Et ce Moloch-ci est son annonce, sa déclaration. Rien ne cessera – ni le bruit, ni les cris, ni les percées de paniques – tant que ne se seront abîmés le Chiffre et les Nations. La panique est brisée, percée – brise et perce en contre-attaque l’ordre figé, ses routines et ses bureaux. Cette Babylone brûle – et eux respirent et nous recrachent les corrosives émanations. Il advient qu’en leur joie destructrice, elles tournent en toniques violents.

note       Publiée le dimanche 14 mai 2017

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Klarinetthor › lundi 15 mai 2017 - 02:09  message privé !

oui c'est bien préparé... comme souvent quand une piste magistrale est placé en queue... ce que je préfère toujours au placement en tête.

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Dioneo › lundi 15 mai 2017 - 01:54  message privé !
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Il y a aussi que le truc est amené de façon assez sournoisement efficace... Moloch en soi tatane certes déjà sévère mais alors avec l'enchaînement des trois pistes "noise pure et dure" avant - Prepared Hammond et les les deux très courtes suivantes - qui déboulent sur ce terrible riff et la péroraison... Un peu parfaite, ouais, la séquence.

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Klarinetthor › lundi 15 mai 2017 - 00:43  message privé !

C'est d'ailleurs assez impossible de retourner à la version de Ginsberg, apres avoir entendu celle-ci. A fortiori, en l'ayant découvert après le cri de reprise de MITB. A choper rien que pour Howl dejà.

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