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Emmanuelle Parrenin / Eat Gas / Etienne Jaumet › Volturnus / Balaguère

vinyl 33t • 2 titres • 29:35 min

  • 1Volturnus12:47
  • 2Balaguère16:48

enregistrement

Enregistré au Red Bull Studios de Paris en janvier 2017.

line up

Etienne Jaumet (Moog, Oto Bim), Emmanuelle Parrenin (harpe, vielle à roue), Eat Gas (guitare acoustique, guitare électrique, SH-101, Prophet)

remarques

chronique

Sortie depuis quarante printemps de sa maison rose, Emmanuelle Parrenin vadrouille depuis par monts et par vaux ; au hasard des rencontres ; revenue, équarrissant les angles de son ancien domaine, laissant les gentianes à d’autres mélusines ; cubant les complicités de passage, Juan D’Oultremont, Pierre Bastien pour ne citer qu’eux. En 2017, sur la route du jubilé, elle pose ses valoches aux côtés d’Étienne Jaumet et Jean-Fabien Dijoud le temps d’un disque aux allures de 45 tours géant. Deux titres inattendus, surprise du chef de Disquaire Day. La face "Volturnus" entame son cours dans une atmosphère éveillée, réjouie à la Jim O’Rourke, par un dialogue de harpe avec elle-même sur fond de toile électronique. La voix féminine, presque céleste, pose sa douceur éthérée sur des cordes sans mode celtique apparent, plutôt des formes en volutes et des modulations et samples qui font imaginer ici une harpe à bottleneck, là des accords simili-mandingues. Le temps file sur un paysage qui s’étend, comme l’avertit le visuel, à perte de vue ; on entend bientôt une poulie, ou plutôt une girouette et par instants, la voix déstabiliser ce roulis paisible. Les tripotages électro-ambient du duo masculin s’engouffrent dans les interstices mélodiques ; pas de césure, pas d’accident de parcours, ça pourrait bien s’éterniser sans qu’on se mette à sourciller ni à fendre sa lippe ; mais puisque tout a une fin, la douce mécanique se détériore et se désagrège. Pour "Balaguère", la harpe passe le relais à la vielle inséparable, dont la relative stridence rend la face B plus inquiétante. Nous voilà dans une séquence de road movie glauque, plus semblable à Loren Connors ; un climat americana qui dérange ; les claviers synthétiques évoquent une terre dévastée, au mieux la Beauce, et l’écho de notes tenues rappelle les BO de Mark Morgan. Parrenin devient créature d’essence spiritique, une banshee d’un Sidh sonore ; sa chambre noire agit en révélateur d’un négatif hétérotopique. Puis, curieusement, la piste se transforme en lieu d'atterrissage d'une soucoupe volante, avec des sons directement hérités du space ambient des seventies. Une ascendance électro-prog qui masque presque le bourdon de la vielle et qui termine de placer la piste du troisième type dans un environnement à la Carpenter. De loin, l'ovni musical ne paraît même pas avoir touché le sol ; sûrement la force de plusieurs générations de nomades.

note       Publiée le dimanche 7 mai 2017

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Klarinetthor › jeudi 16 novembre 2017 - 16:23  message privé !

je l'ai aussi recroisé par hasard à un petit concert avant-hier et ai pu converser quelques minutes. Elle joue surtout des nouveaux morceaux en solo et est dans le grand bain de l'impro ces dernières années. Ca promet de nouveaux disques sur les deux fronts.

DukeOfPrunes › jeudi 16 novembre 2017 - 14:40  message privé !
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On aurait envie de la suivre partout. Merci du partage.

Note donnée au disque :       
Klarinetthor › dimanche 12 novembre 2017 - 17:42  message privé !

Vu Emmanuelle Parrenin hier dans des conditions (un peu bruyantes des samedis soir du Zorba) pas des plus évidentes et ce fut impérial; que ce soit à la vielle, sur son dulcimer-guitare ou à la harpe. Elle s'est aussi joint un bon quart d'heure au trio bruyant Volvo à la fin de leur set, et c'était bien bizarre, encore une autre ambiance très réussie, après ses chansons tristes, ses chansons sombres, ses chansons oniriques, ses chansons de libération,... Incroyable.

DukeOfPrunes › jeudi 11 mai 2017 - 09:15  message privé !
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Sûr, Maison Rose est un indispensable. J'ai souvent en tête "Belle Virginie" (c'est juste, euh, beau quoi) mais il y a des moments plus expérimentaux. Faudra écrire un truc là-dessus aussi !

Note donnée au disque :       
dariev stands › mercredi 10 mai 2017 - 16:34  message privé !
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Je dois dire que ça intrigue, comme chronique... Et Maison Rose est une splendeur. à écouter par ceux qui apprécient la galaxie La Novia, nottamment