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Kat Onoma › Billy the Kid

cd • 14 titres • 71:43 min

  • 1The Radio5:01
  • 2Le désert5:45
  • 3The Gun5:00
  • 4Will You Dance ?4:52
  • 5Riverrun4:39
  • 6The Trap4:54
  • 7Lady of Guadalupe4:13
  • 8Memo3:57
  • 9B. the K.5:28
  • 10Night Way5:13
  • 11The Poplars2:39
  • Bonus tracks réédition
  • 12The Heart4:33
  • 13The Pain5:50
  • 14The Radio (remix)9:39

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Luc Tytgat and Kat Onoma. Enregistré à Studio Jimi Bock, Ensais Strasbourg, Studio Polygone, Toulouse et Studio Kitsch, Bruxelles.

line up

Pascal Benoit (batterie, chant), Guy Bix Bickel (trompette), Rodolphe Burger (chant, guitare, queño, piano, basse), Pierre Keyline (basse), Philippe Poirier (saxophone, guitare, queño, basse)

remarques

chronique

Styles
rock alternatif
post punk
blues
rock
alt-country
Styles personnels
alt-rock western

Billy the Kid est mort. C’est la radio qui l’a annoncé. C’est Jack Spicer qui l’a écrit. C’est en rencontrant ce poète américain un peu confidentiel de San Fransisco, mort en 1965, que Kat Onoma se réchauffe enfin. A l’exception de trois textes signés Pierre Alféri, celui par lequel Spicer est tombé dans les mains de Burger, c’est cette oeuvre poétique qui sert de matériel de base pour bâtir une ville-fantôme aux confins du désert, hantée du farouche shériff pourchassant Billy le bandit, celui qui te fera danser à coups de colts. Et Kat Onoma flingue aussi, imprégnant leur post-punk de sonorités poussiéreuses et de cuivres stridents, chevauchant comme une troupe de desperados vers un country-rock électrisant. Sans pousser le concept vers la narration, c’est une série de vignettes mettant en scène Billy the Kid, au fil de la poésie imagée et fracturée de Spicer. Avec ses montées de tension comme le single frondeur « The Gun », à l’arrogance de flingueur professionnel ou le fiévreux « Riverrun » à la pulsation de cuivres répétitive qui finit par briser le thermomètre à force d’insistante charge cavalière, mercure liquide en billes au sol contre plomb solide dans la carcasse si tu ne danses pas, pied-tendre. C’est de ce recueil que sortiront d’autres classiques du répertoire de Burger, qu’il reprendra sous d’autres formes, les fameux « The Trap » où la rivière prend au piège Billy et ses compagnons, et « B. the K. », laid-back comme un après-midi de glande sous les saules, avec ponctuations de trompette et saxo très soul. Kat Onoma n’a pour autant rien perdu de sa noirceur, ici toute hispanique dans la prière à « Lady of Guadalupe » aux lamentations cuivrées très mexicaines, chantée en deux langues, toujours avec un accent français indéboulonnable. C’est que cette langue chatouille la glotte de Rodolphe Burger, elle prend sa place petit à petit dans le répertoire des alsaciens dont les influences ont toujours été anglo-saxonnes avant tout. Mais ici, un « Mémo » notamment signale que la tessiture de Burger, profonde, grave, se prête tout aussi bien, sinon mieux encore, à sa langue natale, aux mots tout aussi intrigants d’Alféri, alors qu’une ritournelle lancinante marquée de coups de fouet réguliers déplie ses multiples textures de guitares western tirées à quatre épingles. Quelque soit la langue ou l’atmosphère, ce groupe a la classe, une allumette craquée sur le comptoir pour enflammer une sèche roulée-main et repartir au soleil couchant, irradiant de guitares noisy au dialogue de compagnes antagonistes, faire revenir juste ce qu’il faut sans jamais se laisser consumer, menace de sauvagerie sous contrôle, intelligence du coeur. L’album s’achève comme il a commencé, par une composition de Poirier, mais en contre-champs celle-ci se love en acoustique, au tam-tam un peu indien, aux accords clairs comme les étoiles. Des morceaux d’un EP sortis dans la foulée, c’est le crépusculaire crescendo de « The Pain » qui trouve le mieux sa place en coda impressionniste, pour ce retour en ombres portées de Billy the Kid, insaisissable et mythique, comme le groupe qui lui tire ici son Stetson.

note       Publiée le lundi 8 mai 2017

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boumbastik › dimanche 24 février 2019 - 22:43  message privé !

Super chro pour un album qui résiste bien au temps. En fait non, il ne lui résiste pas, il fait avec.

Note donnée au disque :       
boumbastik › lundi 8 mai 2017 - 19:59  message privé !

Un album mélancolique, solaire et méandreux qui a bercé ma vingtaine et une bonne partie de ma trentaine. De la poésie imagée et fracturée, c'est tout à fait ça. Ah ce chuitement du sssshériff dans "Le Désert"...

Note donnée au disque :