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Makoto Kawabata › Infinite Love

cd | 3 titres | 75:06 min

  • 1 See You In a Same Dream Tonight [19:05]
  • 2 I Miss You [13:31]
  • 3 Infinite Love [41:30]

enregistrement

Enregistré à l’Acid Mothers Temple en janvier 2002.

line up

Makoto Kawabata (guitare électrique, enregistrement, production)

remarques

Toute la musique a été improvisée, il n’y a pas d’overdubs.
Artwork : Sachiko Kawabata.

chronique

Faire les Éléments avec des instruments – des circuits, des tensions électriques infimes mais amplifiées exponentielles… Les tempêtes, les aurores boréales, les aubes et les nuits, les feux de Saint-Elme. Faire l’Espace dans pas grand-chose, dans un épar à notre échelle, celui – d’espace, forcément mineur, minime – qui réverbère la passe, le tour, les particules lâchées qui s’y excitent en s’éclairant. Sans doute est-ce naïf de croire qu’on le peut. Peut-être nous autres, espèce qui rêvons et faisons les épandages, têtes et viscères qui passent, avons-nous décidé – jadis, encore, de tout temps – de nous fixer cette tâche, ce curieux amusement, ces acharnés et dérisoires essais dans l’empirique. "Faire" l’amour. Avec une guitare, quelques effets, des amplis. Serait-ce toujours un cliché, idée-fixe rock, traînée pas effacée partout d’un vieux psychédélisme, là où il s’est frotté ? Possible qu’on s’en foute, au fond… Ce disque est beau. Chant au tout premier degré – sans voix humaine articulée, seulement les cordes, les boucles, les composantes et les membranes synthétiques vibrées. Kawabata – ce n’est pas toujours, pas partout, qu’il abandonne ainsi la blague, les jeux de coqs et d’ânes, le calembour fait partition comme du Gong en plus gros – y joue le plus littéralement ce qu’articule simplement le titre. L’Amour Infini. Pas de romantisme, pourtant, là-dedans, d’idéal. Rien sur le mariage, non-plus, les Tristans et les Yseults, les avanies et les triomphes des justes-cœurs. L’amour – voyez la pochette – est une histoire de draps tiédis, de chair dévoilée pas en spectacle mais pour que rien ne gêne. De douceur immense, profonde, et d’élan animal, intense, escalade ici lente. Au point parfois de paraître une stase, les bouffées qui sourdent en boucles à la charge si longuement enflée qu’on n’en voit pas d’abord le mouvement inexorable. Ce ne sont que nappes, textures, grondements paisibles, archet qui fait des sons qui filent, filamentent. Son infini, oui – on le sait, que non, mais on croit ce qu’on entend. Infinitésimale en expansion, à-jamais à notre taille, et qui nous la rappelle en paumant la portée où l’on verrait que ça cesse. Infinite love est un disque bienfaisant – complètement, tranquillement. Sans furie, sans mollesse, sans rien, le temps qu’il sonne, à quoi nous viendrait l’incongrue tentation de le comparer. Hanté si l’on veut, nous dit le titre d’une des plages, par ce qui manque, que l’on veut, que l’on va rejoindre, conjoindre – et par là moins hantise, alors, qu’aspiration qui porte, doucement recouvre tout regret, ce qui a raté, ce qui pour après fait doute. Ce disque, d’ailleurs, aspire tout : l’heure, le lieu, la circonstance. Et dans l’instant – qui paraît arrêté ou ne vouloir jamais terminer – nous les recrache, volute intégralement, exactement concrète. On Se Voit Dans Le Même Rêve Cette Nuit. Ce disque ne dit pas qu’il faut pour ça, fatalement, dormir. Ni cet homme en cheveux et barbe avec l’objet qu’il fait sonner. Ni cette femme dans le lit. C’est l’éveil, plutôt, qui dure et s’étend – avec ses places d’homothéties et ses strates en dérives, en glissements. C’est l’espace et le contact qui renaissent, là où les, où le sens se raniment encore.

note       Publiée le mardi 11 avril 2017

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Dioneo › mercredi 12 avril 2017 - 13:37  message privé !
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Rien Ne Saurait Inspirer Celeste.

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born to gulo › mercredi 12 avril 2017 - 07:58  message privé !

La pochette a inspiré Celeste ?

Klarinetthor › mercredi 12 avril 2017 - 02:19  message privé !

c'est souvent une pochette comme ca, sur les kawabata; le mien a à peu pres la meme, parmi sa disco extensible.

Dioneo › mercredi 12 avril 2017 - 00:27  message privé !
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Peut-être un peu moins immédiate - c'est aussi la plus longue, comme on voit/comme tu sais. Perso je crois ne l'avoir que très rarement écouté autrement que de bout en bout, celui-là.

Note donnée au disque :       
(N°6) › mercredi 12 avril 2017 - 00:17  message privé !
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Il est tout doux. La pochette est parfaite, rapport au contenu. J'avoue avoir rarement écouté la troisième piste, les deux premières m'étant amplement suffisantes en général.

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