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Lacroux, Sauvage & Sauvage › Deux Déserts

lp | 30 titres | 30:00 min

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extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré par Guilhem Lacroux. Masterisé par Frédéric Alstadt.

line up

Guilhem Lacroux (guitare électrique, lap steel, « partitions »), Jérémie Sauvage (montage, « partitions »), Ludovic Sauvage (film, « partitions »)

remarques

Artwork : Standard In-Fi Visuals. Image de pochette : Ludovic Sauvage. Design : Ludovic Sauvage et Standard In-Fi Visuals. Typographie : Druid High Visuals, Standard In-Fi Visuals. Sérigraphie : Olivier Bral.
Sorti à 300 exemplaires. Pochette sérigraphiée, en carton épais. Texte sur une feuille, en insert, expliquant la genèse du projet.

chronique

Curieux parti-pris, au premier abord : créditer trois noms pour ce disque alors qu’on y entend seulement Guilhem – sa guitare branchée ou non, avec ou sans glissements sur les cordes ; accordages spéciaux sans doute, objets sur, entre les cordes peut-être. Singulière écriture, méthode, au départ. Les deux questions – propositions – s’éclairent mutuellement, à vrai dire… Des images, au commencement du processus – couvertures toutes tirées d’une même publication américaine, du sud-ouest des états ; Desert Magazine – ont été passées, traitées par Ludovic Sauvage, aux routines d’un logiciel de 3D, afin qu’elles se mêlent, s’interpénètrent, se reflètent justement l’une et l’autre en miroirs. Ramenées en deux dimensions, ensuite, imprimées, puis données au guitariste comme des partitions – bandes verticales alternées à lire selon son œil, à interpréter en courtes cellules d’une minute. Ces brèves compositions/interprétations données à entendre, ensuite, en synchronie, lors de la projection d’un film – constitué lui-même de séquences courtes, projection des images 3D obtenues au début, avec cet autre décrochage : qu’à chaque séquence ce n’étaient pas les son créés "sur" les images projetées, qu’on entendrait dans la salle… Ce disque est un autre objet, encore, un autre angle, arrangement différent d’une même matière. Les séquences musicales mêlées dans un autre ordre. La cohérence de cette suite de pièces, pourtant, étonne. La tenue, la présence de ces passages épars pourtant, aérés. L’espace s’étend entre les éléments – les objets de ces topographies musicales. Les déserts – on le disait ailleurs, à propos d’un autre (et illustre guitariste) – ne sont pas vides de vie. Ils bruissent. Il faut pour les entendre, et y voir les traces, s’approcher. Chaque détail devient plus exact, et le ciel, l’horizon, semblent encore s’éloigner et grandir à mesure. Le guitariste frotte, arpège, gratte. Des dissonances résonantes se font entendre – en fait torsions, glissements, bulles qui crèvent l’étal ou creusements plus fins que les repères tempérées, souffles d’une brise micro-tonale normalement insensible. J’ai toujours l’impression, là, d’écouter un climat – les zones de pression et dépression qui le travaillent, les couleurs et leurs métamorphoses dans l’hygrométrie qui change, les soulèvements à la surface de dunes, les craquellements des pierres des regs. Le hasard – ou la libre volonté, la perception du monteur, qui repère des analogies, les invente, les saisit – crée d’inédites proportions. Les combinaisons nouvelles des fragments premiers – accomplis, entiers, autonomes dès le départ puisque conçus pour pouvoir vivre ainsi, continuer hors d’un schéma, d’une partition close, fixée – dessinent et sculptent, habitent autrement l’endroit où ils s’entendent (qui lui-même, on n’en doutera pas, modèle et répercute à sa façon unique – c’est encore plus vrai pour cette musique-ci que pour d’autre tant, je le redis, elle concentre l’écoute, l’entente, à son échelle infime et en même temps perte-de-vue). "Fragments", d’ailleurs, n’est pas le terme qui convient – tant à l’écoute des plages finalement gravées, elles semblent changer l’écoulement du temps, moments qui paraissent s’étendre plus loin que l’œil peut prévoir, encore, plus loin que l’attente pourrait imaginer. La demi-heure écoulée, pourtant, on croit qu’elle n’a duré que l’instant de cligner. On retrouve les sons, dans l’air immédiat, que les guitares pourtant guère bruyantes, loin de tout cri, avaient mis en sourdine. On jurerait ou presque que c’est une question de lumière : cet équilibre qui change et s’en remet au familier.

note       Publiée le lundi 10 avril 2017

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Dioneo › lundi 17 avril 2017 - 12:24  message privé !
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Ah cool (bonjour...). Merci, j'ai ajouté ça dans la section "extraits", du coup.

Note donnée au disque :       
DukeOfPrunes › lundi 17 avril 2017 - 11:36  message privé !
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C'est bon, ça !

guiguichavez › lundi 17 avril 2017 - 09:56  message privé !

Bonjour, ce disque est disponible aussi sur la bancamp de la Novia en haute définition : https://la-novia.bandcamp.com/

DukeOfPrunes › jeudi 13 avril 2017 - 00:39  message privé !
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Oui dariev. Là en l'espèce, mon commentaire portait sur les pratiques récentes des consommateurs sur le marché physique et l'impact du format LP sur les petits labels (et plus précisément Standard In-Fi, puisqu'il s'agit d'eux dans la chro, mais ça pourrait être un autre). Si tu fais un pressage à 500 copies suivi d'un autre, pas sûr que tu vendes l'intégralité de ta deuxième salve. On peut aussi parler des effets pervers et contre-productifs du Disquaire Day. Parce que la vente de vinyle est proche des circuits spéculatifs habituels, de l'ultra-limité, bref du collector, et que cela impacte certaines stratégies d'édition (c'est con, mais c'est comme ça). Personnellement, je m'y perds dans les repress de Do Den Haag, mais le plus important, on est tous d'accord j'imagine, c'est d'avoir la zique à disposition. Sinon en passant, 6-7 balles par LP c'est déjà deux à trois fois moins qu'au Japon (pour des pressages plus conséquents), ça fait réfléchir !

Klarinetthor › mercredi 12 avril 2017 - 22:30  message privé !

+1 monsieur da