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Jamalski › Presents Roughneck Reality Massive

cd | 18 titres | 73:25 min

  • 1 Roughneck intro [0:44]
  • 2 Ganja Plane [3:58]
  • 3 War Pon Pause [5:23]
  • 4 Poom Poom Remix [4:35]
  • 5 Uptown Drifter (Bronx N’Back) (By Akbar) [5:05]
  • 6 It’s Alright (by Xotic) [2:08]
  • 7 African Border [3:16]
  • 8 International Love [4:11]
  • 9 Ragga Youth (With Michael Rose) [4:08]
  • 10 If The Clip Fits [4:35]
  • 11 Freedom Fighters [5:26]
  • 12 Elements (By Xotic) [5:38]
  • 13 No Murder [4:22]
  • 14 Cheeba Creepers (By Akbar) [5:08]
  • 15 Medallion [2:15]
  • 16 Mind The Asylum (By Xotic) [4:00]
  • 17 Jump, Spread Out [4:56]
  • 18 Ragga Youth Remix (With Michael Rose) [3:39]

extraits vidéo

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enregistrement

Non crédité.

line up

Jamalski (voix, production sur 1, 4, 8 et 15), Akbar (rap et voix sur 4, 5 et 14), Xotic (voix sur 6, 10, 12 et 16), Tomcat (voix sur 10), Cool MB (voix sur 10), Rocker T (voix sur 3 et 11), Sara I (voix sur 3), Paul Nice (production : 2, 6, 8, 10,12 et 16), DJ Parker Lee (production sur 2, 4, 5, 13 et 14), Papa Joe Stand Out Selector (production sur 3 et 11), Petee 420 (production sur 11), Todd Ray (production sur 9), Skeff Anseim (production sur 7)

remarques

Ce disque est également sorti (en 2001, aux États Unis, sur le label Baraka Foundation) sous le titre Guaranteed Rewind - A B-Boy Roughneck Compilation. Quelques plages - en plus des pochettes et du titre - diffèrent d'une édition à l'autre. La version ici chroniquée est bien celle sortie sous le titre Jamalski Presents Roughneck Reality Massive en 2000 par le label français M10.

chronique

Styles
funk
reggae
dub
hip-hop
Styles personnels
jungle > drum'n'bass > sound system

L’heure de la teuf’ ! Trop chaude, arquée de tensions sexuelles, vertige d’appétits, basses et têtes qui tournent, chavirées. Ambiance épaisse et ondulante, zones de heurts et turbulences, moments où la frénésie retombe, où la syncope devient collante – au bout des doigts, sur les peaux. La cervelle et le cœur, dilatés comme tout le reste, les corps en balancements, en sauts gainés jusqu'à la moindre fibre. Plutôt que l’album d’un seul artiste – l’annoncé Jamlaski, devant l’entrée – ce disque est un "showcase" de sound-system. À la jamaïcaine, oui – mais de New York, pulsé pas pareil que sur l’île. Speedé, stressé, blindé. Dès le porche ça empeste la weed, certes. Mais dedans on voit bien que les hôtes doivent aussi carburer à d’autres substances – plus blanches et poudreuses, ça ne fait pas de doute. Ça fleure, disais-je, aussi, parlant de plein nez : les corps en sueur, l’excitation, presque l’ozone tellement ça peut être chargé, prêt à éclater : esclandre saignant, règlements de comptes ou bien l’orgie débondée, question de moment, de nature des charges dans les regards croisés. Sound-system, donc. Et New York. Et les années quatre-vingt-dix à peine laissées derrière. Et des Jamaïcains – d’ascendance ou plus directement débarqués dans le quartier – aux micros, aux samplers, en soutien dans le hangar. Donc : du dub dans le son ; du hip-hop, certes – et du gras, du lourd, du compact, du claquant, du PHAT, on disait alors, du MASSIF, je ne leur fait pas dire ; mais aussi, logique finalement implacable, tranquille évidence martelée en emballant les BPM : de la jungle versant arrachée, directement continuée depuis les débuts du genre, quand c’était une question d’éclate braillée en sous-sol, les boucles de basse déjà volontiers tapées dans un certain jazz, mais en se rappelant que le truc venait d’abord des bordels et des coupe-gorges, longtemps avant de tourner fond d’agrément de salons et bars lounge. C’est plein de débits variés, là-dedans. La parole-UZI – pardon du cliché, mais pour lui ça fait description littérale – du susdit Jamalski, maître des lieux allumé, le regard qu’on évite de croiser trop longtemps parce que ça coupe. Le verbe pas plus posé mais la jactance livrée posée, détachée, ironique, d’un certain Xotic. Des chœurs en espagnol – enfin, un castillan sans doute chopé plutôt dans les contrées d’un proclamé commandant Marcos – qui coulent à l’unisson du Marley… c’est à dire non, du Sélassié à l’ONU. ("Et partout c’est la guerre", si vous voyez ce que je veux dire, question lien, si vous voulez tâter le joint). On la fait contre Rome ; également, ici – c’est à dire qu’on appelle le feu, la foudre sur le Vatican. Rastas fâchés mâchoires clanchées, ouais. Ailleurs du bien peu mystique, échantillons de "haaan" femelles et coulure libidineuse de la tchatche et de la contrebasse enflée. Des gros bouts de soul et de funk – en parlant de tourmente intérieure et de bouquets entêtants émanés par les pores – on se rappellera qu’une des acceptions données pour le mot "funk", justement, en une vieille langue perdue, serait celle de l’odeur insistante et malvenue (ô morales…) des viandes échauffées, voire plus précisément des fragrances du coït. Chutes et pics de pression, décidément. Un beau foutoir où se frôlent et se télescopent emportements évangéliques – et une fois de plus on en pensera ce qu’on en voudra côté discours ; toujours pas converti à quoi que ce soit de vert-jaune-rouge ni à d’autres écrits, pour ma part – pures poussées d’adrénaline en ébullition, tranches de quotidien goudron, strophes vengeresses et sarcastiques sur les squatteurs de pétards qui n’ont jamais sur eux de matos à leurs frais… On passera peut-être bien à côté de la chose si on tient trop à définir en quelle mesure elle serait un jalon ou pas, de quoi que ce soit : scène, époque… C’est en tout cas un moment intense dans la vie, l’histoire, la discographie du collectif – le Roughneck Reality. Je le trouve glorieux, et j’aime aussi ses contours, son atmosphère rudes, granuleux, comme sa déjà dite ambiance promiscuiteuse, gluante, perlée de fluides en débordements. J’aime ce que j’y entend de l’art du beat, de la ligne dure qui ont toujours marqué sur la carte un cratère net et noir, profond et tout incandescent à l’emplacement de cette ville, dès qu’on en vient à parler ce ces musiques-là, de "blocks", de groove sans aménité, de production compacte, minimaliste ou bien, et en même temps pleine. Le genre de parpaing qui vous ferait aimer sans crier gare le ragga pas équarri, le dancehall moderne, la drum’n’bass une fois de plus, dont les déclinaison molles, ouatées, nous avaient fait oublier que dans "jungle", il y avait qui bruissaient et criaient les sons sauvages de cet habitat, les cris d’attaque, de panique, de signal – et ladite sauvagerie reprise depuis l’insulte lancée, tournée en fière vitalité. Assez dit. La paix viendra – sur terre ou déjà au croisement, une fois sortie – qu’après qu’aient été crachés toutes toxines, tous désirs fous et pragmatiques, toutes hostilités, haines, invectives et adresses tournées stances d’argot puissant, amours, même, joie d’en être. Qu’on on ressortira il fera jour à nouveau, ce sera l’heure. Et l’air de la cité sera sûrement chargé encore de fumerolles aux échappements des transports et des bâtisses.

note       Publiée le dimanche 9 avril 2017

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