Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesPPsychick Warriors ov Gaia › Record of breaks

Psychick Warriors ov Gaia › Record of breaks

lp vinyle | 10 titres | 00:00 min

  • 1 A Kind Of Prayer [17:23]
  • 2 Revelation [0:09]
  • face 2
  • 3 Truth [9:25]
  • 4 True [4:46]
  • 5 Revelation -0:55
  • face 3
  • 6 Kraak [12:18]
  • 7 Revelation -0:25
  • face 4
  • 8 Sheap? [9:34]
  • 9 Thru [9:22]
  • 10 Revelation [0:22]

enregistrement

"Recorded at home.Mastered at Prodam, Beveren, Belgium. " - Ingé-son/mixage : Joris Hilckmann, Tim Freeman

line up

Joris Hilckmann, Reinier Brekelmans, Reinoud Van Den Broek

remarques

Sur le vinyle, les pistes sont dans un ordre légèrement différent du CD, chaque piste "Revelation" étant un sillon fermé à la fin de chaque face. Le timing indiqué correspond au temps écoulé avant que le saphir entre dans le sillon fermé. L'ultime morceau à sillon fermé nommé "revelation" est absent du CD. La version vinyle intervertit également la troisième et la neuvième piste du CD.

chronique

Styles
techno
ambient
musique électronique
Styles personnels
techno lente intemporelle

Un pouls, lent, organique. Des sons de percussions sèches et comme provenant d’angles morts derrière nos oreilles... Des cymbales éparses, une construction patiente de nappes, oscillations, flux nerveux et poudre de résidus architecturaux... Filandreuse, la basse ne sortira pas de son ornière, rai lumineux nous guidant dans la pénombre de cet outre-espace hors du temps, seulement éclairé par les vols lointains de ces mini-drones, dont les gazouillis s’amplifient et se densifient à mesure que l’on arrive... Que l’on arrive où, au juste ? Au point de massage suffisant de notre cerveau pour recevoir les messages émiettés de cette voix, apparition secrète dont les marmonnements restent à décoder. Une chose est sûre, le son de cet album est d’une pureté rare. Minimal + abstrait, ça devrait faire astral, mais ça pourrait aussi bien être le son de l’eau dans les tuyaux. Ou la demi-vie de l’hydrogène d’azote dans les veines d’une étoile géante bleue. Sommes-nous, au juste, aux tréfonds des circuits électroniques d’un ordinateur géant, où dans l’estomac d’une baleine de l’espace, grand comme cent fois notre pauvre système solaire ? « C’est cosmique, ça aussi ? » dit le pèlerin perdu, effaré et démoralisé devant l’immensité de l’univers. Record Of Breaks porte assez mal son nom, le duo hollandais, très apprécié des connaisseurs, étant surtout un maître de la continuité et de l’art de pondre des plages dépassant le quart d’heure sans lasser une seule seconde. « Sheap ? » est ainsi une plongée dark-ambient qui par un contrepied (sans kick justement) mystique nous ouvre grand les possibles, déjà vastes après la rigueur basic-channelienne du premier titre, s’ourlant progressivement d’un piano minimal qui déploie doucement sa mélancolie d’hiver, avant qu’un écho du Chill-Out de KLF ne vienne bruisser dans l’espace intime ainsi créé entre nous et le disque. À ce stade-là, en général, soit vous serez déjà charmé, intrigué, captivé, soit vous serez déjà parti, mais dans tous les cas vous saurez à quoi vous en tenir quand à Record of Breaks. Sans ajouter la moindre couleur ou nuance à cette palette à la fois épurée et profonde comme une nuée d’étoiles, Truth s’installe dans un ballet étrangement torride qui ne forme, avec True, qu’une longue pièce de techno syncopée et fascinante, sorte de remontée introspective le long d’un kundalini hypnotique. À la fin le message audio contenu par la sonde de se dissoudre dans l’outre-espace, comme transféré dans une autre dimension. Quant à Kraak, elle révèle tout simplement le potentiel caché de cette techno aride et âpre du milieu des années 90 (pensez Daft Punk – Rollin’ and Scratchin’), loin des raves et plus près du sismographe de Yellowstone, ronronnant dans une bacchanale de sub-basses comme comprimées dans un sas hermétique. Rarement l’électronique n’aura su, dans une musique, se faire oublier à ce point pour ne garder que l’essence même du voyage rythmique, de l’élégance suprême à laquelle les vrais instruments semblent trop patauds pour arriver. L’oubli. Cette splendeur dédaignée des années 90 en art, est pourtant la seule qui permet de retrouver la pureté digitale et virginale de Thru , dernier marathon rythmé par le son du déplacement dans l’air d’un sabre laser, émettant une traînée boréale, déployant un prisme de lueur changeante. C’est en quelque sorte la version agrandie mille fois du beau break ambient de la première piste...Un son qui semble donner la note-clé de ce disque tout entier dédié aux rémanences du passage de la fée électricité, la version cd se terminant par un superbe son d’arc électrique au grondement cristallin au-dessus de notre tête.

note       Publiée le lundi 10 avril 2017

Dans le même esprit, dariev stands vous recommande...

partagez 'Record of breaks' sur les réseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Record of breaks"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Record of breaks".

ajoutez une note sur : "Record of breaks"

Note moyenne :        2 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Record of breaks".

ajoutez un commentaire sur : "Record of breaks"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Record of breaks".

Wotzenknecht › lundi 17 juillet 2017 - 12:54  message privé !

Tu peux te lâcher sur Ov Biospheres And Sacred Grooves, leur épo, The Key ainsi que toutes les versions de Kraak (remixé entre autre par Coil et Plastikman)

Note donnée au disque :       
saïmone › lundi 17 juillet 2017 - 11:54  message privé !
avatar

Je pensais que j'aimais pas la techno. Quel idiot

pampa › mardi 11 avril 2017 - 18:55  message privé !

Ohlala... Je ne connais que leur (excellent) Ov Biospheres And Sacred Grooves, autant dire que je vais me jeter sur celui-là !

dariev stands › lundi 10 avril 2017 - 16:43  message privé !
avatar

héhé, oui, j'avais cru comprendre ça. Possible qu'on les ai évoqués un jour d'ailleurs... Je n'ai pas parlé du TOPY à dessein (qui a pas mal d'adeptes en France, comme on peut le voir dans la rue : https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/236x/5d/8c/7f/5d8c7f9f07fdaa2674f50594fc808528.jpg ), gardant ça pour une autre chro d'eux, là il y avait trop à dire sur la musique et j'essaie de faire court. En sachant que j'ai toujours pas vraiment trouvé comment qualifier le TOPY ou du moins ce que j'ai cru en comprendre (le docu sur eux est-il déjà sorti d'ailleurs ?). Perso, musicalement, j'entends plus de liens avec Coil période acid qu'avec Psychic TV toutes époques. Une question de consistance et de parcimonie, aussi. "Themes" me paraît aussi faible que cet album est succulent. Mais possible qu'ils vénèrent Genesis P-Orridge et sa musique, oui ;)

Note donnée au disque :       
Wotzenknecht › lundi 10 avril 2017 - 06:40  message privé !

Aaaaah dans mes tuyaux depuis des siècles !!

Ajoutons que - ainsi que leur nom le révèle - les membres faisaient partie du TOPY, et que leur concept s'inspire à l'origine des 'Themes', mais avec ce hollandisme électronique qui leur va à ravir.

Note donnée au disque :