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Gravité Zéro › Gravité Zéro

  • 2003 - 0101, 0101-07 (1 cd)

cd | 16 titres | 55:05 min

  • 1 Messe pour un temps futur [1:10]
  • 2 Infini [3:15]
  • 3 Hal 9000 [4:31]
  • 4 Progéria solaire [3:10]
  • 5 Apesanteur [1:31]
  • 6 Galactica [3:46]
  • 7 DJ 3eme type [2:08]
  • 8 Trou noir [3:24]
  • 9 3801 [3:39]
  • 10 Star Child [4:08]
  • 11 No-Futur [4:45]
  • 12 Post Biologik [3:48]
  • 13 Plein d'étoiles [3:38]
  • 14 Anti-matière [4:04]
  • 15 Planète [3:38]
  • 16 Au commencement [4:26]

extraits vidéo

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line up

James Delleck (MC, production 3, 6), Detect (scratches 4, 6, 13, 15, 16), Le Jouage (MC, production 3, 6)

Musiciens additionnels : Fuzati (MC 11), Peterson (production 2), Buck 65 (MC 8), Hi-Tekk (MC 8), DJ Fab (scratches 8), Larseine (production 9, 13), Mab (MC 10), Orgasmic (scratches 11), Kalypso (MC 14), KLK (MC 14), Data Error (MC 14), Spring Booba Diop (MC 14)

chronique

Styles
hip-hop
electro
Styles personnels
abstract hip-hop spatial

La vie sur Mars. Comme dans Total Recall. Allez s’encanailler dans les strip-clubs de Venusville. Faire de la gym avec Sharon Stone au son de « Mutant Dancing », le morceau eighties-as-fuck de Bruno Louchouarn qui agitait les triple boobs des filles de là-haut. Qui n’en a pas un peu rêvé ? Quelques années plus tard, la bande-son aurait été hip-hop. Pour la réaliser, vu de l’Hexagone, l’autre pays du rap, qui mieux que le producteur vidéo-gamer de Vitry-sur-Seine James Delleck accompagné de l’alien du rap alternatif, Le Jouage, officiant alors comme prod et MC dans le duo Hustla ? Des mecs sans complexe aucun vis-à-vis du classicisme hip-hop, des expérimentateurs tâtant le terrain depuis quelques années déjà d’un rap dit « alternatif », vu de l’autre côté de la bulle. Des bulles, y en a chez Gravité Zéro, des bulles d’oxygènes, des bulles géantes sous lesquelles respirent des cités entières bâties dans d’autres systèmes, des bulles de comics spaciaux-opératiques. Pas de Laureline, mais deux valeureux Valérians bien décider à envoyer le rap français non pas en orbite, mais dans l’hyper-espace. Les références aux grandes oeuvres de la science-fiction pleuvent comme des météores, le son est futuriste, cosmique, les instrus, en majorité calculées par l’ingénieur Delleck, trouvent l’espace pour développer une sorte de boom bap astral. Ce bon vieux James étant plus aimable à petite dose en tant que MC, la division des tâches avec cet insaisissable Jouagie, au flot irrégulier en apesanteur, vers libres et diction aux trajectoires indécidables, en fait un des albums estampillé Juju les plus digestibles. D’autant que le concept assure la cohérence, bien que les atmosphères varient considérablement selon les planètes approchées, ici cadavre-exquis épique surréaliste sur « Hal 9000 », là groove pour dance-floor de space-cowboys sur « Galactica », encore l’exégèse apocalyptique de « Progeria Solaire » et son sample de clavecin, les flows des deux MC flottant au-dessus d’un monde en fin de vie comme dans le générique de « Il était une fois l’homme ». Des transferts instrumentaux à travers les galaxies, transitions le temps de s’en griller en voyant les étoiles devenir lignes à travers les grands hublots. Un hip-hop conceptuel qui garde bien les pieds sur terre, humour parfois potache ou lourdingue qui jamais ne plombe vraiment trop l’ambiance, sauf sur quelques refrains bien de chez Delleck-le-relou (sans même parler du funk lounge insipide de « Star Child »). Hip-hop bien sûr les featurings, même dans l’espace on croise souvent Hi-Tekk, le MC stentor de La Caution, ou Buck 65, figure de l’abstract du début des années 2000, venant poser sur la scène du Trou Noir. Pas franchement nécessaire tellement les deux compères, souvent soutenus par Mr. Stcratch lui-même, Detect du Klub des Loosers, tiennent mieux le micro et le scénar sans besoin de rôles secondaires, comme sur le fascinant « 3801 », irradié de nappes menaçantes et beats claudiquants. Reste que l’apparition de Fuzati reste le moment le plus mémorable, le misanthrope masqué téléporté dans un « No-Futur » digne de Orwell, récit d’une vie futuriste qui ressemble terriblement à la nôtre, à cette atroce banalité solitaire décrite avec une froideur technocratique à laquelle s’accommode particulièrement le flot désabusé du Loooooser de l’Espaaaaaaaace, sur une magnifique production mélancolique bien Blade Runner. Des influences drum & bass, la voix prisonnière de Teki Latex qui surgit au détour d’un sample, de l’électro-glitchée, le boulot sonore de Delleck brille ici de mille feux, cadré dans son concept exoplanétaire. Un album bien à part dans la galaxie du rap étrange de ces années-là, celles où quelques MC et producteurs partaient encore en expédition dans l’inconnu.

note       Publiée le lundi 25 septembre 2017

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