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Forrest Fang › Following the Ether Sun

  • 2017 - Projekt, Projekt Records | PRO337 (1 cd digipack)

cd | 8 titres | 72:54 min

  • 1 On the Edge of a Moment [ 7:38]
  • 2 Midnight Rain [ 7:58]
  • 3 Chiaroscuro [ 7:36]
  • 4 The Last Technicolor Dream [ 10:23]
  • 5 Hinterlands [ 5:12]
  • 6 Receding Pool [ 5:11]
  • 7 A River in Retrograde [ 11:37]
  • 8 Left of the Sky [ 17:11]

line up

Forrest Fang (Synthétiseur, claviers, violon, Marxolin, guitare et mandoline électrique, lavta, saron, càntaro, effets et Virtual ANS)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien Bandcamp suivant: https://projektrecords.bandcamp.com/album/following-the-ether-sun

chronique

N’entre pas dans l’univers de Forrest Fang qui veut! Un peu de curiosité et de ténacité sont nécessaires afin de découvrir quelques belles perles cachées derrière une muraille de panoramas et de décorations d’ambiances brumeuses qui enveloppent une approche tribale des plus syncrétique. Après une incursion dans les mythiques profondeurs des océans avec The Sleepwalker's Ocean, le sculpteur d’ambiances sino-américain propose cette fois-ci un lourd voyage dans l’ADN morphique du Soleil en “Following the Ether Sun”. Enveloppé dans une pochette en format digipack, et dont la très belle illustration dépeint à merveille la folie, de même que la complexité des textures d’ambiances de l’album, “Following the Ether Sun” est aussi poétique que son inspiration, soit une citation de Sir Francis Bacon; In order for the light to shine so brightly, the darkness must be present… Moulé dans un lourd velum de brume anesthésiante, "On the Edge of a Moment" peine à faire entendre ses tambours et percussions du monde qui dansent dans des lignes parfumées d’une saveur de trompette, et/ou saxophone tellement les complaintes s’allongent. Le duel entre les percussions et les intenses strates ésotériques oblige l’auditeur à ouvrir les oreilles tant la masse de son devient impressionnante. Par moments on dirait Mark Isham égaré dans une jungle luciférienne où il rencontre Steve Roach dans une finale aussi sombre que sa série Immersion. L’impact dans une salle de musique est assez intense et addictif. La trame d’ambiances sombres reste omniprésente tout autour de “Following the Ether Sun” et il faut plonger afin d’y entendre de beaux moments qui resplendissent comme ces délicats carillons et cette mélodie secrète qui coule au travers les ambiguïtés méditatives de "Midnight Rain" où cliquètent des percussions aborigènes. "Chiaroscuro", tout comme "Receding Pool" et "Left of the Sky", sont des passages de délicatesse ambiosphériques qui cachent de tendres passages de mélodies fragmentées et aussi secrètes que dans "Midnight Rain". J’aime bien "Chiaroscuro" qui me rapproche plus de l’univers soporifique de Steve Roach. Après cette délicatesse tissée dans les mailles atmosphériques de "Chiaroscuro", "The Last Technicolor Dream" s’éveille dans un lit d’effets pour proposer une structure de rythme ambiant plutôt suggestif avec une belle et vicieuse ligne de basse dont les roulements gras ondulent sous une nuée de percussions et de cliquetis aborigènes. Les vents, et leurs voix absentes, encerclent cette fascinante danse qui plonge dans une courte phase d’absentéisme avant de renaître avec tous ses charmes. Un très beau titre perdu dans un univers qui saura charmer les oreilles hasardeuses et insistantes. "Hinterlands" est un peu dans le même genre, mais avec plus de luminosité et de parfums asiatiques dans le mouvement, notamment avec la Kushtar, la harpe Japonaise et les violons chinois. L’introduction de "A River in Retrograde" épouse la lenteur de "Receding Pool" mais avec plus de luminosité dans les ambiances. Un rythme ambiant aussi intense mais moins festif que "The Last Technicolor Dream" infiltre nos oreilles après la porte des 3 minutes. Tribales et exotiques, les percussions sont le lit de charmes de ce titre où rayonnent des lignes de synthé qui flottent comme des nuages multicolores. "Left of the Sky" conclût ce dernier épisode musical de Forrest Fang avec une symphonie de brises et de vents creux dont les lentes harmonies convergent vers une intense phase méditative. Une musique de documentaire sur la sécheresse des océans ne serait pas plus appropriée qu’ici où se perdent des fragments de percussions sur un univers aride. Les oreilles curieuses seront comblées par cette diversité sonique, la liste des instruments utilisés par Forrest Fang est aussi impressionnante que le résultat en musique, de “Following the Ether Sun”. Influencé par les ambiances et les rythmes tranquilles de Steve Roach et Robert Rich, Forrest Fang pousse sa réflexion encore plus loin en proposant de fascinantes mélodies secrètes et des rythmes de feux qui forgent l’envers de ce décor sonique absolument féérique de “Following the Ether Sun”. De loin l’album par lequel il faut attaquer pour se laisser charmer par l’univers unique de Forrest Fang. Encore là, un peu de curiosité et d’ouverture sont nécessaire mais la musique est plus facilitante à sa découverte.

note       Publiée le dimanche 19 mars 2017

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