Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesBBruckner & Brussel › Triplet

Bruckner & Brussel › Triplet

cd | 4 titres | 76:32 min

  • 1 The Trip [ 18:05]
  • 2 Trilogy [ 16:30]
  • 3 Doublette [ 22:38]
  • 4 (Three) To the Flame of Life [ 19:15]

enregistrement

Composé par Michael Brückner et Tommy Betzler dans le cadre du E-Live festival à Oirschot, au Pays-Bas en Octobre 2016

line up

Michael Brückner (Claviers, synthés, effets électroniques et programmation) Tommy Betzler (Batterie électronique, gongs et percussions)

Musiciens additionnels : Sammy David (Guitare sur 1, 2 et 4 et sur les scènes vidéos du DVD) Fryderyk Jona (Moog Voyager sur 1 et 2, claviers et séquences sur 4)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album en visitant le lien Bandcamp suivant: http://www.groove.nl/cd/g/gr-232.html

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
rock cosmique

La 1ière chose qui frappe l’oreille est l’ambiance très étouffée qui entoure “Triplet”. Un peu comme si la gang à Michael Brückner et Tommy Betzler était dans la pièce d’à côté! Pour le reste, cette dernière folie sonique de Brückner et Betzler nous amène aux mêmes frontières hallucinogènes que Two, réalisé quelques 12 mois plus tôt. C’est dans le cadre du spectacle offert au E-Live festival à Oirschot, au Pays-Bas en Octobre 2016, que les racines de “Triplet” ont commencé à germer. Soit quelques semaines auparavant alors que le duo, qui devient finalement un groupe de 4 musiciens avec les additions de Sammy David, qui est nettement plus présent ici, et de Fryderyk Jona, superbe sur le Moog Voyager, élaborait de longues textures soniques sur la base de l’improvisation pour ce concert. Les premières secondes de "The Trip" sont inondées par une avalanche de lignes de synthés qui tournicotent comme des longues trainées de bulles bourdonnantes. Un effet dramatique tombe. Il est suivit d’un piano à la fois incisif et pensif ainsi que des roulements de percussions éparpillées avec un décalage bien structuré entre les roulades. Avec cette introduction d’ambiances et de tonalités très bigarrées, "The Trip" nous ramène vers ces douces périodes de folie où le LSD coulait dans les veines à la belle époque des années 70. Et ce voyage planant prend encore plus d’assurance avec des nappes de voix, une flûte mellotronnée et des riffs de guitares perdus dans ce décor hallucinogène. Peu à peu, "The Trip" prend forme avec des parfums soniques qui chatouillent nos souvenirs. Des souvenirs de Tangerine Dream des années Pink et puis les années Blackout et Correlations d’Ashra, lorsque le titre sort de son cocon d’ambiances autour des 8 minutes et demi avec un mouvement du séquenceur qui libère des boucles de rythmes fluides. Des boucles de rythmes qui roulent en boucle et instaurent une cadence soutenue où se déchainent des percussions et des solos de guitare qui courtisent ceux du Moog de Fryderyk Jona. D’ambiant à lourdement séquencé, "The Trip" enclenche en 3ième vitesse dans un furieux rock progressif électronique où la cacophonie n’aura jamais été aussi délicieuse. Après une introduction moulée sur le même thème que "The Trip","Trilogy" reste dans la même assiette avec un bon rock électronique progressif et cosmique qui met en évidence la très agressive guitare de Sammy David. Ses solos sont furieux et ses doigts semblent aussi agiles qu’une nuée de papillons de nuit sur une structure qui flirte avec du gros rock, les percussions sont très bonnes, et des courtes phases d’ambiances, les effets de synthé et ces nappes qui virevoltent toujours en fond de décor sont juste à point. Furieux, intense et très bon, les murs gondolent et les oreilles saignent, c’est le genre de titre qui fait écarquiller les oreilles tellement l’enveloppe sonore est riche et versicolore! "Doublette" est le seul titre à être performé par le duo Brückner et Betzler. Le duo explore les confins de la MÉ avec une première phase d’ambiances où des nappes de synthé virevoltent avec un effet de staccato entre les mailles du vide, alors qu’un synthé fait dérailler ses complaintes qui atteignent les turbulences d’un séquenceur dont les accords oscillants dansent avec les limpides touches acrobatiques des percussions électroniques. Peu à peu, le bazar rythmique s’installe dans le couvent de "Doublette". La batterie de Tommy Betzler ordonne à un rythme soutenu de soutenir les évasifs mouvements du séquenceur et les solos de synthé que Michael Brückner lance avec une étonnante fluidité dans les couleurs et les torsades. L’improvisation se fait nettement plus sentir à mesure que les secondes courent au compteur avec une bagarre entre percussions et effets de synthétiseurs qui entraînent "Doublette" dans un genre de Jazz sans frontières. Bien appuyés sur ces 23 minutes, Brückner et Betzler maintiennent une bonne cadence. Même dans des phases plus ambiantes ou plus tranquilles qui leur donnent le souffle nécessaire pour faire lever les rythmes bien acides de "Doublette". "(Three) To the Flame of Life" explose entre nos oreilles, suite à la finale assez silencieuse de "Doublette", avec des fracas. Des vagues de cymbales roulent sur de superbes solos de Fryderyk Jona et les rauques respires du synthé de Michael Brückner. Une ligne de basse mastique sa respiration alors que toujours chantent ces magistrales solos qui nous ramènent à l’essence même de la MÉ. Intense et poignant dans son suaire sonique qui flotte comme les étranges parfums des années 70, "(Three) To the Flame of Life" emprunte un sentier plus animé avant la porte des 4 minutes avec un beau mouvement du séquenceur qui structure ses ions dans un bon zigzag et dont les larges boucles qui forment un huit sont traversées par un autre mouvement de séquences. Nous sommes dans la phase la plus électronique de “Triplet” avec des séquences qui sont le berceau d’un rythme cosmique sautillant nappé d’oniriques effets du cosmos et des chants de synthé qui roucoulent comme ceux des baleines dans le lit des océans. Le rythme est soutenu et un synthé se détache de cet environnement océano-cosmique afin de lancer des effets de pépiements robotiques. Et c’est quelques secondes plus loin que Tommy Betzler assomme le rythme avec une fureur soutenue. Sammy David suivra après avec de très bons solos guidés par des doigts agiles qui aiment dessiner de larges boucles aux couleurs criardes. Le titre se repait dans la tranquillité astrale telle qu’imagée par Fryderyk Jona avant de rebondir dans une autre envolée rythmique lourde et tournoyante ornée d’autres trésors sous formes de solos toujours aussi riches et fluides. Des solos qui sont au cœur des charmes de ce 2ième rendez-vous avec Brückner et Betzler. Maintenant, “Triplet” vient avec un petit cadeau. Un DVD-R en édition limitée qui présente quelques entrevues, en Anglais et en Allemand de Michael Brückner, Tommy Betzler et Sammy David dans le cadre du concert d’Oirschot. On peut y visionner aussi les répétions de ce concert avec le concept visuel qui est signé par Edward Rink et Jeroen Bouma ainsi qu’écouter des fichiers MP3. Bref un petit cadeau qui est agréable à regarder sur un portable de préférence car la navigation sur un lecteur DVD peut s’avérer compliqué avec les formats proposés.

note       Publiée le dimanche 12 mars 2017

partagez 'Triplet' sur les réseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Triplet"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Triplet".

ajoutez une note sur : "Triplet"

Note moyenne :        1 vote

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Triplet".

ajoutez un commentaire sur : "Triplet"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Triplet".