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James Delleck › Acouphène

cd • 11 titres • 40:40 min

  • 1Intro1:23
  • 2Mais c'est qui ?3:12
  • 3C'est "In"3:08
  • 4Hutch 704:38
  • 5Radio Libre2:44
  • 6C'est "In" (Hip-Hop Version)8:23
  • 7La bulle2:47
  • 8Antechrist3:39
  • 9Aère4:03
  • 10Le sourire2:52
  • 11Outrolynchien3:51

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line up

James Delleck (MC, production)

Musiciens additionnels : Le Jouage (MC 5)

remarques

chronique

Styles
hip-hop
electro
Styles personnels
abstract hip-hop un peu chelou

A la question posée par l’intéressé lui-même « C’est qui James Delleck ? », on répondra « le mec qui s’incruste chez tous les groupes de la scène rap chelou du début des années deux-mille ». Sérieusement, à l’époque tu retournais un caillou, y avait James Delleck dessous. Pedigree banlieue parisienne du Sud-Est, Vitry, blancos aux cheveux hirsutes, allure lunaire genre Pierre Richard beau gosse, Delleck fait partie de la base. Présence détectée systématiquement auprès de tous les groupes de l’époque : TTC, Hustla, L’armée des 12, L'atelier, Klub des loosers, Gravité Zéro, Le klub des 7. Delleck, Zelig à poils longs du rap alternatif français. Avec ses prods qui fleurent bon les vieilles consoles de jeu, les floppy discs des Personnal Computer, les VHS de space-opéra et de thrillers horrifiques. De l’électro dans la sauce hip-hop, comme ses camarades de jeu de La Caution, mais plus perché du côté rêveur l’oeil dans le télescope, un grand gamin frondeur au flow haché mais précis, appuyant bien chaque syllabes parce qu’il compte se faire comprendre. Un rien middle-class quoi, quitte à se faire taxer de rappeur blanc, le péché absolu en terme de street-cred dans le game. Pas si gentil, une tête de con en fait qui se tape un petit délire electro-funk anti-branchouille sur « C’est "In" », assez bien branlé si ce n’était qu’on se le mange en trois versions différentes, dont une smooth à enfiler dans une playlist de lounge-bar et qui contredit du coup un peu son contenu (je juge pas, moi aussi j'aime bien les cocktails à douze euros parfois). A vrai dire, Delleck c’est le client parfait pour du featuring, sa technique d’écriture, qui réserve son lot de bonnes punchlines par ailleurs (on ne se lassera jamais de se foutre de la gueule de Faudel), ressort un peu trop si on se l’enquille toute la soirée. C’est comme les mecs qui racontent toujours le même genre de vannes. Aussi, le gonze n’est pas si bizarre que ça. Son « Antechrist » fait un peu pitance, un gars qui aurait trippé sur « Le silence des agneaux » mais qui serait incapable de raconter une histoire qui fait vraiment peur. Tout le monde ne s’appelle pas Pierre Bellemare. La référence hyper littérale sur « Outrolynchien » tombe à côté, la ritournelle enfantine étant un gimmick suremployé à mort, sans le moindre rapport avec l’univers de Lynch au passage (chez Lynch y a pas de gosse ou alors ils ont pas dépassé le stade de foetus dégueulasse). Quant à son histoire de vieux qui s’éteint sur fond de piano genre Arvo Pärt pour les nuls, surprise de la première écoute mise à part et rétrospectivement, ça fait pas plus le boulot que ce poète d’école primaire de Grand Corps Malade. En fait Delleck on l’aime bien pour des instrus électro efficaces ou ambient cottoneuses, ou quand il invite Deufré le Jouage, nonchalant et faussement bancal MC de Hustla qui pour le coup ramène une véritable étrangeté avec son flow entortillé. D’autant que la prod de « Radio Libre », à la fois spatiale, rugueuse et louvoyante, n’est pas loin d’être la meilleure de l’album avec celle de « Aère » qui porte bien son nom, même pas gâchée par une deuxième sortie r’n’b vocodo-moche au refrain, beatmaking aryhtmique et textures troposphériques. Alors, c’est qui James Delleck ? Ben c’est le mec qui ramène sa fraise un peu tout le temps chez les potes et que c’est toujours sympa de le voir, mais avec qui t’as pas trop envie de passer une soirée tout seul.

note       Publiée le lundi 13 mars 2017

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