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Selda › Türkülerimiz-1

cd | 17 titres | 50:10 min

  • 1 Kâtip Arzuhâlim Yaz Yâre Böyle [adaptation de Pir Sultan Abdal] [2:57]
  • 2 Adaletin Bu Mu Dünya [reprise de Ali Ercan] [3:07]
  • 3 Çemberimde Gül Oya [2:33]
  • 4 Selda & Moğollar - Yalan Dünya [2:28]
  • 5 Selda & Moğollar - Kalenin Dibinde Taş Ben Olaydım [reprise de Abdülvahit Küzecioğlu] [3:10]
  • 6 Tatlı Dillim [reprise de Neşet Ertaş] [2:03]
  • 7 Mapushanelere Güneş Doğmuyor [reprise de Neşet Ertaş] [2:43]
  • 8 Mapushane İçinde Mermerden Direk [3:00]
  • 9 Dane Dane Benleri [reprise de Neşet Ertaş] [3:20]
  • 10 Gesi Bağları [reprise de Ahmet Gazi Ayhan] [3:32]
  • 11 Altın Kafes [adaptation de Karacaoğlan] [2:15]
  • 12 Bülbül [2:27]
  • 13 Bölemedim Felek İle Kozumu [3:48]
  • 14 Eyvah Gönül Sana Eyvah [2:27]
  • 15 Selda & Kardaşlar - Anayasso [3:05]
  • 16 Nem Kaldı [reprise de Aşık Mahzuni Şerif] [3:50]
  • 17 O Günler [reprise de "Camino" de Lili İvanova] [3:25]

extraits vidéo

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line up

Selda (chant, guitare, bağlama)Cahit Berkay (saz 4, 5), Ayzer Danga (batterie 4, 5), Mehmet Gözüpek (batterie 16), Seyhan Karabay (basse 15), Murat Ses (claviers 4, 5), Hüseyin Sultanoğlu (batterie 15), Özkan Uğur (basse 16), Fehiman Uğurdemir (guitares, saz, claviers 15, 16), Taner öngür (basse 4, 5), Attila Özdemiroğlu (arrangements 11, vibraphone, violon, flute, trombone 10, 11), Şanar Yurdatapan (arrangements 10, basse 10, 11), Cezmi Başeğmez (percussions 10, 11), Hurşid Yenigün (guitare 10, 11), Metin çotal (piano, orgue, trombone 10, 11)

Musiciens additionnels : Kardaşlar, Moğollar, Dadaşlar, Dün Bugün Yarın

remarques

L'erreur sur la pochette arrière qui indique que les titres 15 & 16 ont été enregistrés avec Moğollar a été reprise à peu près partout. Ne vous y fiez pas. Les vrais savent.

chronique

Styles
folk
rock
pop
psychédélique
world music
Styles personnels
folk turc moderne

En terme de rapport qualitatif inversement proportionnel entre la pochette et le contenu, on tient l’album gagnant. En plus y a marqué en gros Moğollar dessus alors qu’ils n’apparaissent que sur les deux titres du seul 45t que Selda a enregistré avec eux (et non pas sur quatre comme indiqué à l’arrière du CD). Parce que voilà, cette compilation, la première d’une série appelée « Nos chansons folk", regroupe très justement la plupart des singles sortis entre 1971 et 1974 par Selda Bağcan, la plus importante chanteuse folk de la musique turque contemporaine. Malgré la pochette vraiment paintmoche, un recueil donc indispensable. Selda, c’était avant tout une voix entendue au Beethoven Club à Ankara au tout début des années soixante-dix, une voix accompagnée d’une simple guitare sèche et pas forcément du bağlama des troubadours, les aşık dont les chansons constituaient une bonne partie de son répertoire, en plus de compositions personnelles. Quelle voix ! La voix de jeunesse. Claire comme du cristal, puissante comme la force de résistance qui se dresse dans le pays contre les forces d’oppressions. Sur ses premiers enregistrements, part belle est faite aux titres du grand Neşet Ertaş, sa version simple et dépouillée de « Tatlı Dillim » inspirera probablement Cem Karaca. Sur « Dane Dane Benleri », quelques percussions et un solo de kanun, la magique cithare byzantine, en guise d’accompagnement relevant la sauce de la douce complainte. C’est l’interprétation à la fois habitée et sans affèterie de Selda qui prend toujours les devants sur ces premiers singles, d’une classe absolue, une force tranquille et assurée qui fait sienne aussi bien le folk de Ali Ercan que la poésie déjà rebelle au 16eme siècle de Pir Sultan Abdal pour un « Kâtip Arzuhâlim Yaz Yâre Böyle » qui colle des frissons, au-delà du sens des mots. Tout aussi saisissante, quasiment a cappela, la guitare juste effleurée comme un léger ruisseau sous la voix vibrante d’échos pour la déchirante complainte de prison « Mapushanelere Güneş Doğmuyor », alors qu’au même moment, les révolutionnaires gauchistes de l’Armée de libération du peuple de Turquie attendaient leur execution. Très liée idéologiquement à cette mouvance contestataire, on inventera même à Selda une romance avec leur leader Deniz Gezmiş. L’aura de Selda, qui lui fera du tort auprès des autorités de plus en plus oppressives au fil des années, ne cesse de grandir alors que son chemin croise les plus grandes formations de l’anatolian pop. En 1972, c’est avec Moğollar qu’elle enregistre deux morceaux de folk-rock enlevés conférant pour la première fois à sa musique des touches psychédéliques avec l’orgue de Murat Ses ainsi qu’une base rythmique plus riche. C’est ensuite avec Kardaşlar, l’ex-groupe de Cem Karaca, qu’elle se frotte pour ainsi dire à l’électricité pour un morceau politique intitulé « Constitution », smooth et épineux à la fois, avec de surprenants choeurs masculins. La même année, elle tente des chansons plus orchestrée avec le soutien de Dün Bugün Yarın, duo de producteurs travaillant avec le meilleur de la pop turque de l’époque, une adaptation assez baroque de Karacaoğlan, avec surtout en face B le merveilleux « Gesi Bağları » et sa flute enchanteresse, à la mélancolie doucereuse comme un parfum tragique. Une perle orchestrale qui démontrait une nouvelle fois que la voix de Selda pouvait se prêter à toute sorte d’habillage et de répertoire, se permettant également de reprendre, en version traduite, « Camino », chanson traditionnelle mexicaine qui avait fait son chemin jusqu’aux postes-radios d’Istanbul via la bulgare Lili İvanova, guitare et cordes hispaniques en diable, interprétation hallucinante de sensualité. Cette richesse dans les sources d’inspiration et cette capacité de chant hors du commun, les mélismes à peine croyables de « Bülbül », vont concourir, quelques années plus tard, à la sortie d’un vrai premier 33t avec bon nombre des collaborateurs de ces premiers singles et comme backing-band principal les immenses Dadaşlar avec lesquels elle signe déjà la reprise de Aşık Mahzuni Şerif la plus dingue qui soit, une version quasi-funk de « Nem Kaldı » où une guitare acide croise le fer avec un majestueux bağlama, un single d’anthologie qui pointe clairement la direction de ce qui sera sans doute le meilleur album de toute la scène anatolian pop. Mais déjà, regroupées dans cette compilation à l’esthétique douteuse, les premières années de Selda ne sont rien d’autres sinon absolument brillantes

note       Publiée le dimanche 16 avril 2017

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