Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesSAlfred Schnittke (1934-1998) › Symphony No. 1

Alfred Schnittke (1934-1998) › Symphony No. 1

cd | 1 titre | 64:55 min

  • 1 Symphony No. 1 [64:55]

enregistrement

Enregistré en 1987.

line up

Alfred Schnittke (1934-1998) (composition), The USSR Ministry of Culture Symphony Orchestra (orchestre), Gennadi Rozhdestvensky (direction)

chronique

Styles
moderne
Styles personnels
polystylisme orchestral

Les études initiales de Schnittke dans un établissement privé viennois forgent chez le compositeur russe une expérience déterminante aux conséquences décisives sur son œuvre. En effet, la seconde moitié des années quarante constitue une période de formation fondamentale : la tradition culturelle austro-allemande influencera l’ensemble de sa carrière, dans l’approche de la forme et le goût du vocabulaire musical qu’il développera à sa manière. Le surgissement du polystylisme n’y est pas étranger – dans ses œuvres orchestrales, Schnittke aborde l’idéal symphonique mahlérien visant à embrasser le monde. Tout comme dans la Symphonie No. 3 (1980), cette "première" symphonie se construit sur un large éventail de matériaux. Repoussant les limites de la sérénade contemporaine, elle illustre un véritable tournant dans l’écriture de son auteur : l’abandon de la forme sérielle et l’adoption totale de cette "tendance polystylique" qu’il définit clairement dès 1971. Seulement, chez lui, cette propension se fait plus tranchée que chez Ives ou Berg. Schnittke n’hésite pas à faire entrer en conflit des paraphrases musicales nettes, opte pour la brutale interpénétration de mélodies signées Strauss, Beethoven, Chopin ou encore Tchaïkovski. Un carillon de grande messe symphonique, des propos amusants, des instants de peur panique. Mutations vives et saisissantes dans lesquelles le jazz s’invite en cadence par le biais du violon et du piano, non sans théâtralité. Car les musiciens entrent sur scène progressivement, improvisent à l’italienne. Jeu de pistes, brouillon magique nécessitant l’intervention de Rozhdestvensky. Un ultimatum est adressé, respecté dans un premier temps : il ne laisse alors qu’un Paul Mägi vibrant d’Adieux comme chez Haydn. Par réflexe pavlovien, les acteurs cherchent à réintégrer l’œuvre et poursuivre le chantier – avant l’ultime sommation de l’homme à la baguette qui leur cloue le bec une bonne fois pour toutes. Balade déconstructiviste, hommage allégorique tout en collages de partitions... L’atonalité en contrepoint (en particulier le jeu de piano) ajoute au tragicomique de ce manifeste gravé pour la première fois avec l'Orchestre symphonique d'État de l'URSS.

note       Publiée le dimanche 5 mars 2017

partagez 'Symphony No. 1' sur les rseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Symphony No. 1"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Symphony No. 1".

ajoutez une note sur : "Symphony No. 1"

Note moyenne :        1 vote

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Symphony No. 1".

ajoutez un commentaire sur : "Symphony No. 1"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Symphony No. 1".