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Summoning › Minas morgul

11 titres - 67:49 min

  • 1/ Soul Wandering
  • 2/ Lugburz
  • 3/ The passing of the grey company
  • 4/ Morthond
  • 5/ Marching homewards
  • 6/ Orthanc
  • 7/ Ungolianth
  • 8/ Dagor Bragollach
  • 9/ Through the forest of dol guldur
  • 10/ The legend of the master ring
  • 11/ Dor daedeloth

enregistrement

Produit et mixé par georg Hrauda et Summoning au studio Hörnix.

line up

Protector (at) (vocaux, guitares, claviers), Silenius (basse, claviers, voix)

remarques

chronique

Styles
metal extrême
Styles personnels
black metal atmosphérique

A quoi tient donc la puissance onirique et occulte incontestable de ce disque… pourtant si cru, simple, cheap dans sa boîte à rythme programmée en poum-tchack doomesque de base, sons 80’s et breaks idiots ? De «Lugburz» à «Dor daeoloth», la lourdeur des riffs en double croche aux mélodies hautement noires et maléfiques, la lenteur désespérante de la batterie… la naïveté des claviers aux sons tour à tour magiques et pitoyables… et qui trouvent leur accomplissement dans le magnifique «The legend of the master… », master-piece du recueil et qui annonce la tournure plus sophistiquée à venir chez Summoning. Piano mélancolique en pluie, guitares mélodiques et rythmes à la croisée des percussions. Voici un album que l’on pourrait qualifier de true black atmosphérique… tout fonctionne par l’évidence et la simplicité, les riffs nous emportent et nous attristent, la noirceur vient en déluge, la voix est d’outre-tombe, et le duo sait ce qu’est une structure de pure progression (through the forest…), ou linéarité pesante (lugburz). L’inspiration mélodique constante passe par les guitares claires qui se présentent à l’occasion, les saillies lead de claviers, et les instrumentaux d’inspiration purement médiévale qui ponctuent l’album : «Orthanc», moment oriental et hautement rythmique, nocturne à souhait. «Ungolianth» ou la grandiloquence magnifique et pathétique, malgré, encore une fois, la pauvreté «technique» des moyens… piano, cloche, caisse claire en roulement martial, claviers aériens aux harmonies épiques. La complainte simpliste et heavy «Morthond», toute de tristesse et de naïveté rythmique, mais où la voix hurle sans appel, et où ce son si particulier qu’ont les guitares de cet album décidément étonnant, un son de saleté, de sorcellerie, de désespoir… créent l’ambiance et l’inquiétude, relancées à la lueur de breaks atmosphériques aux claviers. On n’atteint pas la maturité technique ou sonore de la suite des aventures en les terres du milieu du duo Summoning. Pourtant, je trouve à ce disque un charme dur à décrire, puissamment et merveilleusement mélancolique, et qui me le rend particulièrement précieux. C’est entre la profonde tristesse des thèmes (Lugburz, Marching homewards), la noirceur crue des guitares, la volonté récurrente de simplifier l’arrangement de boîte à rythme au maximum, ces moments de piano seul et pluvieux, étoilés… dans ce mélange de qualité et de pauvreté du choix des sons de synthés… à l’arrivée, ce disque rend une sorte d’hommage presque involontaire à la dureté des temps imaginaires et médiévaux qu’il veut décrire… sans technologie, sans électricité, des terres où n’existaient que les forces de la nuit et du rêve… un monde où la musique était sans doute faite de thèmes simples autour d’une table… un monde qui nous fascine aussi et surtout, parce qu’il est peuplé de démons. Un disque réellement envoûtant.

note       Publiée le dimanche 21 juillet 2002

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notes

Note moyenne        35 votes

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Demonaz Vikernes › vendredi 6 mars 2015 - 13:21  message privé !

Je l'apprécie autant que le premier celui là. Une ambiance et une façon de jouer vraiment originale.

Note donnée au disque :       
Reverend Wizard › mercredi 19 février 2014 - 21:54  message privé !

le grain de gratte est parfait, certains plans évoquent la soupe aux choux, le top du Summoning (avec dol guldur)

TWB › lundi 25 octobre 2010 - 03:39  message privé !

Je reste ébahis devant la prouesse du groupe a rendre prenant un disque pourtant si cheap... Sans dec', on croirais les claviers sortis de vieux jeux vidéos genre Heroes Of Might and Magic 2 et 3... et pourtant ça donne trop bien.

Ghoulish Goblin › samedi 13 février 2010 - 06:00  message privé !

Je trouve cet album bon du point de vu musical, il me fait beaucoup penser a L'album In Memoriam Draconis Du groupe Belge: Avatar

par contre, je ne rencontre pas du tout le genre d'ambience que a laquelle je m'attendais par rapport a la ténébreuse Minas Morgul dans tolkien, c'est justement un lieu d'une noirceur étouffante a y laisser sa raison, et je trouve cette galette comme vous dite cousins francais un peu trop légere et fanfaronne pour le sujet. aussi je ne le comparerai meme pas a Lugburz (qui n'est pas sur ce site d'ailleurs???) qui le dépasse largement.

Note donnée au disque :       
Sigur_Langföl › mardi 31 juillet 2007 - 02:01  message privé !
Non de dieu, quelle chef d'oeuvre, paskeuh là, je vois difficilement quel autre qualificatif utilisé. Beaucoup plus fort et prenant quel leurs autres travaux (lugburz mis à part), ou du moins le seul que je peux écouté sans faire la grimace toutes les 30 secondes. Souvent récidiviste de délit de mauvais goût, Summoning n'en fait pas un seul sur cette galette. Une atmosphère envoutante qui vous emmène loin, loin... Le Berlin school BM en quelque sorte (si!).
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