Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesBThe Byrds › Turn! Turn! Turn!

The Byrds › Turn! Turn! Turn!

lp vinyle • 11 titres • 30:24 min

  • face a
  • 1Turn! Turn! Turn! (To Everything There Is A Season) reprise de Pete Seeger
  • 2It Won't Be Wrong
  • 3Set You Free This Time
  • 4Lay Down Your Weary Tune
  • 5He Was A Friend Of Mine Traditionnel avec nouvelles paroles et arr. de McGuinn
  • face b
  • 6The World Turns All Around Her
  • 7Satisfied Mind reprise de Porter Wagoner
  • 8If You're Gone
  • 9The Times They Are A-Changin' reprise de Bob Dylan
  • 10Wait And See
  • 11Oh! Susannah reprise d'une minstrel song de Stephen Foster (XIXeme)

extraits vidéo

  • Il y a des extraits vidéo pour ce disque. Vous devez être membre pour les télécharger : devenez membre.

enregistrement

Produit par Terry Melcher - Enregistré du 28 Juin au 1er Novembre 1965, Columbia Studios, Hollywood, CA

line up

Roger "Jim" McGuinn (guitare 12 cordes lead, guitare acoustique, chant lead), Gene Clark (guitare rythmique, harmonica, tambourin, chant lead), David Crosby (guitare rythmique, choeurs), Chris Hillman (basse électrique, choeurs sur Lay Down Your Weary Tune), Michael Clarke (batterie, tambourin)

Musiciens additionnels : Terry Melcher (orgue sur He Was a Friend of Mine)

remarques

chronique

Styles
folk
rock

L’album bleu des Byrds, c’est un peu le double effet kiss cool. La même fraîcheur, juste quelques mois après le premier. Des rickenbacker folk rock flapillonnantes, un triptyque de chanteurs séraphiques modulant des mélopées quasi-carolingiennes, et une ou deux chansons mémorables dans un ensemble homogène et qui ne troublera la digestion d’aucun père célestin. Qu’est-ce que Turn Turn Turn apporte par rapport au premier album ? Rien. Même la chanson-titre est une reprise de Pete Seeger comme l’était Bells of Rhymney, mais plus connue. Les deux découlent en fait de versions par Judy Collins en 63, alors arrangées par… Roger McGuinn. Alors bien sûr, le texte était déjà tiré des premières lignes des Ecclésiastes, ce qui permet de dresser un parallèle nécessaire avec nombre de chansons de l’album précédent, Mr Tambourine Man en tête : c’était déjà de la récitation de psaumes, du chant religieux. Que les paroles soient tirées de l’Ancien Testament ou d’un chanteur folk de gauche américain fait peu de différence quand on véhicule une telle force de conviction et d’envoûtement par le simple truchement d’harmonies vocales. Il est d’ailleurs intéressant de noter que fin 65, on n’est pas encore à « l’an 1 » de Rosemary’s Baby, et on peut encore considérer comme rois du cool un groupe qui chante la Bible. Ça ne durera pas, et dès la fin 1966 la mode sera de voir et de mettre du satan partout. Pour l’heure, c’est encore chacun chez soi : en Angleterre le mod règne suprême, aux USA folk-rock is the Word, et en France... Oula. Mais le futur va recracher tout ça, et les quelques siècles d’histoire qui ont précédé. Le tout à travers le prisme de la culture pop telle qu’inventée dans ces années 62-66. C’est dans leur futur que les Byrds sont glorieux, fidèles à ce modèle temporel où tout s’ouvre en corolle, en entonnoir inversé, à partir de là… N’en déplaise aux inconditionnels de Gene Clark, qui a commis la bourde de partir du groupe quelques mois trop tôt. Le LP est très court, mais parlons quand même de If You’re Gone, qui est l’OVNI discrètement posé au milieu, comme on pouvait alors parfois le voir dans ces années d’albums ingrats, pas encore concepts du tout mais plus tout à fait des compiles… L’œuvre est signée Gene Clark donc, compositeur principal des débuts et personnalité adulée des connaisseurs, chanteur magnétique instillant de la nuance dans ses paroles (et globalement, oscillant entre tristesse et joie sans véritablement choisir…). Et c’est un chant religieux qui gonfle, s’enfle, entre en résonance comme dans un espace inconnu. Ce drone de voix annonce celui, bien plus mortifère et moins fervent, de Space Odyssey, trois albums plus tard. Mais If You’re Gone est en soi une perle, illustration d’une longue épopée condensée en deux minutes, comme happé par l’immensité bleue de la pochette, celle du Pacifique… Le genre de titre qui rappelle qu’à ce stade les Beach Boys voisins en étaient encore à s’empiffrer de chupa chups en squattant la plage aux marmots. Les Byrds sont les premiers à écrire des paroles si « intelligentes » (à ne pas confondre avec « adultes » !!) dans la pop, créant le modèle des Love et Doors (même s’ils s’en écartent quasi-automatiquement, n’ayant pas le background pur folk). Sur cet album-ci, citons He was a friend of mine (dédiée à Kennedy, mais que les Ricains allaient pouvoir chanter encore 10 ou 15 fois dans les années à venir) Satisfied Mind... et la reprise de Dylan du lot, forcément. Celle The Times They Are A- Changin est absolument essentielle, presque aussi transcendante que l’était celle de Mr Tambourine Man (peut-être parce que les huit yeux des Beatles étaient braqués sur eux dans le studio ce jour-là ?)… Comme He Was A Friend, il aurait fallu continuer à reprendre cette chanson chaque année, en proposant une version psyché-bluesy en 66, une version baroque-psyché-loufdingue en 67, etc… En avril 1965, la photographie des temps est cette émission de variétés ricaine, où les « Oyseaux » sont invités à mimer un playback (en couleurs !) dans un décor de nain de jardins, au milieu de mannequins féminins déguisés en chasseurs, avec fusil, kaki et tout le toutim. Plus condescendant et vindicatif, tu meurs (comme Dennis Hopper). C’était une question de semaines avant que le vent ne… tourne. « For the loser today will be later to win »… Turn Turn Turn, un peu comme Help des Beatles, sert surtout à valoriser le saut de l’ange vers la terra incognita psychédélique de l’album suivant. Derek Taylor, que tout exégète des Fab Four connaît comme l’agent de presse des Beatles (et le mec-qui-était-là-partout fin 60’s), et qui est accessoirement le producteur du festoche de Monterey, se pâme d’enthousiasme dans les notes de pochette, comme les critiques jazzeux ricains de l’époque… Sauf son respect, il y a des moments où on s’ennuie un peu sur ce deuxième Byrds. « Oh ! Susannah », avec son riff carillonnant à qui mieux mieux (ok les gars on a compris que c’était des cloches, vos guitares !), fait un peu chanson de Noël. Normal, vous me direz, l’album est sorti en décembre 65 (peu après Rubber Soul). Dans tout ça, on peut bien passer sur le look « Jacquouille la Friperie » de David Crosby sur la pochette, et se rappeler que le comble du chic à L.A. fin 1965, c’était le style troubadour médiéval, bientôt suppléé par les Kaftans, perles indiennes et attirail hindou…

note       Publiée le samedi 25 février 2017

Dans le même esprit, dariev stands vous recommande...

  • The Beatles › Rubber soul
    The Beatles - Rubber soul
    Et les Beatles remportent haut la main ce Round 2, après avoir perdu le Round 1 contre Mr Homme Tambourin...

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "Turn! Turn! Turn!".

notes

Note moyenne        4 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Turn! Turn! Turn!".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Turn! Turn! Turn!".

mangetout › mardi 14 mars 2017 - 12:52  message privé !

J'adore le psychédélisme haut en couleur de l'album "The notorious Byrd brothers", genre de réponse de classe américaine à la psyché anglaise mais je connais très peu le reste, mis à part les tubes "Turn, turn, turn" et "Mr Tambourine man" dont les harmonies vocales annoncent la musique west-coast qui viendra après (la bande à Crosby, Grateful & Airplane).

Richard › dimanche 26 février 2017 - 12:15  message privé !

Merci pour cette chronique. Le jeu de McGuinn et l'entrelacement des voix ont toujours pour moi ce fort pouvoir d'attraction. Classique !

Note donnée au disque :       
sebcircus › dimanche 26 février 2017 - 12:04  message privé !

Bon album des Byrds, mais le meilleur restait à venir avec Fith dimention et surtout Younger than Yesterday.

Note donnée au disque :