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Cem Karaca & Moğollar › 2.2.1973 Ankara

cd | 7 titres | 27:15 min

  • 1 Sunum [00:35]
  • 2 İhtiyar Oldum [reprise de Aşık Mahzuni Şerif] [04:16]
  • 3 El Çek Tabip [poème de Erzurumlu Emrah] [01:32]
  • 4 Deniz Üstü Köpürür [04:06]
  • 5 Alageyik Destanı [10:53]
  • 6 Edalı Gelin [04:18]
  • 7 Obur Dünya [reprise de Muhlis Akarsu] [01:35]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré le 2 Février 1973 à Ankara par İzzet Öz

line up

Cahit Berkay (guitare, yayli tanbur, bağlama), Ayzer Danga (batterie), Cem Karaca (chant), Taner Öngür (basse)

remarques

Digibook super classe avec de belles photos d'époque et des illustrations par des graphistes de l'Anatolian Rock Revival Project (site Facebook et chaine Youtube mettant en avant les trésors de l'anatolian pop, illustrés par de jeunes dessinateurs contemporains).

chronique

Styles
rock
folk
psychédélique
world music
Styles personnels
folk-rock psyché

C’est en déambulant dans les rues d’Istanbul que, dans la vitrine d’un des magasins Mephisto, mon regard avait été attiré par la pochette colorée d’un élégant digibook affichant un programme des plus alléchants : Ankara, le 2 Février 1973, Cem Karaca & Moğollar. Quitte à sortir des archives inédites, autant le faire bien. Le temps de balayer un doute sur la nature de l’album en question, où il n’est pas question d’un live malgré l’affiche mais plutôt d’un ré-enregistrement en studio, en une heure chrono, du concert ayant eu lieu deux jours plus tôt, histoire d’immortaliser le moment vite fait bien fait sans se prendre la tête. Faut dire qu’il y avait de quoi immortaliser : Cem Karaca tourne alors avec son nouveau groupe, nul autre que les grands Moğollar dans leur dernière formule classique en trio basse/batterie/guitare (et autres instruments plus traditionnels). Une association de rêve alors que Cem venait de laisser son dernier groupe Kardaşlar au chanteur Ersen Dinleten qui venait lui d’enregistrer un single avec Moğollar, justement. Une opération d’échange de bons procédés qui va bénéficier aux deux, le plus charismatique des solistes de l’anatolian pop, le stentor communiste Karaca se retrouvant avec les grands réformateurs du genre à ses côtés. Ayant enregistré une poignée de singles regroupés sur plusieurs compilations, voilà enfin qu’on peut apprécier sur la longueur (toute relative, c’est l’unique défaut de la galette) la formation VIP par excellence de la scène turque des seventies. Ah, goûter à la voix chaude et virile-as-fuck de Karaca faire les présentations et discutailler avec son groupe avant chaque titre, comme on pouvait l’entendre quelques années plus tôt lorsqu’il produisait Bunalım, ça donne envie de se replonger dans sa méthode Assimil pour faire des exercices de compréhension orale. Même sans comprendre un traitre mot, ce qui est sans aucun doute dommage, Karaca résonne de puissance et de magnétisme. Le répertoire est connu des familiers des « albums » de Karaca, on y retrouve la formidable « İhtiyar Oldum » d’Aşık Mahzuni Şerif, Cahit Berkay remplaçant ici le bağlama de la version single par sa guitare électrique, donnant un rendu plus cru, plus sec, plus tendu aussi, laissant de l’espace à la basse ronde et agile de Taner Öngur; également la magnifique chanson traditionnelle de la région de Bodrum « Deniz Üstü Köpürür » introduite par un yaylı tanbur, délicieux luth joué à l’archet, mélancolique et planant, avant l’accélération inéluctable menant tout droit à un autre solo de guitare psyché. La grosse cerise sur le gâteau, c’est une très déliée version de « Alageyik Destanı », déjà enregistrée par Moğollar l’année précédente, « L’épopée du Cerf Rouge » trouvant cette fois un interprète d’exception en Cem Karaca, qui se lance entre deux passages instrumentaux dans une longue narration, dont, une fois encore, on aimerait profiter au-delà du pur plaisir sensuel d’écouter cette profonde voix de conteur, alors que les trois Mongols semblent improviser tels des Fairport Convention Turcs. Dix minutes de folk-rock libre où à la narration s’enchainent des parties vocales chantées, du genre qui vous collent des frissons, et un solo de yaylı tanbur sublime, sur une rythmique en suspens qui soudain reprend les rênes pour mieux guider le morceau à destination. Un seul morceau inédit, mais qui justifiait à lui seul l’exhumation de ces bandes par İzzet Öz, le DJ radio qui suivait alors le groupe dans sa tournée. Le reste demeure connu, même si seul une partie de « Edalı Gelin » est chantée par Karaca, laissant toute lattitude dans la seconde moitié du morceau à la section rythmique de se faire solistes, en transposition littérale de leur performance scénique. Le seul regret étant les versions racourcies des deux autres morceaux, notamment la conclusion sur « Obur Dünya », toujours tellement énorme que même cette portion congrue, interrompue par les derniers saluts de Cem à un public alors fantôme, reste d’une puissance évocatrice telle qu’elle pousse à lever des poings insurectionnels vers le ciel, façon Rage Against the Sultan. Ca devait bien y aller le 31 Janvier 1973 à Ankara. Faudra que ça y aille encore.

note       Publiée le samedi 25 février 2017

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