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Voivod › Nothingface

cd • 9 titres • 44:31 min

  • 1The Unknown Knows05:55
  • 2Nothingface04:14
  • 3Astronomy Domine05:30 [Reprise de Pink Floyd]
  • 4Missing Sequences05:50
  • 5X-Ray Mirror04:28
  • 6Inner Combustion03:48
  • 7Pre-Ignition05:12
  • 8Into My Hypercube05:04
  • 9Sub-Effect04:30

enregistrement

Produit, enregistré et mixé par Glen Robinson, assisté de Benoit Lavallée, au Victor Studio, Montréal, Canada. Mixé au Powerplay stduio à Long Island, avec l'assistance de Rob Sutton.

line up

Michel Langevin ([Away] batterie), Snake (voix), Piggy (guitare), Blacky (basse)

remarques

Sorti en cd, vinyle, cassette. Rééd. cassette en 1994 et cd en 2011 (Metal Mind). Concept et illustration par Away.

chronique

Styles
metal
metal extrême
rock
Styles personnels
trop tard pour un s.o.s.

Deuxième acte, à mes yeux, de la transformation d’un groupe de thrash "particulier" en groupe de Voivod. Tout commence dans le mystère, aussi impalpable que celui de ces illustrations de bouquins de SF incompréhensibles, et n’ayant souvent peu de choses à voir avec le contenu, un peu comme des hallucinations provoquées par de très mauvaises drogues. « Nothingface ». OK, ça ne va pas aller très bien pour le narrateur que Snake nous a maintenant habitué à incarner avec cette voix pincée, dont les intonations étaient déjà bien fantasques pour gonfler crescendo dans les plaintes et mastications mentales, mimant assez souvent la schizophrénie en phase zigoftpardzong orglub-BX-859. Parce que, effectivement, les mots commencent à manquer pour décrire cette chute dans un vortex de plus en plus dérangeant, bringuebalant, tout en restant très rock, mais qui fait des virages dans tous les sens, quitte à foutre un peu la gerbe à celui qui n’apprécie guère les aventures au Futuroscope. Alors, oui, on peut taxer Voivod d’un rétrofuturisme un peu Formica de l’espace de la salle d’arcade qui fait pouit pouit, mais moi, quand j’écoute Nothingface, ben je suis encore transporté dans des rêves qui ne veulent rien dire et qui troublent l’esprit comme une putain de purée de brocolis touillée par Olivier Roumat. Et surtout, encore, c’est grâce à la guitare de Piggy qui flotte, qui donne l’impression de parler toute seule, guitare robot quoi, la rythmique faisant en sorte que ces chansons soient difficilement sifflotées sous la douche... de toute façon, comment s’identifier à un truc qui s’appelle « visage rien » ? Et quand on regarde la pochette incompréhensible, ça n’avance pas mieux. Et quand on lit les paroles ? On avait encore dans la Dimension Hätross un peu de sens, un peu de SF qui se fait choper par les doigts de l’homme moderne, enfin, celui qui s’intéresse à ses perceptions plus ou moins co-construites et à ses contractions dites politiques ou techniques, mais là, euh... le hic, c’est que c'est hermétique, sorte de plongée interne dans un délire où tout se fond, tout dégringole, à l’image d’un Syd Barrett repris ici avec son tube qui sera joué par Voivod bien souvent en concert. Donc, enfin, une reprise de Pink Floyd... ! Et vraiment mise en valeur dans l’album, pas au fond à gauche, en bonus caché chépaquoi, non, c’est la troisième piste... donc oui, si vous avez bien saisi, Voivod est maintenant 100% floydien, enfin, floydien dans l’esprit de Voivod... et finalement, je me disais cette abstraction dans les paroles, cette impression de délire éveillé, ça me rappelait bien quelque chose... ce qui reste donc pour moi un des rêves les plus psychédéliques que nos chers québécois aient pu produire... et je sais, je vais encore coller une grosse note, mais ne vous en faites pas, ça ne va pas durer, mais là, je peux pas m’empêcher de ne pas trouver quoi que ce soit qui tache dans ma réception de mec sensible aux flashs derrière les paupières quand il s’endort, aux persistances rétiniennes, à l'illustration de cet album de Sleep, aux projections astro-dominées, et à ce qui bout derrière / devant tout ce barnum de stimuli inter / exter, comme si ma vie synthétisée par ce disque n'était qu'un kaléidoscope ringard, bavard sous drogue, trop silencieux quand sobre, trop éclatant quand on lève le nez vers le ciel, trop « il était une fois la vie dont vous êtes le héros » quand on le pose sur le plancher... il s’est fait la malle le monde, il fait blip blop blip blip, bling bleeeeeng, il plaque des accords dissonants, il pense tout seul, mais de travers, et, petit à petit, le monde selon Voivod rend l’auditeur un peu plus acteur d’un fantasme qui laisse derrière lui, au loin, Tolkien, les Eddas et Le petit chaperon rouge en nous gavant de pilules rouges et bleues, fallait pas choisir, faut gober tout, de toute façon, qu’est ce qu’on en a à branler, cet univers oscille tellement entre le grotesque pour singes à pouces préhensiles et une mare au canard qui pue la vase... regardez moi ce Nothingface ! Il flotte, ça reste en suspens, tous ces résidus de machines nucléaires en panne et les mémoires en charpie d’une planète, d’un esprit, de paires d’yeux et de mains qui ne surent pas instituer dans le temps ce qu’un auteur anglais bizarre notait comme finalement le plus compliqué à faire : « être allongé à ne rien foutre ».

note       Publiée le dimanche 12 février 2017

chronique

Styles
metal
progressif
Styles personnels
rapport de police en démat

Nothingface, plus gros succès de Voivod à ce jour, est aussi l'album qui me barbe le plus. Pour une probable très mauvaise raison initiale : ça fait dix ans qu'il est devenu tellement difficile de mettre la main sur ce disque que j'ai décidé de faire comme s'il n'existait pas. Voilà. L'écouter me fut dès la première fois pénible, puisque synonyme de recompilation mp3. La tronche de Korgull a été remplacée par celle du plot DDE de VLC. Snake n'y vomit ses plaintes qu'aériennement, le temps d'un AirPlay entre mon laptop en alu brossé et mon monstre hi-fi à antennes naines. Et moi j'ai l'impression de tenir du vent entre mes doigts, comme si tout ça se passait en face B de leur discographie et de ma vie. Nothingface incarne pourtant une certaine quintessence de la période art-thrash du groupe. Avec ses morceaux cette fois orfévrés comme un gâteau d'anniversaire de Syd Barrett, ses riffs de pâtissier étoilé, son discours HACCP, et son plein d'idées comme à participer à la crémaillère de ton premier appart d'adulte respectable fraîchement intégré à la classe moyenne. Enfin, c'est ce dont j'essaie de me convaincre. Ma vérité est que Nothingface m'est un disque ennuyeux sur la forme autant que sur le fond. Les morceaux empilent les bonnes idées comme si on était dans un album de Forbidden : vainement et en portfolio de designer audionumérique. Ça a beau être inspiré et riche en arrangements, je m'y emmerde comme un dentiste privé de patients cariés. Tout y est propre. Les accords zarbis de Piggy sont marquants comme un rock à l'autotuneur (le pauvre sortait à l'époque tout indemne d'une chimio. Pour lui tant mieux, mais pour ce qui est du rock : sûr ça n'aide pas à glisser). Snake n'y est même plus rigolo, quand tout bardé d'aspirine il semble aussi éloigné de la fièvre vocale et des à-côtés qui font d'aventure son charme robotique qu'un iPhone ne l'est du bathroom buddy de Randall Peltzer. Des fois j'arrive malgré tout au bout de Nothingface, haletant d'espoir comme un Wall-E à la recherche d'un disque de Revelation paumé sous un tas de déchets métalliques. Souvent je passe directement à Angel Rat. Ou me ressort justement un Yet So Far des susnommés, saisi d'une frénésie professionnelle, tel le programmeur système qui cherche à salir un code fonctionnel mais exagérément propre à son goût.

note       Publiée le dimanche 12 février 2017

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notes

Note moyenne        13 votes

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Murals › mardi 8 octobre 2019 - 18:50 Envoyez un message privé àMurals

Acheté dès sa sortie,c'est rien de dire que le l'attendais,et pas déçu du tout du tout ! Ce coté metal/techno/planant me plait encore aujourd'hui,après,j'ai quelques antécédents musicaux,Floyd,Schulze,Tangerine dream,Magma etc...

Richter › mercredi 17 octobre 2018 - 16:27 Envoyez un message privé àRichter

Pareil j'ai du mal avec cet album...les deux précédents sont des tueries absolues, Killing technology et Dimension Hatross (mon chouchou) mais celui ci je n'y arrive pas. J'ai le LP en plus...:(

zugal21 › samedi 13 octobre 2018 - 17:55 Envoyez un message privé àzugal21

Ouais bah j'ai attendu longtemps pour l'avoir enfin, celui-là.... Pour tomber d'accord avec la chronique du Consultant : moi aussi je trouve ce disque barbant.

Note donnée au disque :       
Rastignac › dimanche 15 avril 2018 - 19:13 Envoyez un message privé àRastignac
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Faut postuler pour les grosses têtes messieurs dames.

Note donnée au disque :       
Dane › dimanche 15 avril 2018 - 18:59 Envoyez un message privé àDane

Il veut peut-être nourrir des migrants.