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Kat Onoma › Stock Phrases

cd • 12 titres • 48:44 min

  • 1The Animals5:47
  • 2Private Eye3:48
  • 3Lady M.6:00
  • 4Lifeguard's Ditty3:29
  • 5A Wind That Hungers4:08
  • 6The Landscape4:00
  • 7Four Color Game3:19
  • 8Ashbox4:27
  • 9Worst Friend2:39
  • Bonus tracks réédition
  • 10Come On Everybody3:49 [reprise de Eddie Cochran]
  • 11Be Bop A Lula3:26 [reprise de Gene Vincent]
  • 12Cupid3:52

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré à Studio pyramide, Bruxelles et mixé à Studio Plus XXX, Paris, par Luc Tytgat en Automne 1989.

line up

Pascal Benoit (batterie, chant), Guy Bix Bickel (trompette, chant), Rodolphe Burger (chant, guitares, queño), Pierre Keyline (basse), Philippe Poirier (saxophone, guitare)

remarques

chronique

Styles
rock alternatif
post punk
blues
rock
Styles personnels
free-rock lettré (sp)

Des « stock phrases », je crains qu’il n'y en ait plein cette chro. Des expressions toutes faites, vidées de leur sens, ré-utilisées ad libitum. Du prêt à écrire. Vous savez ce que c’est. Internet en est saturé. La presse en est saturée. Les chansons en sont saturées. Sauf celles de Kat Onoma. Qui n’ont rien d’assemblage de stock phrases, ni dans l’expression verbale ni dans l’expression musicale. Oh, ironie. « Stock Phrases », deuxième album du groupe strasbourgeois le plus Velvetien du rock français (sp), c’est la phase affinage. Le son qu’on leur connait est là, plus d’effet d’échos eighties sur la voix profonde de Burger, sur la dentelle des guitares, Poirier ayant repris ici son instrument premier pour tisser des textures dentelées, sur le crissement des cuivres. Avec un Thomas Lago en grande forme aux commandes des textes (sp), Kat Onoma livre ici une leçon d’élégance et d’exigence en balançant une série de morceaux tous plus envoutants les uns que les autres (sp). Lister les qualités spécifiques de « The Animals », aux hérissements soudains de la trompette de Bix Bickel venant transpercer le déroulé en crescendo du morceau, ascendant à force de refrains doublés de choeurs et montée en puissance instrumentale vers une déflagration finale, serait vulgaire. Et voilà qu’au lieu de stock phrases, je ponds de la prétérition à rebours. Du style, du style, et du sombre style surtout par les mots liminaires de « Lady M. », en français, « tuons-le ensemble, pendant son sommeil », avant que les crépusculaires cuivres n’impriment leur atmosphère de dark-jazz sur cette longue et funèbre balade, Kat Onoma version doom, immédiatement contredite par le r’n’b post-punk de « Lifeguard’s Ditty », où cette fois, Poirier et Bickel croisent trompette et sax comme des sonneurs grinçants venant saluer un groove bien swampy (sp), c’est le baloche interlope des bars louches hallucinés de bohème alsacienne. Si c’est le jazz, et surtout le plus free, qui berce frénétiquement les influences de Kat Onoma, c’est aussi le blues qui ressurgit au détour de leurs formules sans recette, du blues ci-bien raide, ci-bien concassé, du no-blues comme sur « Private Eye ». Un son qui souffle dans le désert, auquel il manque comme des accords, qui comme begaie son idée principale, ne cesse de la reprendre et de recommencer du début, du blues sédimentaire, c’est « The Wind That Hungers » ou « The Landscape », encore plus beau, aux guitares qui se coupent la paroles, s’interpellent, se font des signes et se lâchent la main après des bouts de chemins, des atmosphères de pertes et des textes cryptiques aux ratiocinations suffisantes pour en saisir la gravité. Le blues et puis le rock’n’roll, passé à la moulinette (sp (merde ça recommence)) free-rock (sp bordel !) de Kat Onoma, aussi bien Gene Vincent que Eddie Cochran, qui en auraient tiré une drôle de gueule d’entendre les versions Velvetio-Ornettecolemaniennes de leurs scies (pardon, classiques) les plus célèbres. Sur « Come On Everybody », la voix sussurée de Burger sur une mélodie réduite en poussière et le sax déglingue évoque ce que pourrait en faire un Howe Gelb, c’est dire si c’est bien barré (sp). Sur « Be Bop-a-lula », par ailleurs balancé avec une nonchalante classe totale (sp), le quintet dévie tranquillou sur la mélodie de « Lonely Woman », histoire de ne pas faire que du namedropping à propos du grand Ornette. L’album original se concluait déjà sur le bon gros groove (sp lourdingue) de « Worst Friend » après une petite chute de tension dans son dernier tier, histoire de rebooster les troupes (sp) et de contredire une fois de plus les stéréotypes de cérébralité froide dont le groupe s’est vu affubler à cause de son pedigree. Là aussi, des « stock phrases », on en aura lu des tonnes. Trouver une conclusion sans y recourir, c’est pas facile non plus, alors tant pis : Stock Phrases n’est pas le meilleur album de Kat Onoma, qui reste à venir (sp).

note       Publiée le dimanche 12 février 2017

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Fabb74 › lundi 13 février 2017 - 11:59  message privé !

Assez d'accord. Pas le meilleur, surtout derrière Cupid et avant Far from the pictures. Animals reste malgré tout un de leur plus beau titre. À écouter la nuit au volant, quelle ambiance, pour ça Kat Onoma se pose la !