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Airsculpture › Vanishing Point Volume 2

cd • 3 titres • 109:50 min

  • 1Infinity Halt 46:30
  • 2Vanishing Point 46:48
  • 3The Main and Great Proposition 16:32

enregistrement

Composé et performé aux USA dans le cadre des Gathering Concerts en Novembre 2011. Mixé et masterisé par John Christian

line up

Adrian Beasley (Mellotron, Elka Rhapsody et synthé) John Christian (Synthé analogue et Digital Modular) Pete Ruczynski (Synthé analogue et Digital Modular)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien Bandcamp suivant: https://airsculpture.bandcamp.com/album/vanishing-point-volume-2

chronique

La musique d’Airsculpture est le parfait exemple d’une musique qu’il faut écouter et non entendre. Sinon, on rate toute sorte de détails. Comme l’ouverture de "Infinity Halt" et ce délicat mouvement pulsatoire qui s’échappe du magnétisme d’une chorale astrale. Si des notes de piano, assez nostalgiques, accompagnent ces chants séraphiques, la quiétude du mouvement nous enveloppe d’une paire d’ailes endormitoires. Il ne faut pas lutter contre ces instants puisqu’une série de légers battements soude nos sens en attente. Surtout qu’une brise flûtée embrasse une quiétude rythmique qui se perd dans des champs d’éther un peu avant la barre des 15 minutes. "Infinity Halt" tombe alors dans une intense phase ambiosonique où les vents grondent et mugissent dans une sorte de tempête magnétique avec des arrangements qui rappelleront à certains ces ambiances claustrophobiques dans l’énorme The Fall of the House of Usher d’Alan Parsons Project. Durant près d’une quinzaine de minutes, cette phase d’ambiances pour esprits torturés débouche vers une bonne structure de boucles de rythme ascendantes dont les échos et des séquences adjacentes forgent une structure minimaliste continue qui sautille avec ses bonds imparfaits et saccadés dans de soyeuses nappes d’éther. Des larves de synthé accouchent de belles harmonies séraphiques qui sonnent comme ces lointains parfums de Tangerine Dream, ère Baumann, alors que le rythme accentue vitesse et puissance vers une savoureuse finale d’hypnose avec des pulsations technoïdes et des effets de percussions qui nous rappelle pourquoi il faut écouter, et non entendre, les charmes d’Airsculpture.
Après plusieurs mois de délais, voici la suite tant attendue de Vanishing Point Vol.I! “Vanishing Point Volume 2” suit un peu les prémices de son petit frère de sons avec une autre collection de titres performés uniquement aux USA dans le cadre des Gathering Concerts en Novembre 2011. Et contrairement au premier volume, “Vanishing Point Volume 2” exploite 2 très longs titres qui démontrent toujours comment Adrian Beasley, John Christian et Pete Ruczynski sont toujours sur la même page, année après année. On réchauffe les équipements et on met le public, très enthousiasme en passant, dans les ambiances avec de longues intros bourrées de tonalités électroniques qui sont l’apanage des longs titres improvisée. Mais les moteurs sont déjà réchauffés pour "Vanishing Point", sans doute le titre le plus homogène du trio anglais, qui se déracine de ces tonalités ainsi que d’une poussée de vents creux et de pulsations glauques pour faire clopiner des accords qui sonnent comme ces figures de rythme incertaines à la Klaus Schulze dans son ère contemporaine. Des larmes de synthé pleurnichent avec d’élégants voiles éthérés alors que la structure titube constamment sous les saluts des soyeuses nappes de synthé. Des cognements s’ajoutent, accentuant toujours l’écart entre une structure de rythme ambiant et une autre plus pugnace. C’est de cette façon que se déroule les 40 autres minutes de "Vanishing Point" qui nous enveloppe toujours d’une grosse doudou synthétisée alors que le rythme accentue lentement et constamment une vélocité enrobée d’une certaine lourdeur. Les couches de synthé sont comme ces mirages d’une valse des nuages alors que le trio achemine continuellement d’autres séquences qui scintillent, sautillent et clopinent dans un énorme montage sonique magnétisant. La structure devient plus vintage autour des 23 minutes avec un superbe mouvement de séquences qui décale à merveille la mesure entre chaque pas, amenant "Vanishing Point" vers une finale aussi enlevante que "Infinity Halt". Jouissif! "The Main and Great Proposition" banni le principe d’introduction tissée dans les ambiances et les interstices indécises des équipements de MÉ. Le rythme décolle aussitôt qu’une séquence sautillante est capable de se défaire de son saut solitaire afin de répandre une lignée de séquences et de pulsations résonnantes qui structurent le rythme très atypique de "The Main and Great Proposition". Le titre plonge dans une lourdeur d’un bon rock électronique nimbée de superbes effets et de non moins splendides solos de synthé qui couronnent toujours cette rythmique tissée dans le désordre. Du très grand Airsculpture et un superbe album qui fera plaisir à tous ceux qui prenaient leur pied au tournant des années 70 avec une musique inspirée qui nous amenait là où nous ne connaissions pas encore les territoires.

note       Publiée le mercredi 25 janvier 2017

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