Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesIIntercommunal Free Dance Music Orchestra › Le musichien

Intercommunal Free Dance Music Orchestra › Le musichien

vinyl 33t • 2 titres • 39:15 min

  • 1Le musichien (conte afro-catalan)19:45
  • 2Les amis d'Afrique19:30

enregistrement

"Le musichien" enregistré en studio le 19 juin 1981. "Les amis d'Afrique" enregistré en concert à Rennes le 10 juillet 1982, au Festival des tombées de la nuit.

line up

Carlos Andreu (chant), Sylvain Kassap (saxophone ténor), François Tusques (piano, composition), Ramadolf (trombone, cloches), Kilikus (percussions, congas), Sam Ateba (congas), Tanguy le Doré (basse), Jean-Jacques Avenel (contrebasse), Jean-Louis Le Vallegant (bombarde), Philippe Le Strat (bombarde)

Musiciens additionnels : Bernard Vitet (trompette), Yebga Likoba (saxophone soprano), Danièle Dumas (saxophone soprano)

remarques

La chanson-titre de l'album a été rééditée sur une compilation non-officielle, "Freedom Jazz France".

chronique

Styles
jazz
world music
Styles personnels
afro-jazz spirituel

Lorsque François Tusques rassemble une dernière fois en studio ses compagnons de l'Intercommunal Free Dance Music Orchestra, il enregistre un disque qui, sans le savoir, commente la fin d'une époque abrasive. Page tournée pour découvrir une invitation au voyage et à la danse, l'alliance profane de minorités culturelles embusquées, et répéter à l'envi des paroles déroulant le fil d'un merveilleux conte musical. Malgré l'absence de feu Jo Maka, le pianiste rouvre son refuge parisien pour musiciens errants venus d'Afrique et d'ailleurs, histoire d'écrire les ultimes strophes d'une tradition orale indéterminée, un folklore semi-imaginaire aux racines mêlées dans des motifs musicaux, tressés en nattes de mélodies expressives et attachantes. Animal placide, le "musichien" fait ranger leurs griffes aux panthères noires. Rien de cynique chez le cabot : il n'aboie pas, ne mord pas, il préfère plonger son regard dans le ciel d'une nuit trombonnante. L'engagement ne se fait plus dans l'affrontement - il est un peu tard pour cela. Non, l'heure est au relâchement d'un jazz spirituel en arabesques et sans barda. Entre chien et loup, l'orchestre déploie deux grands morceaux s'étalant de tout leur long sur chaque face du vinyle, comme un digne successeur des LPs africains de la décennie passée. Le lent va-et-vient des chants catalans, chassés par le ressac des congas et les signaux d'un Tusques aux cheveux longs, la couleur bretonnante apportée par les bombardes, expérimentée des années auparavant, poussent peu à peu vers des bords ésotériques taquinant des versants plus free, sans jamais faire chavirer la barque. "Le corps n'est pas de bois" - comme animée par une force tranquille, la grâce funky qui se déroule n'est pas sans gravité. Un sentiment nostalgique vient bercer les vieux lions d'une savane française aussi terrienne que lunaire. Le clébard y gagne, au final, une sorte d'étrange majesté...

note       Publiée le mercredi 4 janvier 2017

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "Le musichien".

notes

Note moyenne        2 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Le musichien".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Le musichien".

DukeOfPrunes › mercredi 4 janvier 2017 - 19:37  message privé !
avatar

Je l'ajoute à ma wishlist (la rééd, pas l'original - haha), merci !

Note donnée au disque :       
kalcha › mercredi 4 janvier 2017 - 18:40  message privé !

Son disque sur le label Palm avec Byard Lancaster et les musiciens malgaches qui jouaient avec Jef Gilson est énorme également! :-)

DukeOfPrunes › mercredi 4 janvier 2017 - 18:31  message privé !
avatar

Le grand fou ! C'est mon préféré...

Note donnée au disque :       
kalcha › mercredi 4 janvier 2017 - 18:29  message privé !

Je crois que c'est le volume 3 dont il ne veut même plus entendre parler. Je l'ai en LP (c'est le seul d'ailleurs), et il me plait bien, à moi... La relation d'un artiste à son oeuvre, c'est compliqué. :-)

DukeOfPrunes › mercredi 4 janvier 2017 - 18:04  message privé !
avatar

C'est aussi l'impression qu'il donne quand il se remémore cette période, un regard amusé mais lointain. Je n'ai jamais écouté les deux premiers volumes, possible que ce soit plus du "document historique" qu'autre chose ; en revanche, je connais bien ses albums de 1977 à 1983. "Le musichien" est bel et bien une césure, il sera moins productif jusqu'en 2010. Il y a quelques semaines, j'ai promis à Julien de lui prendre un paquet de skeuds, pas mal de Tusques en particulier, pour me faire mon avis sur la question ;)

Note donnée au disque :