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D.A.F. (Deutsch Amerikanische Freundschaft) › Alles Ist Gut

cd • 10 titres

  • 1Sato-Sato
  • 2Der Mussolini
  • 3Rote Lippen
  • 4Mein Herz Macht Bum
  • 5Der Räuber Und Der Prinz
  • 6Ich Und Die Wirklichkeit
  • 7Als Wär's Das Letzte Mal
  • 8Verlier Nicht Den Kopf
  • 9Alle Gegen Alle
  • 10Alles Ist Gut

enregistrement

Décembre 1980/janvier 1981, Conny's Studio

line up

Gabi Delgado-lopez (chant), Robert Görl (machines)

remarques

chronique

Styles
ebm
indus
new wave
Styles personnels
neue deutsche welle

« Le Mâle, un parfum D.A.F. ». Alles Ist Gut, c’est le manifeste disco-indus sous sa forme la plus radicale et la plus subversive, une sorte de dance pop carrée et bourrée de testostérone, qui te force à danser jusqu’à l’évanouissement, sans relâche, le genre de disque qui me donnerait envie de faire de la muscu à poil rien que pour l’écouter dans les conditions idéales : j’aime mon corps, je me caresse les abdominaux devant toi, et j’aime les mâles virils, j’aime les sexes durs à peines cachés sous le boxer moulant, tous mes barrages intimes s’écroulent sous le poids de la rythmique… ok ok, peut être que je vais trop loin... mais bondiou comment résister ne serait-ce qu’une seconde à la classe tata teutonne que dégage cet album ? Impossible... Parce que D.A.F., c’est gay, oui, et c’est aussi pour ça que c’est bon figurez vous. Alles Ist Gut est un disque précurseur, l’un des plus influents des années 80. La musique pratiquée par le duo Gabi-Robert synthétisait une nouvelle forme de langage à l’époque : le langage du corps et de la machine sous sa forme la plus sulfureuse, ambigüe, épurée. Des rythmiques binaires et martiales, parsemées de bruits de cymbales et chantées en allemand par Gabi Delagado-Lopez, des tempos addictifs, des mélodies basiques, un son minimal et addictif. A une époque où tous chantent en anglais, ils seront les premiers des années 80 à s’affirmer sur un terrain pop dans leur langue natale, prédisant avec quelques longueurs d’avance ce que Laibach fera après eux, et, bien plus tard, Rammstein. Le style de D.A.F. est radical et dansant, glacial et lascif, et il accroche toujours autant vingt-cinq ans après… D.A.F. est aux Village People ce que Laibach est à Queen… Macht Mann ! Le chant de Gabi est âpre et angoissant, brut et sensuel, sexuel même, à tel point qu’il semble souvent se frotter contre les enceintes, nous invitant à venir palper son torse en sueur : quand il ne se fait pas froid et menaçant, il se répand en souffles érotiques indécents, on l’imagine sans mal aucun en train de se caresser les pectoraux, quand ce n’est pas autre chose, sur les rythmes carrés et inquisiteurs. Un condensé de virilité provocatrice sur dix tubes radicaux et irrésistiblement dansants, qui détermineront ce que sera le genre EBM quelques années plus tard. Comment résister à la boucle dévastatrice de "Sato-Sato", au minimalisme glaçant et menaçant de "Rote Lippen", au terrible "Der Mussolini" - leur hit le plus célèbre, ponctué de sons flippés, qui nous invite froidement à « danser le Mussolini, danser le Jésus Christ, danser l’Adolf Hitler » - comment résister à l’insidieux "Ich Und Die Wirklichkeit", à l’obsédant "Als Wär's das Letzte Mal", à la puissance sexuelle de "Mein Herz Macht Bum" ou à l’inquiétant "Alle Gegen Alle" ? Impossible ! Tout au long de ces dix petites bombes à tempo variable, D.A.F. marie le chaud et le froid avec une grande agilité, et un sens de la provocation qui fait encore des émules aujourd’hui. Du disco martial ? De la synth pop virile ? Peu importe, Alles Ist Gut nous fait danser jusqu’à l’épuisement, tout en nous glaçant le sang, et se garde des passages plus insidieux ("Der Raüber Und Der Prinz" avec sa mélodie synthétique façon ballade de Kraftwerk) qui ne manqueront pas de nous arracher un sourire en coin avant que le venin ne fasse effet. Ce disque-manifeste fût tout aussi déterminant que le premier éponyme de Suicide en son temps… Un œuvre esthétique fondatrice qui redonne tout son sens à la formule rythme + voix, et annonce bien des choses : Front 242, Nitzer Ebb et Terence Fixmer - pour ne citer que ceux qui me viennent à l’esprit de pute en plan - ne seraient que poussière sans cet album. Un disque cultissime (pour ne pas dire culturiste), à vous rendre accro, pour peu que l’odeur de la vaseline répandue sur les haltères ne choque pas la sensibilité des true gutsiens que vous êtes.

note       Publiée le samedi 22 décembre 2007

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notes

Note moyenne        22 votes

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Raven › mardi 24 mars 2020 - 02:17  message privé !
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Adios, Gabi.

Note donnée au disque :       
Cinabre › dimanche 8 mai 2016 - 15:28  message privé !

Me fécilite pas, félicite le chroniqueur. Ce skeud, je n'y vois que ce qu'il a pu m'en montrer. Sinon, le côté Game Gear, je vois bien. Mais joué par les Residents, s'il vous plait.

BrownJenkyn&son › dimanche 8 mai 2016 - 15:22  message privé !

"et du foutre coulant des hanches à l'anus." bravo pour cette subtile prose analytique du dimanche qui nous grandit et donne envie.

Winslow › dimanche 8 mai 2016 - 14:58  message privé !

Ah et suis-je le seul à faire un rapprochement improbable entre l'intro de "Der Raeuber und der Prinz" et la bande-son du 1er niveau de Wonderboy sur Game Gear.

Note donnée au disque :       
Cinabre › dimanche 8 mai 2016 - 12:52  message privé !

Tu me ferais presque reconsidérer ma position. J'y avais vu de la sueur de bodybuilder et du foutre coulant des hanches à l'anus. Mais sang caillé, ça me parle bien. Je vais réessayer, tiens.