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John Cale › M:FANS
- 2016 • Double Six DS108CD • 1 CD
cd • 12 titres • 53:44 min
- 1Prelude
- 2If You Were Still Around
- 3Taking Your Life in Your Hands
- 4Thoughtless Kind
- 5Sanctus (Sanities Mix)
- 6Broken Bird
- 7Chinese Envoy
- 8Changes Made
- 9Library of Force
- 10Close Watch
- 11If You Were Still Around (Choir Reprise)
- 12Back to the End
informations
line up
John Cale (chant, bruits, claviers, orgue, guitares, basse, programmation, synthétiseur, batterie, alto, samples, production))
Musiciens additionnels : Dustin Boyer (guitare, basse, loops, programmation, percussions), Deantoni Parks (claviers, bruits, loops), Joey Maramba (synth bass), Ralph Esposito (synth bass), Alex Thomas (batterie, samples), Matt Fish (violoncelle), Miguel Atwood-Ferguson (alto), Thomas Lea (alto), Jessy Greene (violon), Chris Bautista (trompette), Amber Coffman (voix), New Direction Church (chœur), William Arthur George Cale (voix), Margaret Cale (voix)
chronique
Trente-trois ans après son album le plus austère, John Cale décide de re-mixer la bête. Mieux : de la re-penser, de la re-faire. Refaire Music for a New Society, en 2016, pourquoi ? Parce que John ne cale pas encore : pas encore sénile, le vieux du Velvète. Parce que ce disque de désolation sorti en 1982, deviendra celui d'une force créatrice qui veut remettre l'ouvrage, cartes sur table, pourquoi pas renversée. Customiser, sans peur d'y aller dans le clubesque s'il le faut, à la lueur rose-dark du récent Shifty Adventures in Nookie Wood. Autant que de pousser le bouchon sur l'expérimental ("Taking your Life in your Hands"). Parce que peut pas s'en empêcher.
Tout rependre à zéro, faisant de tous nouveaux morceaux, n'ayant parfois qu'une très lointaine parenté avec les originaux. Et c'est BIEN. Relecture cavalière et fraîche, de son album qui reste le plus austère et dur, à l'âge canonique de 74 ans. Un homme de soixante-quatorze ans à l'esprit vif et curieux de tout, qui se teint les tiffs comme une petite gothpouf kawai, et utilise l'autotune sans plus de complexe qu'un rappeur mainstream à la SCH : "Close Watch". Ou mieux : "Thoughtless Kind", prenante et assez fabuleuse comme ça, entre Alan Vega et Lady Gaga. À la louche. Car ce gallois insatiable de musiques ne s'enferme pas dans des écoutes de vieux con, ne devient pas aigri.
John Cale, trésor international, ex-Velvet qui écoute du cloud rap à l'âge de mettre ses dents dans un verre d'eau, est un artiste rare. Quand je pense aux inconscients qui attendent qu'il soit canné pour l'écouter enfin, j'enrage un peu, je l'avoue... Même si je sais qu'au fond, il viendra un jour à eux. Car dites-vous bien mes malins, que John Cale a au moins autant de talent, de grandeur, que Scott Walker, même si on serait tenté de penser qu'il n'est pas allé aussi loin. Il nous rejoue donc la partoche "ma vie de merde, légende du Velvet laissée en chien crevé, rendue à son n-ième disque que personne n'achètera, pendant que l'autre connard de new-yorkais amasse son flouze". Et ça n'a évidemment pas vendu bézef ! Pire : bien des fans ont été décontenancés par certaines saveurs disons, euh, trop contemporaines.
Car, peut-être soucieux d'agripper de l'oreille jeune, ou juste de faire corps avec son temps et de prendre ce qu'il a à offrir comme outils, Cale ne se gêne pas pour user s'il le faut de gimmicks ou de rythmiques pop qui "vaselinent" pour citer Murat, telle cette "Chinese Envoy" pas trop reconnaissable... et tant mieux. C'est un peu l'idée. Lier des mondes soit-disant distants. La reprise de "If you were still around", jouant de l'écho, est hantée comme peu... Bidouillages, manigances, accessoires... gadgets aussi. Avec quelques frissons, au passage. L'alliance du trivial et de l'émotion, en gros. On est donc pas dans l'album de remixes classiques, mais dans celui d'un marginal fertile, dont le cerveau accueille tous les possibles. Un artiste, pour faire simple. Dont le M:FANS fonctionne un peu comme une capsule inter-temporelle. Car Cale ne s'enferme pas dans une relecture "futuriste" de son album, il y incruste aussi des (chan)sons qu'il aurait pu faire telles quelles à l'époque, m'en soient témoin la déchirante "Broken Bird", jouée au piano, simplement, avec un Cale poignant, "à l'ancienne", sans artifices. Ou la La beauté pure de "Back to the End" en guise de final... renvoyant directement au saveurs déprimo-livides de l'album original. La boucle est bouclée après des spirales alternatives. L'album est imparfait, inégal, peut-être même incohérent, assurément. Mais il y fuse des idées, des ambiances en jachère entre époques, comme si au fond le temps chez Cale n'était pas linéaire, un peu comme dans ce film là, avec des aliens qui font des cercles pour dialoguer, ce qui n'est pas toujours pratique. Ou dans cette série Netflix que je regarderai pas, et qui dit que le temps c'est une dimension ronde, ou quelque chose comme ça, et qu'on est trop des cons de la voir comme une ligne... Enfin quoiqu'il en soit, John Cale est dans la boucle, la vibe, le machin, et il tente des trucs, se fait plaisir avec des bidules, et... expérimente. Frais comme tout le papy Cale. Vieillir comme ça, c'est beau.
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