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Yasmine Hamdan › Ya Nass

cd | 13 titres | 46:03 min

  • 1 Deny [3:26]
  • 2 Shouei [3:35]
  • 3 Samar [3:28]
  • 4 Enta Fen, Again [3:11]
  • 5 La Mouch [reprise de Mohammed Abdel Wahab] [3:28]
  • 6 Nediya [3:55]
  • 7 Beirut [poème de Omar el Zenni] [3:32]
  • 8 Aleb [4:26]
  • 9 Bala Tantanat [poème de Omar el Zenni] [3:58]
  • 10 In Kan Fouadi [poème de Ahmed Ramy] [3:44]
  • 11 Hal [4:27]
  • 12 Khayyam [1:38]
  • 13 Ya Nass [3:14]

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Marc Collin (et Yasmine Hamdan sur deux titres, dont "Hal") et Gaël Rakotondrabe ("Enta Fen, Again")

line up

Yasmine Hamdan (chant, claviers 11), Marc Collin (claviers, programmation)

Musiciens additionnels : Kevin Seddiki (guitare 2, 7, 9), Thibaut Barbillon (guitare et basse 5), Julien Deguines (guitare 1, 12), Gaël Rakotondrabe (claviers, programmations 4), Marc Kodsi (guitares 11), Suman Kouidri (karkabou & guimbri 11), Bruno Ralle (synthétiseurs 11, mixage guitare 2, 7, 9)

chronique

Styles
chanson
trip hop
folk
world music
Styles personnels
arab underground

« Derrière ton voile, tes yeux, oh, des colombes. Ici, tes cheveux, des chèvres noires. (…) L’odeur de tes vêtements, comme l’odeur du Liban. » Etcetera. Quand j’entends chanter Yasmine Hamdan, je repense parfois au Cantique des Cantiques. Mais elle, elle chante en Arabe. En langues arabes. Se place dans la lignée de la grande Oum Kalthoum, à qui elle dédie un des morceaux de son premier album solo. Après avoir laissé derrière elle l’electro-pop clinquante du duo Y.A.S, Yasmine semble s’être trouvée. Elle chante mieux que jamais sur des arrangements délicats, pour la plupart dus à Marc Colin qui prouve ici qu’il n’est pas juste bon qu’à passer une couche de polish sur des standards post-punk. Un mélange d’acoustique et de textures électroniques qui ne viennent jamais détourner l’attention du principal, une interprétation sensuelle comme la soie de Yasmine Hamdan, qui par ailleurs signe ou co-signe une grande partie des musiques et des textes. Dream pop arabe ? Y a de ça, d’autant qu’au fur et à mesure que l’album se déroule, il s’enfonce dans une mélancolie cotonneuse, celle d’une ville laissée intacte dans ses souvenirs, le Beirut d’Omar el Zenni, un des poètes aussi adaptés par Hamdan, celle de l'odeur de son amant loin, loin sur un autre continent. Ou dans la magnifique « La Mouch », adaptation du compositeur Mohammed Abdel Wahab, d’une bouleversante gravité. Dans cet équilibre entre une vieille tradition poétique chantée dont elle est friante, toujours en quête de nouvelles découvertes, et ses propres compositions aux arrangements très contemporains, la musique de Yasmine Hamdan est comme une ondulation. On l’entend se mouvoir à travers les mots, les glisser au fil d’une guitare dépouillée presque folk, tombant en drapé sur les textures électroniques vaporeuses, effleurant les beats d’une caresse du bout des lèvres. On y retrouve les effluves les plus subtiles d’un trip-hop oriental, les accents d’une art-pop arabe underground. Pièce maitresse et pourtant à part dans l’album, la chanson « Hal » le fait basculer définitivement dans son versant le plus atmosphérique, où les mélodies s’étiolent en volutes orangées. Yasmine au détour d’une rue de Tanger, dans sa sensualité affolante de sirène du Levant, que contemplent, fascinés, les deux amants vampires de « Only Lovers Left Alive » de Jim Jarmusch. Dire que Yasmine Hamdan est une présence cinématographique en elle-même est une évidence, pour ceux qui ont eu le bonheur de la voir sur scène. D’ailleurs, souvent les grandes chanteuses arabes étaient aussi des actrices. Comme sa présence physique, sa musique captive l’attention avec une délicatesse qui n’entame pas la force des mots. « Si j’avais été l’élu rien qu’une fois, que m’importerait qu’il m’abandonne », chante-t-elle, reprenant les mots du poète Ahmed Ramy à l’adresse de l’actrice/chanteuse Leila Mourad. Dans toutes les langues, chez les morts comme chez les vivants, Yasmine chante que nous sommes malades d’Eros.

note       Publiée le mardi 15 novembre 2016

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(N°6) › mercredi 16 novembre 2016 - 12:25  message privé !
avatar

Je ne peux que te conseiller, si tu ne l'as pas déjà fait, d'écouter aussi The Best of Soapkills pour prolonger le voyage.

Note donnée au disque :       
SEN › mercredi 16 novembre 2016 - 08:00  message privé !

Je me suis aussi laissé envoûter par Yasmine Hamdan après avoir vu le film de Jarmusch, il faut que je réécoute cet album au plus vite !

Note donnée au disque :