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Torche › Restarter

cd | 10 titres | 38:12 min

  • 1 Annihilation Affair
  • 2 Bishop In Arms
  • 3 Minions
  • 4 Loose Men
  • 5 Undone
  • 6 Blasted
  • 7 No Servants
  • 8 Believe It
  • 9 Barrier Hammer
  • 10 Restarter

line up

Steve Brooks (guitare, chant), Andrew Elstner (guitare, chant), Jonathan Nuñez (basse, guitare, synthétiseur), Rick Smith (batterie)

chronique

Styles
rock
stoner
metal alternatif
Styles personnels
wavecore

"Enfilez vos bermudas, parez vos plus belles planches : demain matin verra la fin, et la météorite qui nous anéantira en percutant l'Atlantique engendrera la vague ultime." Voilà en clair - et même en bleu clair - le message que Torche ont lancé depuis leur Côte Est, début 2015. Furent-ils si nombreux à les sous-estimer, ces hommes à hommes ; rapport à leurs rapports - ou à leurs pochettes. Alors que la puissance de Restarter aurait très certainement à en remontrer à bien des prétendus béhémoths se cachant derrière leurs grosses imageries bariolées. Celle de ce disque, artwork gloubiboulgesque qui serait plus approprié à un Lightning Bolt, est dissimulée sous un fourreau à fenêtre dont la teinte lui aurait amplement suffit : Restarter, c'est de la pop qui renverse des cargos, sous des cieux sans nuages, face à d'immenses falaises de craie. Un brouh-a-ha qui donne la sensation de se prendre de plein fouet une vague nouvelle que l'on aurait vu naître quelques secondes plus tôt avec émotion puis croître jusqu'à nous donner le vertige. Un album de départ autant que de retour de vacances, qui charrie ce sentiment d'être en partance pour la paix comme purifié du superflu encombrant, avec en sous-couche la gravité trouble de ce labeur derrière nous et à venir. Cette massive pop, c'est du rock, c'est du stoner. Un stoner qui n'en est plus, et qui en est plus que jamais, car le stoner a été inventé dans le désert, et qu'avec Restarter le stoner est dans la mer... qui est ce désert liquide d'où nous venons. Mes mots ne peuvent hélas avoir la fluidité requise. Ce sea-stoner est moiré d'une kyrielle de sentiments fugaces, fugaces à un point tel qu'ils n'ont peut-être jamais existé sous cette chape d'écume qui ne leur a pas laissé le temps de prendre forme, ou alors peut-être qu'ils ont disparu dans le Triangle des Bermudes à la façon des avions ; ou peut-être n'étaient-ce que des ombres blanches qui se confondaient dans l'hénaurme tourbillon de riffs (auquel renvoie à sa façon très maladroite, tant qu'on y est, l'image bizarroïde ornant le CD et le macaron du LP, soit une espèce de quéquette bionique autophage - une ourobot-bite ?) Restarter est cet album compact-massif et qui emporte violemment tout ce qui est sur son chemin, mais sans aucune intention de violence - en tout cas pas plus que l'océan quand il s'agite - avec l'air de rien du plus naturel des jeunes hommes. On pourrait même se limiter à aligner des slogans de publicité pour Torche au lieu de notre pénible rédaction de chronique informative : "Accroche-toi à ta mauvaise humeur, ça va souffler un max !" - "Dans sa chemisette à motif toucans, Torche fait un sacré boucan" - ou encore "Torche depuis le cœur de son atoll, nique mieux ton sébum que biactol". Restarter désincruste, et plus encore. Restarter est vivifiant. Roboratif. Galvanisant. Un son à la fois si massif et si frais, raaah ! Une charge si propre sans transparence ! C'est tellement rare qu'on l'accueille à bras aussi ouverts que l'autre méga-statue de Jésus à Rio, là... La bourrasque la plus amicale, mais qui vous plie direct - et dans la foulée pas mal de gros véhicules conçus pour écraser type Filth Pig ou Mutter - sans perdre son sourire paisible de Jean-Marc Barr en lévitation sous-marine avec ses copains les marsouins ; cette manière si béate et si gentille d'envoyer du gros mur de guitares qui rendrait jaloux n'importe lequel de vos groupes de shoegaze méconnus et prétendument beaux. On pourrait sélectionner comme étendard le turbo-propulsé "Undone", ou la sublime "Believe It", mais ce serait avant de se rendre compte qu'attirer l'attention sur un point spécifique de ce gros bloc liquide n'a pas de sens. Même l'ultime morceau, qui nous fait une bonne fois pour toutes quitter le plancher des varechs pour rejoindre une constellation parfaite par je ne sais quel cyclone fantastique. Tout s'enchaîne quand ces éléments se déchaînent, et à ce niveau d'énergie pure fraîcheur le déo ne fait plus débat : Torche jouent en effet dans la cour des grands. Celle des groupes qui s'inspirent avant tout d'eux-mêmes. Restarter, c'est de la power pop extrême, peut-être la plus extrême qui soit. L'expérience n'est pas banale et vous la vivrez et verrez. Et quand ce profond mur d'eau vous atteindra vous n'oublierez pas : dans "tsunami", il y a "ami". Prendre une grande inspiration...

note       Publiée le jeudi 3 novembre 2016

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sourdicus › samedi 5 novembre 2016 - 17:28  message privé !

"Learn to swim" comme disait Maynard...

Note donnée au disque :       
magnu › jeudi 3 novembre 2016 - 22:29  message privé !

J'ai découvert le groupe cette année avec Restarter mais ils on déjà deux autres albums hautement recommandables. Une sorte de Nirvana stoner avec leurs bombinettes de deux minutes et demi. Jouissif ce groupe!

Note donnée au disque :