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Кино › Группа крови

cd • 8 titres

  • 1Группа крови
  • 2Закрой за мной дверь, я ухожу
  • 3Война
  • 4Спокойная ночь
  • 5Мама, мы все тяжело больны
  • 6Бошетунмай
  • 7В наших глазах
  • 8Попробуй спеть вместе со мной

extraits vidéo

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line up

Viktor Tsoi (chant, guitare), Yuri Kasparyan (guitare, choeurs), Igor Tikhomirov (basse), Georgiy Guryanov (batterie), Andrei Sigle (claviers)

remarques

Les titres se traduisent ainsi: 1) Groupe sanguin / 2) Ferme derrière moi, je sors / 3) Guerre / 4) Bonne nuit / 5) Maman, nous sommes tous gravement malades / 6) Boshetunmay / 7) Dans nos yeux / 8) Essaie de chanter avec moi / 9) Le passant / 10) On va continuer / 11) Légende

chronique

Difficile d’évoquer le paysage underground soviétique sans parler de Viktor Tsoi et de son groupe Кино; paradoxale aussi d’user du terme ‘underground’ alors que le combo demeure à ce jour l’un des plus importants et des plus déterminants en terme d’impact tant sur le rock russe que la société en général. Le charisme du jeune homme aura été si déterminant qu’un mur entier lui est dédié dans un vieux quartier de Moscou où fans et curieux continuent de lui rendre hommage (idem à Kiev), qu’une rue porte son nom dans la ville de Noyabrsk, qu’un timbre a son effigie a été crée, sans oublier les nombreux monuments, à commencer par sa propre tombe à Saint-Pétersbourg; on a même baptisé une astéroïde d’après lui. Pourtant, à ses débuts, Кино se composait de Viktor en solo, parfois aidé d’un ou deux comparses de Aquarium, et jouait une musique entièrement acoustique, sans percussions. Alors pourquoi ? Parce qu’il s’est toujours montrée authentique, naturel, engagé, tant dans la vie que son art. Ayant refusé de faire son service militaire, il s’engage volontiers dans ses textes, parle d’écologie, croque des scènes du quotidien, parle d’espoir, d’amour, de politique, s’oppose à la guerre en Afghanistan; sa plume juste touche les jeunes qui se reconnaissent dans ses paroles. Niveau sonorités également, Viktor veut aller plus loin et proposer quelque chose de neuf, le groupe évolue dans une voie plus new wave (genre qu’il contribuera à faire découvrir). L’impact de la Perestroïka sera déterminent pour le succès du groupe et leur septième disque, ‘Группа крови’ (groupe sanguin) en 1987 débouchera sur un vrai culte de Tsoi et Кино. Difficile de vous parler des paroles, mes connaissances en russe se limitant à ‘da’ et ‘niet’ mais d’après mes recherches, elles traitent beaucoup de problèmes sociaux et poussent la jeunesse à prendre le contrôle de son destin, bien au delà de la politique. Ce qui caractérise l’album, c’est sa production ultra dépouillée, limite froide et sèche, le rapprochant volontiers de la cold wave de l’Ouest dans sa déclinaison la plus pop. Rien que pour la première chanson, ‘Группа крови’ justement, l’achat se justifie. Elle résume assez bien la portée en se profilant dans une sècheresse qui n’est pas sans évoquer les Cure période ‘Seventeen Seconds’ mais version blanche. Pas de gris ici, non, du blanc mais un blanc sale derrière lequel on perçoit la lumière sans pouvoir la saisir. Une rythmique avec caisse claire claquante au son de boîte à rythmes mixée en avant, une basse ronde et discrète, une guitare claire et hivernale très peu électrisée sauf sur le solo final, un peu de clavier. Tous les ingrédients d’une optique pop qui presque inconsciemment se teinte de tristesse (quel putain de refrain !), notamment grâce au chant magnifique, un peu grave, de Viktor. Les références à The Cure sont encore plus inévitables sur ‘Закрой за мной дверь, я ухожу’ mais période ‘Three imaginary boys’ cette fois-ci. Il ne s’agit pas de dire que les Russes copient; pour qui connaît les débuts de Кино, il est évident que les musiciens et surtout Viktor ont conservé leur technique d’écriture mais ont su la faire évoluer en mêlant des éléments plus traditionnels avec des trucs novateurs. Même ‘Война’ qui débute sur des auspices rythmées, limite festives, finit par sonner clair obscur, de par la pointe de tristesse naturelle du chant et quelques touches de claviers sombres. C’est la patte du combo, ce spleen non résigné qui ouvre la porte à l’introspection tout en galvanisant les sentiments. Je ne dis pas, les claviers de l’ouverture de ‘Бошетунмай’ sonnent trop joyeux, la rythmique dub laisserait présager du pire mais le titre finit par dégager quelque chose. Idem pour ‘Попробуй спеть вместе со мной’, plus entraînant et rock, mais toujours empêché de se lâcher totalement, c’est le secret du disque, de par la sècheresse des sonorités et la mélancolie grave de la voix. Rien de bien surprenant à ce que Кино ait trouvé grâce auprès du public post punk et cold wave de l’Ouest à la chute du Rideau de Fer. Pour qui apprécie l’ambiance spéciale caractérisant les productions de l’Est des années 80, le combo en propose une version assez pop, moins agressive mais emplie d’une soif de combler le vide intérieur, d’espérer en un avenir meilleur, de laver le blanc pour percevoir enfin pleinement la lumière…4,5/6

note       Publiée le lundi 24 octobre 2016

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Note moyenne        4 votes

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Shelleyan › mercredi 5 décembre 2018 - 07:11 Envoyez un message privé àShelleyan
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Ouiiiii, on vient de m'en parler

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Richard › mercredi 5 décembre 2018 - 05:36 Envoyez un message privé àRichard

Excellent :) Pour parfaire ton propos Twilight, et constater encore une fois l'influence et la popularité intactes de Tsoi, il y a Leto, un film qui parle du rock soviétique des années 80 qui doit bientôt sortir sur les écrans je crois...

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Shelleyan › mardi 4 décembre 2018 - 23:10 Envoyez un message privé àShelleyan
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Richard, je rebondis sur ton commentaire. L'autre jour, je discute dans la bus avec une collègue, joviale mama russe, sans style particulier, avec qui j'échangeais deux ou trois banalités de temps à autre...Voyant des badges sur ma veste, elle me dit qu'elle s'est fait plaisir dans un magasin de St-Petersbourg qui vend de tout sur le rock. Des groupes connus, me dit-elle, mais aussi quelques formations russes. Je lui demande si elle connaît Kino...Yeux arrondis qui s'illuminent...Elle adore, les a vus en concert, a fleuri la tombe de Victor qui est mort le jour de son anniversaire, a tout en K7, cd, s'est payé deux mugs à l'effigie de Victor, a des films en Russe sur lui...Bref, elle m'a promis de me ramener un t-shirt la prochaine fois...Incroyable l'impact de ce groupe auprès d'un paquet de gens, alternatifs ou pas du tout, peut-être un peu comme Depeche Mode ou The Cure à l'époque ici...Selon elle, Victor a été assassiné, trop libéral dans sa manière de penser...Allez savoir, un accident de voiture, c'est bien commode...

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Richard › samedi 1 juillet 2017 - 18:35 Envoyez un message privé àRichard

C'est en découvrant récemment par hasard sur le net, Buerak, un duo post-punk de Novossibirsk que l'on se rend compte effectivement de l'impact de Kino , influence qui revient très souvent dans les commentaires. N'ayant aucune connaissance en russe, j'en ai profité pour demander à une amie moscovite de ma femme la place de Kino dans la musique russe. Elle a été, non pas importante, mais effectivement plus qu'extrêmement importante à la fin des années 80 et au début des années 90. Les Russes ayant apprécié le côté pas du tout « star » de Viktor Tsoi qui demeure encore aujourd'hui toujours très populaire... Et effectivement, cet album est une belle expression d'un certain spleen.

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JUDerAtS › mardi 25 octobre 2016 - 15:45 Envoyez un message privé àJUDerAtS

Ok merci, je vais allé jeter un œil !

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