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Lydia Lunch › Queen of Siam

cd | 11 titres

  • 1 Mechanical flattery
  • 2 Gloomy Sunday [reprise de Rezső Seress]
  • 3 Tied and twist
  • 4 Spooky [reprise de The Classics IV]
  • 5 Los Banditos
  • 6 Atomic bongos
  • 7 Lady Scarface
  • 8 A cruise to the moon
  • 9 Carnival fat man
  • 10 Knives in the drain
  • 11 Blood of tin

extraits vidéo

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enregistrement

Blank Tape Studios, New York, USA

line up

Lydia Lunch (chant)Robert Quine (guitare), Jack Ruby (basse), Douglas Browne (battterie), Pat Irwin (guitare, saxophone, piano), The Billy Ver Planck Orchestra (instruments)

chronique

Lydia Lunch, mieux qu’une survivante, une prédatrice. Il lui aura fallu cette volonté et ce caractère pour survivre à la ville, l’alcool, le sexe, la drogue, après avoir subi l’inceste et débarqué dans la Grande Pomme âgée de seize ans à peine…Après avoir affuté ses premières armes musicales au sein de Teenage Jesus and the Jerks puis 8-Eyed Spy, la jeune femme sort en 1980 son superbe premier album solo. Première constatation, Lydia est une poétesse avant d’être une chanteuse; sa voix ingénue, sensuelle, fragile et forte à la fois est loin d’être juste, suit souvent le rythme des lignes musicales plus qu’elle ne les interprète. Mais le pouvoir des mots, elle l’a, et ce timbre un peu maladroit, elle sait en user pour poser mieux que personne de vraies ambiances, feutrées, glauques. Sa version de ‘Gloomy Sunday’ est très loin de la beauté funèbre de celle de Gitane Demone mais elle dégage une ambiance fantomatique, agonisante, très particulière. S’inspirant de punk, de jazz, de cabaret, de blues, elle surprend avec le post punk groovy de ‘Spooky’, l’excellent ‘Atomic Bongo’, lui aussi très post punk mais en plus rythmé et moins pop. Quelques sursauts avant le cabaret déglingué de ‘Lady Scarface’ et ses cuivres music-hall mais rien n’est jamais rassurant avec Lydia, sa voix juvénile déjà trop marquée et marquante, témoigne de cette âme de tigresse qui bat dans sa poitrine, cette flamme qui effrayera même les pires barjots de la scène underground. Les paroles claquent, aux limites de l’incantation, tantôt prières au milieu de grincements, bruits, tantôt manifestes parmi des rythmiques jazzy (‘A cruise to the moon’, ‘Lady Scarface’) mais attention, Lydia est une reine, une vraie, si tu en doutes, elle t’écrasera la carotide en te soufflant la fumée de sa clope en pleine gueule. C’est simple, en écoutant ‘Knives in the drain’ ou le bref et étouffant ‘Blood of tin’, on se croirait dans un polar américain en noir et blanc, sauf que Lydia incarne Bonnie et Clyde en même temps. Si ‘Queen of Siam’ n’est pas son disque le plus abouti, il témoigne déjà d’une personnalité artistique troublante, de celle qu’aucune obscurité n’effraie et le suite ne fera que confirmer…

note       Publiée le dimanche 25 septembre 2016

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(N°6) › dimanche 9 octobre 2016 - 22:53  message privé !
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J'ai bien failli aussi la chroniquer cette Queen of Siam. Moi je l'aime beaucoup cette atmopshère dark cabaret. Lydia y est espiègle comme une écolière. Non, en fait Lydia n'a jamais été espiègle, t'as qu'à voir sa reprise Twin Peakswienne avant l'heure de Gloomy Sunday. Mais quand même, cette reprise de Spooky, commande/défi du producteur est irrésistible. Lunch a toujours fait des reprises formidables de toute façon, paradoxale pour une chanteuse aussi approximative. C'est du dark jazz, c'est soyeux comme un cercueil calfeutré dans un club interlope. C'est de la revue capiteuse, c'est the broad way, normal pour une féministe comme Lydia.

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Klarinetthor › vendredi 30 septembre 2016 - 00:16  message privé !

Bon j'ai été sorti par le patron comme un malpropre; j'ai pas traité l'actrice principale de pute ni de Jessica Rabitt, j'ai juste dit qu'elle etait pas forcée de succomber aux martinis nocturnes et aux paillettes. Et Gloomy sunday et Lady scarface continuent de ne pas me faire me pamer. C'est deja plus marrant quand le sax ou la gratte donnent du leur. Bref et sinon dans un registre peu connu, quoique plein d'enregistrements ont fini par voir le jour dans les annees 10s, le bassiste sous le nom de Jack Ruby est l'ancien bassiste de Jack Ruby (assez harsch no wave pour ce que je possede, je crois que ca varie entre les volumes). La vie est belle, comme disait Capra.

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Dioneo › mardi 27 septembre 2016 - 23:39  message privé !
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"Trop pop", nan mais sérieux... Je préfère me taire à mon tour, tiens, là-dessus.

Ceci-dit oui, il est bien différent de 1313 mais en effet, je trouve que c'est un beau contraste, au contraire. Complètement décadent sous le strass, le jazz qui se rappelle qu'on l'a appelé à un moement de l'histoire musique dégénérée et en rajoute dans la pompe - plus qu'un poil funèbre (comme dirait Jeannot) par moment -, complètement Broadway à d'autres, les fois où on arrive à faire la différence... Et des passages qui à mon sens réussissent ce que James Chance ne réussissait pas franchement quand il essayait trop fort sur certains morceaux d'Off White (au hasard mais en fait non), côté cabaret traumatisé par la no-wave mais qui - comme dit Dariev - parvient vraiment ici contrairement au saxeux Siegfried à ne pas en faire du tout au moins sur la forme. Bon... Je vais peut-être pas y aller de mon triplage de chro (avec celle annoncée de Dada) mais y'aurait parfaitement moyen.

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Klarinetthor › mardi 27 septembre 2016 - 18:34  message privé !

oui je suis bien d'accord, je trouve pas que sa voix soit vraiment faite pour ca. Trop pop donc je me tais.

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Dead26 › mardi 27 septembre 2016 - 18:29  message privé !

Ce premier album c’est la nuit et le jour par rapport à l’excellent et rampant 13.13 ou ça passe tout seul. Celui-là j’ai jamais vraiment réussi à accrocher, je le trouve chiant. Je pense que c’est à cause du saxo et de ce côté jazz qui me gonfle à force.

Je viens de percuter que Queen Of Siam c’est aussi le nom du premier album de Holy Moses sorti en 86, pas tout à fait le même registre mais 2 chanteuses qui en ont !

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