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Lydia Lunch › Honeymoon in Red

cd | 9 titres

  • 1 Come fall
  • 2 So Your Heart
  • 3 Dead River
  • 4 Three Kings
  • 5 Done Dun
  • 6 Still Burning
  • 7 Fields Of Fire
  • 8 Dead In The Head
  • 9 Some Velvet Morning [reprise de Lee Hazelwood & Nancy Sinatra]

extraits vidéo

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line up

Lydia Lunch (chant)Nick Cave (as Her Dead Twin/A Drunk Cowboy Junkie (chant)), Rowland S. Howard (guitare, chant), Mick Harvey (basse, guitare, percussions, clavier, batterie), Thurston Moore (guitare), Tracy Pew (basse), J. G. Thirlwell (effets sonores), Genevieve McGukin (chant), Murray Mitchell (guitare)

chronique

Les menstrus, le sang, la mort, le vomi, la nuit…Couchés, enlacés, le nez cassé, les lèvres tuméfiées, au fond d’une impasse au milieu des poubelles, on s’aime à en crever, à s’en flinguer…’Lune de miel en rouge’, un album de la reine Lydia qui aurait dû être un groupe formé d’elle, Rowland S.Howard et Genevieve McGuckin (These Immortal Souls) mais diverses péripéties en décideront autrement. A la suite des sessions d’enregistrement à Berlin en 1982, suite à la faillite du label pressenti, les bandes prendront la poussière jusqu’en 1987 où Lydia les sortira sur son propre label avec l’aide de Thurston Moore (qui ajoutera quelques overdubs) et Jim Thirlwell. Disque torve et noir s’il en faut, ‘Honeymoon in red’ baigne dès le glauque ‘Come fall’ dans une atmosphère nocturne, rampante, suintante. Le chant de Lydia y contribue beaucoup de par ses intonations traînantes, sa gravité cabossée, mais il y a aussi la musique, jamais confortable, grinçante, entre accords déchirés, piano dissonant, bruits. Peu de percussions au départ, les pièces se construisent comme des pièces blues mais un blues urbain qu’on aurait laissé faisander dans l’humus; nul besoin de rythme, chaque histoire se calquant sur ses propres mots. Ce n’est qu’avec la quatrième chanson, ‘Three kings’, que la batterie pointe le bout de son nez pour des ambiances obscures à la Birthday Party (après tout, avec la collaboration de Mick Harvey, Tracey Pew, Rowland S.Howard, quoi de surprenant ?); les structures s’égrènent en un hypnotisme occulte tandis que la voix de Lydia récite, incantatoire, froide, désincarnée, au milieu des couinements de la gratte. Magnifique. La boîte de Pandore est ouverte et c’est l’enfer qui déchaine ses démons. ‘We’ll go for a walk and you’ll go nowhere’, tout est dit…Si l’intro est plutôt blues, la suite se montre plus dangereuse, lente, tranchante, crissante et le support de la voix du grand Nick Cave donne une coloration permettant à ‘Done dun’ de figurer sur le disque ‘Murder Ballads’, à ceci près qu’elle sonne plus terrifiante que tout l’album réuni. ‘Still burning’ chanté par Howard seul se présente presque comme une bouffée d’air, viciée, mais quand on est à l’article de la mort, pas de quoi faire le difficile. Répit de courte durée, Lydia le rejoint sur ‘Fields of fire’, une excellente composition, plus classique et rythmée dans sa trame mais tout aussi obscure, de la pure no wave grinçante. De la ouate face au terrible ‘Dead in the head’, terrifiant, avec ses voix d’outre-tombe contant la folie d’un homme ouvrant le feu dans la foule, décrit limite comme une victime d’une société engendrant ses propres assassins. Hypnotique, malsain, comme la lumière des phares paralyse l’animal qui va être shooté par la voiture. Après un tel concentré de noirceur, la reprise de ‘Some velvet morning’ (un morceau important à mes yeux car le maxi acheté aux puces de Londres représente ma rencontre avec la grande Lydia) apparaît comme un summum de 'légèreté', enfin tout est relatif. Le duo Lunch/Howard fonctionne à merveille, les parties masculine lentes et torves, les féminines sur un rythme de valsounette déjantée qui n’est pas sans évoquer les interventions de Rose McDowell chez Current 93. Un opus intense au parfum d’auto-destruction spirituelle.

note       Publiée le dimanche 25 septembre 2016

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(N°6) › dimanche 9 octobre 2016 - 23:03  message privé !
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C'est pas étonnant vu les collaborateurs, mais là on est clairement plus proche de ses EP avec Thurston Moore et Clint Ruin. C'est indusglauqe, bourré d'échos malsain et de distortions sales, fuck les mélodies avec du graviers. Nick Cave, avec qui Lunch était alors, il me semble, en froid (après avoir été en chaud), est crédité sous les sobriquets de Her Dead Twin/A Drunk Cowboy Junkie, ah ah ah. N'empêche, Done Dun est terrible, elle savait danser avec ses partenaire la Lydia. C'est vraiment l'album qui renoue avec l'esprit de no wave, version blues shooté. Some Velvet Morning en bonus, c'est la cherry red sur le cake.

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Twilight › lundi 26 septembre 2016 - 00:24  message privé !
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Velvet version rasoir qui danse sur les veines...

Note donnée au disque :       
nowyouknow › dimanche 25 septembre 2016 - 23:55  message privé !

Faut que je réecoute, j'ai le souvenir d'un truc assez Velvetien