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Edip Akbayram & Dostlar › Nedir Ne Değildir?

cd • 10 titres • 39:23 min

  • 1Yaralarım5:08 [reprise de Aşık Mahzuni Şerif]
  • 2Arabam Kaldı Yolda2:56 [reprise de Aşık Mahzuni Şerif]
  • 3Adam Olmak Dile Kolay4:38 [reprise de Aşık Mahzuni Şerif]
  • 4Dar Ağacı3:31 [reprise de Aşık Mahzuni Şerif]
  • 5Kolum Nerden Aldın Zinciri3:36 [reprise de Aşık Mahzuni Şerif]
  • 6Ayrılık4:21
  • 7Bırak Beni3:59 [reprise de Aşık Mahzuni Şerif]
  • 8Haberin Varmı5:05
  • 9Mehmet Emmi3:12 [reprise de Aşık Mahzuni Şerif]
  • 10Kaşların Karasına2:57 [reprise de Neşet Ertaş]

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line up

Edip Akbayram (chant), Mithat Danışan (basse), Ayzer Danga (batterie), Murat Ses (orgue, harpsichord, arrangements 10), Özkan Uğur (basse 10), Galip Kayıhan (guitares, synthétiseur), Cudi Koyuncu (bağlama, tef, divan saz), Vecdi Ören (basse, arrangements 5), Nadir Uygun (batterie 10)

remarques

chronique

Styles
rock
psychédélique
progressif
folk
pop
musiques du monde
Styles personnels
rock-psyché-prog-anatolien

Le voilà, le premier album proprement dit de Edip Akbayram & Dostlar, après quelques années à disséminer une série de singles en partie réunis sur une compilation du nom unique du chanteur et des changements de personnels incessants, deux occurrences typique de l’anadolu pop des seventies, dont la seconde moitié a marqué le crépuscule. Une queue de comète en quelque sorte mais qui fait encore des étincelles, Akbayram étant l’enfant (polio, à l’image d’une icône anglaise des mêmes années) turbulent de la scène, certe moins politisé que Cem Karaca ou Selda mais se faisant quand même un peu casser la gueule dans certains coins à force de chanter sur scènes les complaintes contestataires du troubadour Aşık Mahzuni Şerif. Des reprises qui constituent d’ailleurs la quasi-totalité des morceaux de l’album, à l’exception du « Kaşların Karasına » de Neşet Ertaş, autre grande référence folk récurrente, tiré du single de 1974 où se distinguent la patte singulière et les claviers de Murat Ses, ex-Moğollar en transit, le morceau le plus folk psyché du lot, là où ailleurs domine une approche plus clairement barrée et progressive. Parce que Dostlar, en tout cas la formation en question, c’est un mélange entre grosses guitares acides, synthés qui chuintent en cosmigroove et une batterie d’instruments traditionnels, dont les saz de Cudi Koyuncu. Et de l’arrangement expansif comme un témoigne l’incroyable morceau pop orchestral d’ouverture, avec piano glam, trompettes et cordes et tout le toutim pour accompagner la voix expressive à mourir d’Akbayram, chanteur pathétique à souhait, aux irrésistibles mélismes tragiques sur le refrain-titre, « Mes blessures ». Intro prodigieuse mais trompeuse, la suite sera plus rentre-dedans, les chansons écrites pour un simple bağlama sont jetées dans une marmite de psychédélisme protéiforme, infusé par des influences occidentales prog sans verser dans l’emprunt trop direct (pas d’intro piquée à Yes ni d’harmonies à la Terry Riley cette fois comme ce fut le cas précédemment). Sans avoir à pirater à droite à gauche, Akbayram et Dostlar se permettent un peu tout avec une insolente réussite : un pont à clarinette digne des musiques roms sur « Adam Olmak Dile Kolay », un long et fascinant solo de yaylı tanbur, long luth joué à l’archet, sur « Ayrılık », du feu d’artifice de synthétiseurs jazz-funk couinants sur « Haberin Varmı ». Le tout toujours supporté par une rythmique qui claque et qui se prête à toute sortie de route, Ayzer Danga ex-batteur de Moğollar, Mithat Danişan ex-bassiste de Barış Manço, en somme que du cador qui maitrise le sujet. Y a un côté auberge espagnole dans la musique d’Edip Akbayram, un peu comme une pochette surprise où on ne sait jamais trop comment tout ça va tourner : on ne voit pas venir les riffs assourdissants ni le martèlement du piano qui viennent se caler entre deux couplets de « Bırak Beni » qui déroulait jusqu’alors sa pop glam-orientale classe et évocatrice, d’un coup ça gronde et ça cogne avant la reprise du chant comme rappelé par la mélodie du bağlama. Peut-être la meilleure démonstration de l’excentricité du groupe et de son chanteur, ou le contraire, la version fantastique de « Mehmet Emmi », déjà reprise l’année précédente par Selda sur son fameux premier album. D’abord une sorte de folk cosmique, flute et phasing entremelés, avant que le bağlama ne tente une première sortie bien vite aspirée par les riffs en spirales, puis la familière complainte de Mahzuni Şerif retenti enfin, le groupe faisant office de choeurs démultipliant la puissance du chant de Akbayram au refrain, avant une nouvelle plongée dans les méandres d’un acid rock épicé à l’orientale. Il n’y avait guère que Ersen Dinleten à tenter alors ce genre de bizarreries. Ainsi, Edip Akbayram porte haut la flamme d’une anatolian pop qui a alors largement cédé le pas au rock progressif (Manço a déjà sorti 2023, Karaca sortira Safinaz l’année suivante), en mélangeant tous les ingrédients alors en cours sur le grand bazaar stambouliote, en continuant à propager la parole brûlante des troubadours. Fallait en profiter, ça n’allait plus durer bien longtemps.

note       Publiée le dimanche 19 février 2017

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(N°6) › jeudi 6 avril 2017 - 16:03 Envoyez un message privé à(N°6)
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C'est sûr que pour du support physique sur les troubadours, t'as sans doute plus vite fait de prendre un billet d'avion, les compiles sur place c'est comme celles de Ferré ou Brassens à la Fnac. Sinon, y a des tonnes de trucs sur iTunes évidemment (aussi bien pour Mahzuni que pour Ertas).

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Klarinetthor › jeudi 6 avril 2017 - 02:03 Envoyez un message privé àKlarinetthor

Belle porte d'entrée vers l'anatolian rock (encore une)... dommage que ce soit un peu dur de trouver ces versions de Mahzuni, hormis sur ytube.

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