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SoapKills › Enta Fen

cd | 10 titres | 43:38 min

  • 1 Aranis (Orchestral) [Koullou Ndif reprise de Omar El Zenni] [3:22]
  • 2 Enta Fen [5:17]
  • 3 Herzan [3:23]
  • 4 Galbi [reprise de Sami al-Sidawi] [4:22]
  • 5 Manni 2elak [4:14]
  • 6 Wahch [3:37]
  • 7 Adaram [4:53]
  • 8 Leh Zaalen (Acoustic) [4:17]
  • 9 Ara Salmou [5:21]
  • 10 Kasdoura (Orchestral) [4:52]

extraits vidéo

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line up

Yasmine Hamdan, Zeid Hamdan

remarques

La réédition téléchargeable chez Crammed Discs a un tracklisting différent, Ara Salmou étant renommé Souleyma, avec une nouvelle version de Wadih, de l'album précédent, en bonus.

chronique

Styles
trip hop
Styles personnels
trip-hop libanais

Au Liban c’est impossible, SoapKills n’arrive pas à percer, trop underground, pas assez pop, trop en arabe (si si, là-bas aussi). Re-localisation à Paris pour un nouvel album, plus produit, donc plus chiadé. Mais là non plus, pas de bol, le label fait faillite et le projet est avorté. Sorti malgré tout en autoproduction avec une pochette tirée vite-fait de celui d’avant, mais où Zeid n’apparait plus, symptomatique peut-être du fait qu’il aurait détesté l’expérience parisienne, le groupe se disloquant de facto à ce moment là. Réunissant nouveaux titres et réarrangements de morceaux anciens, l’album s’ouvre comme le précédent sur « Aranis » dans une orchestration plus soyeuse, avec cordes, un chant plus suave encore. La volonté de plaire, de marquer le coup, est manifeste. Ce serait leur faire insulte que de leur reprocher après des années de grattage et de non-reconnaissance publique à Beyrouth. N’empêche qu’on peut en préférer la version plus dépouillée, question de goût. La mélodique mélancolie profonde de « Kasdoura » se prête mieux à cet habillage, à ce son plus clair, plus immédiat, moins tortueux en arrière-champs, la voix de Yasmine occupant de toute façon l’avant-scène avec la même classe indiscutable. Le morceau y perd à peine en noirceur se qu’il gagne de lisibilité cristalline, avec quelques cordes et cuivres vaporeux, évoquant les moments les plus automnaux de Goldfrapp. « Leh Zaleen », tiré du premier album, se voit aussi revisité, prenant ampleur et richesse de couleurs, irruptions de sons en mosaïque. Gros potentiel inscrit dans les gènes de ce qui aurait du être enfin l’album qui casse la baraque, d’autant que le reste avait de quoi faire frétiller la programmation nocturne de Nova. Zeid sort de sa boite à malice quelques gimmick orientaux aux claviers qui viennent épicer un trip-hop aux lignes de basse serpentines, avec des programmations lorgnant du côté du dub et du nu-jazz, à l’image du titre éponyme, qu’on rêve de balancer pour faire basculer la soirée dans le sulfureux, avec ces rythmiques comme tribales sur le pont. « Herzan » renoue avec l’approche minimaliste, juste un chaloupement de reggae électronique sur trois touches que la voix de Yasmine effleure, avant le délicat envol au milieu de scintillements, de grésillements de petites étoiles. Une succession de morceaux imparables comme ce « Galbi », reprise du compositeur libanais Sami al-Sidawi que SoapKills jouaient déjà depuis des années comme en témoigne la séquence du film « Terra Incognita » où Yasmine fait sa première apparition cinématographique, interprétant cette magnifique chanson d’amour à l’issue de laquelle elle va se commander deux vodkas, tranquillou. C’est qu’il n’y a pas ici que de la délicatesse, même si c’est ce qui survole des productions très finement ciselées, la dentelle de « Ara Salmou », où l’aspect trip-hop reste en creux derrière la mélodie vocale. Zeid arrive même à l’utilisation la plus bouleversante du vocoder que j’ai entendu, usant de ses capacités pour jouer avec les mélismes (cette façon de changer de notes sur une seule syllabe) tout en douceur de Yasmine sur le sublime « Manni 2efak », qui vous colle des frissons comme un effleurement de peau avant de gronder sous l’assaut de guitares saturées qui monte en marée lointaine mais inéluctable. Le genre de morceau qui aurait du faire exploser le groupe. C’est bien ce qui s’est produit, mais pas dans le sens escompté. Zeid retournera à Beyrouth pour continuer à produire une musique underground alors que Yasmine se tournera vers une collaboration avec Mirwais avant de se trouver vraiment. De SoapKills, il reste cet héritage à redécouvrir alors que Crammed Disc ressort tout le matos. Peut-être finalement le dernier groupe de trip-hop vraiment pertinent apparu sur la scène, avec une temporalité différente qui doit aussi à sa géographie. Comme quoi, tout n'est qu’affaire de contexte.

note       Publiée le samedi 10 septembre 2016

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