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Serdar Ateşer › Mütareke Yılları

cd | 7 titres | 47:11 min

  • 1 Tarihi Tekerrür [2:54]
  • 2 Açık Denizde Bir Şirket-i Hayriye [8:26]
  • 3 Amerika [5:11]
  • 4 Potansiyel Var Tesis Yok [6:23]
  • 5 Türk Havası Yolları-Yoğurtsuz [5:09]
  • 6 Liveturbasyon-Mütareke Yılları [16:36]
  • 7 Tarihi Tekamül [2:32]

extraits vidéo

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line up

Serdar Ateşer, Sumru Agıryürüyen, Levon Balıkçıoglu, Erkan Oğur, Gürol Agırbaş, Cem Aksel, Melih Özçelik, Nedim Nalbantoglu, Turgut Alp, Ahmet Altug, Hakan Ayer, Hakan Kurşun, Tahsin Ünüvar, Saruhan Erim

remarques

https://serdaratesergrupbaskanvekilleri.bandcamp.com/album/m-tareke-y-llar

chronique

Styles
rock
progressif
jazz
world music
Styles personnels
prog cinématique

Bien tranquilles, à boire un thé sous les arbres. Les petits oiseaux pépient. Un air d’accordéon nous berce les sens. Et puis. L’air s’empli d’autres bruits. D’une autre musique, contrariante. Martiale. La radio des autorités. Les chars. Les fusillades. Les cris. D’un coup, c’est la guerre. Le 12 Septembre 1980, un coup d’état militaire renverse la Turquie. Les années à venir seront terribles. Plus évident de faire de la musique dans ce contexte de dictature militaire rentrée, d’oppression sourde. Issu du groupe folk-prog protestataire Mozaïk, dont un certain nombre de membres et collaborateurs l'accompagnent ici, le guitariste et arrangeur Serdar Ateşer fait partie de ces francs-tireurs, en marge de la variété populaire lénifiante de ces années plombées. Compositeur de musique de film et surtout de publicité, ce qui lui assure un revenu, il sort à l’aube de la nouvelle décennie à venir son premier album solo, en cassette. « Les années de trêve. » Un armistice, ce n’est pas la paix. C’est l’attente de la suite. Si Michael Mann avait réalisé ses polars glacés des eighties à Istanbul, la musique de Ateşer leur aurait convenu comme un gant. Le guitariste illustre l’atmosphère de ces années grisâtres, emprises de violence et sous le joug du général Kenan Evren par une sorte de rock progressif fusion fortement marqué par l’esthétique de l’époque, synthés aqueux et guitares classiques sur des percussions électroniques, mêlés d’instruments traditionnels turcs comme le ney et le kanun, conférant une touche un peu Blade Runner à ces instrumentaux qui suintent les tubes néons. On le visualise, le polar noir stambouliote désespéré, ne crachant pas sur quelques scènes censurables au porn-sax. « Amerika », c’est le générique apocryphe de "To Live and Die in Istanbul" de William Friedkin. Ateşer assure lui-même les soli pathétiques de guitare électriques, tout en empathie mélodique ou tranchant l’arrière-plan, alors que les cadors avec lui y vont de lignes de basse (limite slappées, un peu, forcément), de tricotages acoustiques et de violons jazz-rock. Plus étrange encore, « Yoğurtsuz » serait comme si la période la plus synthétique de Goblin croiserait la route d’un groupe prog anatolien. Ateşer fait preuve d’un drôle de sens de l’humour tordu, « Liveturbasyon » commence comme une sorte d’horrible mais très viral concert de hard-FM 80’s-as-fuck, vomissant ses thèmes de synthés qui viennent polluer la tête de l’auditeur, avant que celui-ci, justement, ne claque la porte et se retrouve littéralement dans la rue, on entend ses bruits de pas, les bagnoles qui le frôlent ! A siffloter l’ignoble mélodie ! Alors que semblent venir d’échoppes juste à côté l’inévitable turkish pop d’époque. Plongée directe et immersive dans la ville. Mais où va le personnage ? A l’opéra, écouter du classique ? Où est-ce un autre poste de radio ? Et puis quoi, impression d’être plongé dans des égouts, clapotis qui résonnent. A moins que ce soit un sonar de l’armée, à ses trousses. Atmosphère confinée de claviers en nappes sinistres, basse ponctuant en notes sourdes, ney qui agonise. Pour un peu, on se croirait dans le musée de l’évolution de Ghost in the Shell, ou la longue nuit de Jin-Roh quand débarque cette guitare acoustique tellement malheureuse. Puis place au saxo qui dégouline et rythmique funky bégayante, avec percussions faisant monter la pression, la scène de suspens qui vise sa conclusion, alors que les sons alentours se font de plus en plus chaotiques, effrayants. A quand la fin de ce long tunnel ? De ces années de trêve, pour enfin un peu de tranquillité d’âme ? Quand revient la mélodie du début du film, parce que c’est bien se faire un film que de se plonger dans la musique de Serdar Ateşer, elle est alors emplie d’une force mélancolique nouvelle, nourrie d’une énergie mauvaise qui la fait tourner en valse morbide, en danse macabre. Trop de temps passé à flirter avec le mal, ça te ruine. D’un coup, ce fut la guerre. D’un coup, ce fut la guerre. D’un coup. D’un coup. D’un seul coup.

note       Publiée le samedi 19 novembre 2016

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Klarinetthor › lundi 21 novembre 2016 - 17:06  message privé !

bon maintenant que tu nous as chauffé, tu vas nous presenter Sezen aksu et ceux qui faisait mouiller les corps dans les club 80s.

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(N°6) › dimanche 20 novembre 2016 - 17:17  message privé !
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J'ai failli mettre le 90125 de Yes en recom. Ahhhh, la séquence porn-sax dans le tunnel. Abusée, mais pas beaucoup plus que celle de Blade Runner finalement.

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Klarinetthor › dimanche 20 novembre 2016 - 17:11  message privé !

le son fin 80s a encore frappé, perso c'est la gratte qui me pose le plus de probleme; et localement le pornousax (qui suit la liveturbasio!!) pendant 7-8 minutes... Sinon le reste est interessant. ya meme la piste Big trouble in bigstambul, la sauce yaourt-turkish airlines; ou le melange geographique est bien foutu

Note donnée au disque :