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Zafer Dilek › Oyun Havaları

vinyl33t • 14 titres • 34:10 min

  • 1Kol Bastı Oyun Havası2:38
  • 2Tokat Sarması2:09
  • 3Sultan Çiftetellisi2:45
  • 4Arabi Oyun Havası2:37
  • 5Eminem2:35
  • 6Tulum2:37
  • 7Fasulya1:36
  • 8Döktürü2:36
  • 9Konyalı2:00
  • 10Bahriye Çiftetellisi2:30
  • 11Kelle2:40
  • 12Adana Çiftetellisi3:03
  • 13Kazancı Oyun Havası2:05
  • 14Adanalı2:19

extraits vidéo

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line up

Zafer Dilek (guitare, arrangements), musiciens non crédités

remarques

chronique

Styles
folk
world music
Styles personnels
airs à danser

N’empêche, dans les seventies, on n’avait pas peur de montrer du téton pour vendre sa camelote. A voir le chaste, et bien hypocrite, traitement « Cachez ce sein que je ne saurais voir » de la réédition du troisième album de Zafer Dilek trente ans plus tard, on peut se demander où était le mal, après tout. Si encore la musique fourguée était du tout venant, on pourrait disqualifier le racolage à la pochette de danse du ventre érotixotique. Mais encore une fois, le guitariste-arrangeur des studios Yonca, sorte de Zelig transversal et insaisissable de l’anadolu pop, met les petits plats dans les grands, en prenant bien soin de ne pas se répéter. D’ailleurs cette fois, lui et sa guitare surf à la Shadows restent en arrière-plan, pratiquement uniquement en guise d'élément rythmique au côté de la basse et des percussions. Pour le familier des musiques turques, un coup d’oeil sur le nom des morceaux laisse tomber le voile, là aussi, sur le contenu de ce second album d’oyun havaları, soit de façon générale des airs à danser : havası, çiftetelli, des airs folk pour onduler en rythmes, où les instruments des gitans prendront la part belle auprès du classique bağlama. Du kanun explosif, du violon balkanique et l’inévitable clarinette, en solistes chacun leur tour alors que l’ostinato de Dilek et ses requins gardent le cap sous coup férir, sans non plus sortir de leurs rails pour aller déballer du kitsch illustratif. Alors les morceaux sont livrés courts, alignés comme des shots de rakı, jamais le temps de s’appesantir ni de laisser aux musiciens trop d’espace pour pousser à une ivresse totale. C’est un peu la limite de l’album, qui s’inscrit malgré tout dans cette optique de library music démonstratif. Et pourtant, ces musiciens anonymes, non crédités, ils ont un peu oublié d’être des manches, aussi bien le clarinettiste dont les circonvolutions sur des airs typiques n’ont pas à rougir des grands maitres, que le joueur de kanun grattant sa cithare avec une énergie effrénée, ne rechignant pas à lui faire grincer des dents en des stridence dissonantes, ou le violoniste qu’on imagine lui aussi d’ascendance gitane, ses mélodies voletantes comme les soies multicolores autour des chairs nues des danseuses. Pour être vulgaire : putain ça joue ! Quant à Dilek, on l’entend à vrai dire à peine, même si c’est bien sa signature dans les arrangements de cette rythmique infernale, qui ne s’arrête que parce que l’ingé-son à cru bon de donner des coups de fade-out, seuls capables d’interrompre les airs à danser, les airs à virevolter. L’album finalement le plus classique, au sens populaire de musiques de fête, de Zafer Dilek, le plus emprunt de tradition. Réédité en CD en Turquie et disponible en numérique avec un son d’excellente qualité, il est à écouter en mode random-infini, pour onduler jusqu’à plus soif, sinon celle de tomber de fatigue, têtes et verres bien vidés.

note       Publiée le jeudi 24 novembre 2016

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Klarinetthor › jeudi 24 novembre 2016 - 15:27  message privé !

Ah oui je la trouvais chaste la pochette, mais c'est parce que je ne connaissais que la pochette censurée.

Note donnée au disque :       
Nicko › jeudi 24 novembre 2016 - 14:24  message privé !
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Merci des précisions !! En tout cas, ici, la pochette est sublime, comme souvent avec tes chros de pop anatolienne ! ;-)

(N°6) › jeudi 24 novembre 2016 - 10:23  message privé !
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Oui. Il y a des tonnes d'albums simplement appelés "Oyun Havalari" qui sortent à cette époque, désignant des albums instrumentaux de "musique de danse du ventre" (pour le marketing, car c'est un peu plus nuancé que ça), même si le titre signifie simplement "airs à danser". Une dénomination générique.

Note donnée au disque :       
Nicko › jeudi 24 novembre 2016 - 10:16  message privé !
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deux albums du même artiste avec le même nom et ils sont bien différents ? C'est normal ??