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A.G. Cook ›

  • 2017 - PC Music (1 téléchargement internet)

téléchargement internet | 4 titres | 31:04 min

  • 1 sparks.in - new.city [10:17]
  • 2 the.air - other.travel [10:21]
  • 3 tonight.burns.red - hi.tech [5:31]
  • 4 like.dynamite - dark.space [4:55]

extraits vidéo

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remarques

L'album a été rendu disponible en streaming et au téléchargement lors du "Month of Mayhem" de PC Music en Mai 2017, sans aucun crédit à aucun artiste du label. Il s'est révélé ensuite que la musique a bien été composée par A.G. Cook pour un film mettant en scène l'artiste virtuelle Quinn Thomas, alias QT. Si on zoom à fond (avec une forte résolution) sur le tout petit carré au milieu du noir, on voit qu'il s'agit de l'artwork du single "Hey QT". Le film est visible sur Vimeo : https://vimeo.com/239429968

chronique

Styles
ambient
musique électronique
Styles personnels
bubblegum-bass spatiale

S’enfoncer dans le trou noir de l’hyper-réalité. Qu’y a-t-il encore à l’autre bout du tunnel ? La surface plane de la vie digitalisée sur laquelle on zoom, creusant en restant en surface autant que la résolution le permet. Explorer la granularité, pénétrer comme dans l’infiniment petit jusqu’à tomber dans le flou, ou dans un autre univers. Il aura été produit force glose sur la musique du label PC Music. Sa plasticité alien d’humanité photoshopée, étouffée de caches et de filtres, sa capacité à s’auto-capitaliser, se transformer elle-même en marque, en sur-marque même quand le produit qu’elle est censée vendre en découle, n’en dérive que dans un second temps (c’est même la le principe de QT, chanteuse virtuelle incarnée par une artiste-performeuse dans l’unique but de vendre une energy-drink apocryphe, et dont la musique est produite par AG Cook et SOPHIE, les deux piliers du mouvement bubblegum-bass). Fi des supports, c’est par un simple clic sur un lien, sans aucune compensation monétaire, que le label en Mai 2017 distribuait chaque jour ou presque de nouvelles productions oscillant entre visée de conquête de l’industrie musicale et objets complètement énigmatiques. Voici ce ∂, sans crédit accordé à aucun nom du label, aux titres formant des bouts de phrases déconnectées, dont l’esthétique d’ambient spatiale tranche, une nouvelle fois, avec les stéréotypes qu’on accole à ce collectif insaisissable. Des arpèges brisés dérivant dans le cosmos, des sons en gels plastiques qui gougloutent loin de toute orbite, rien de bien rassurant. Pour quelle cité stellaire imaginée dans les labos londoniens de PC Music a été composée cette bande-son où la bubblegum-bass semble s’être étirée vers l’infini, tel un chewing-gum fluorescent lentement aspiré d’un bout à l’autre de la galaxie par une supernova en décomposition. « Des étincelles dans l’air ce soir brûlent, écarlates comme de la dynamite » « Nouvelle cité, autre voyage, hi-tech, espace sombre » voilà les titres déroulés, comme une introduction minimale ouvrant l’imaginaire sur un space-opéra où tous les sons en apesanteur sont fait de cette matière hyperlisse et luisante de la bubblegum-bass, ralentie à l’extrême sous le coup de la densité. Les voix criardes soudain transmutée en choeur cosmique evanescent, les mélodies grotesquement kawaii déconstruites jusqu’à ne plus constituer que quelques suites de notes bouclées avec une insistance hypnotique. Impression de glisser dans un vaisseau au design post-futuriste, contemplant par le hublot des myriades de méduses aux filaments iridescents, d'aller dans un véhicule amniotique de GPA, berceuse pour nos sens de replicants en devenir. Puis, hey ! QT ! Voici une mélodie familière jouée d’un doigt sur un clavier virtuel ! Une annonce venant du cockpit ? Des chants synthétiques de sirènes codées. Dans un de ces autres mondes bâtis de zéro et de un assemblés, QT existe bien, allons-lui rendre visite de l’autre côté de l’écran, ce nouveau miroir où se saturent des milliards de données personnelles. Plus on s’approche de l’image, plus elle devient *plus* réelle que la réalité dont elle était censée témoigner. Rien de bien rassurant, mais tout ira bien. Il faudra que ça aille, même si de plus en plus, le monde de QT a des allures de laboratoire d’Aperture Science. Les ritournelles pop et les annonces aux injonctions diverses dans les speakers des App des smartphones, c’est le nouvel Ouroboros. Rien de bien rassurant, non, ces drones un peu stridents qui soufflent dans les halls, dans les malls, dans les hangars bien matériels où se stockent la virtualité. Le monde de demain est au bout du trou noir. Décoller, il faudra bien. Mais pour trouver quoi, si fond du tunnel il y a ? Jusqu’où augmenter la résolution, jusqu’à quel infini ? Plonger, comme le Major Kusanagi, au sein de cet océan de zéro et de un, quitte à n’y trouver que les abysses, que le glougloutement de pixels flous.

note       Publiée le mercredi 11 avril 2018

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