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Jute Gyte › Perdurance

cd • 6 titres • 62:39 min

  • 1At the Limit of Fertile Land11:30
  • 2The Harvesting of Ruins10:52
  • 3Like the Woodcutter Sawing His Hands09:24
  • 4Palimpsest08:19
  • 5Consciousness Is Nature's Nightmare10:02
  • 6I Am in Athens and Pericles Is Young12:32

extraits vidéo

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enregistrement

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line up

Adam Kalmbach (musique, paroles).

remarques

Je me suis permis de traduire (corrections bienvenues si grosses bévues) in extenso la présentation de ce disque par l'auteur lui-même, ça fait bien le tour : "Plusieurs pistes de cet album disposent de tempi multiples simultanées, quelque chose que je n'ai pas déjà exploré en dehors de triolets (3:2) et hémioles (2:3). Le coda de la première piste dispose d'un ratio de tempo de 7:8, avec sept temps à une mesure dans les guitares et 808 et huit temps la mesure dans la basse, la batterie et le rythme traité. La proximité du 7:8 crée un motif d'interférence rythmique ou "dissonance" - l’oreille attend la résolution sous la forme d'un tempo en ralentissant ou accélérant pour s'accorder à l'autre tempo et établir une impulsion commune. D'autres pistes utilisent des ratios plus complexes, comme le 4:5:6:7 au point le plus complexe de "I Am in Athens". Avec quatre tempos simultanés, contrairement à deux, le sentiment d'être tiré vers une résolution se dissipe, peut-être parce qu'il y a trop de résolutions possibles, et l'agrégat rythmique se stabilise. "Palimpsest" n’utilise pas de tempos multiples mais est structuré autour d'un hypermètre uniforme à 33 temps, quelque chose que je n’ai pas utilisé auparavant dans mes œuvres de metal. J'ai écrit de la musique en mètres déplacés depuis si longtemps que d'avoir un seul hypermètre régissant une piste entière semblait presque comme de la tricherie ; ayant toutes les parties de la dernière piste, 33(n) temps m'ont permis de mettre en relation les sections de la piste à un degré plus élevé que je gère habituellement. Ces stratégies rythmiques font partie d'un objectif à long terme d'unir les aspects de mon travail électronique, qui utilise des structures gradientes basées sur des processus et concernant principalement le rythme et le timbre, et mon œuvre black metal, qui est orienté autour du ton et structuré en sections traditionnelles discrètes. Le ton ouvrant « Woodcutter » est une extension microtonale du thème d'ouverture du premier quatuor pour piano de Brahms, mais il n’est pas facile (ou nécessaire) d’entendre la source dans l'arrangement final. Les guitares jouent les transformations de ce matériel créé par des opérations de série standard et également en s’enroulant ou en spiralant à travers une gamme complète ou partielle comme si c’était un labyrinthe, une technique d'Ursula Mamlok décrite dans "Twelve-Tone Music in America" de Joseph N. Straus. La section d'ouverture de « Conscience » est une séquence d'accords en neuvième s’étendant microtonalement du plus sombre / plus compact jusqu'au plus clair / plus large. Quelques-uns des riffs sur cet album sont des collages sonores inspirés par Inquisition qui souvent alterne brillamment plusieurs styles de jeu en un seule riff / mesure 2-4. Je me suis enregistré en improvisant dans quelques différents styles de performance (slides, harmoniques, arpèges, palm-muting), coupé les improvisations en échantillons et les collages en riffs. Le riff qui ouvre « I am in Athens » a été inspiré par les riffs ponctués de feedback de groupes comme Grief et Eyehategod. « At the Limit of Fertile Land » est une révérence de Boulez à Klee. « Like the Woodcutter Sawing His Hands » est une expression de Renée Riese Hubert extraite de « Trois femmes poètes : Renée Rivet, Joyce Mansour, Yvonne Carouth ». Le titre « Consciousness Is Nature's Nightmare » est extraite de « Des larmes et des Saints » de Cioran via le chef d’œuvre de D.F. Wallace « The Suffering Channel » et le titre « I Am in Athens and Pericles Is Young » est extrait de « The Hounds of Tindalos » par Frank Belknap Long même si je ne peux pas vraiment recommander l'histoire. La phrase « White stone in the white sunlight » est extraite de « Ovid in Tears » par Jack Gilbert. L’image derrière l’ouroboros sur la couverture est une radiographie de la toile « De Staalmeesters » par Rembrandt."
CD sorti dans un boitier format DVD. Peut également être acheté à prix libre sur le bandcamp du groupe.

chronique

Après écritures sur multiples vieilleries plus ou moins cultes, il faut bien écrire sur ce qui se fait en ce moment pour, je sais pas, se dire que… c’est toujours bien aujourd’hui et c’est pas forcément mieux avant, tout le temps ? Et comment je fais moi pour savoir que c’est toujours bien maintenant. Je n’ai plus d’abonnements à hard n’ heavy, M6 passe plus Best of Trash, facebook m’a tué par indigestion, gutsofdarkness (non rien), et euh… eh ! Même Violent Solutions a fermé. Bon il y a plein de blogs, mais qui écrivent sur ce que l’auteur veut bien écrire et il y a encore plein de petits webzines, mais idem. Et j’en ai marre des youtubeurs. A part le joueur du grenier, qui ne parle pas de metal (à part celles des pales de Airwolf. Putain, Airwolf). Et caetera, et caetera ! Alors je me tourne vers bandcamp, et j’utilise des filtres pour les sorties, car mes autres catalogues numériques, enfin surtout rateyourmusic ne hiérarchisent pas grand chose, même si leurs classements « ésotériques » peuvent faire découvrir d’autres choses que du power metal ou du djent. Et je tombe sur cela. Vive la sérendipité ! La pochette, un ouroboros, utilisé pour la 584e fois sur une pochette, c’est estampillé black metal, donc pour la 324e fois sur une pochette d’un album de black (metal). Je lis le descriptif. AAAAERRRRRRH ? Mais qu’est-ce qu’il raconte ? Et il y a toute une tartine comme ça - mais j'ai pris le temps, de lire, de retrouver des termes oubliés, pour essayer de comprendre l'auteur de cet album, qui nous offre carrément toute la recette de son disque, d'où viennent les influences, les sons, la composition, et j'ai pas pu m'empêcher de recopier tout cela au-dessus parce que je trouve ça pas banal, et pas mal du tout même de tout balancer comme ça au public. D’habitude rien de particulier n’est marqué, à part « enregistré chez moi il y a deux jours », ou des slogans promotionnels dignes d’Auchan par le label. Mais ça me titille quand j’entrave que dalle (hé, j’ai arrêté le solfège à 11 ans, pas taper). Alors je lis. Et puis enfin j’écoute ! La première approche m’a donné littéralement la gerbe, et m’a fortement fatigué. La deuxième donne un peu moins la migraine. La troisième donne la joie de se tuer, et puis ensuite la joie de vivre pour encore écouter des choses pareilles. Il s’agit donc de surimpressions de quantités de choses, des rythmes, des riffs de guitare tout de guingois, la voix qui hurle un peu comme le mec de Thou, et en même temps ça tient debout. Un peu comme si vous arriviez dans votre bureau dans le noir, et que « surprise ! » tous les collègues tapent dans les mains en allumant la lumière, certains soufflent dans des vuvuzelas, d’autres hurlent, et ça dure une heure, et puis ça se propage, tous les autres bureaux de l’immeuble s’y mettent, ça se superpose, et vous sortez, et vous regardez d’en bas, et c’est beau, et ça se transforme en une entité qui prend presque conscience quand on y pense trop et qu'on a trop lu Lovecraft. Objet étrange. Il s’avère que la personne derrière ce projet, Adam Kalmbach, a donc sorti déjà plein d’albums sous ce nom black metal, fait donc tout tout seul, sort les disques sur son label, et exprime dans ces disques de métal noir une vision de la vie très critique sur ce qui pourrait avoir trait à une quelconque sensation de liberté de conscience, sur l'illusion que rien ne nous échappe, que nous avons le choix. Mélomane, fan de Xenakis comme de Judas Iscariot, il s'est tourné essentiellement vers la musique dans sa vie - et ça s’entend si je peux me permettre. Il parait aussi qu’il a beaucoup écrit de musique sans la publier. Une sorte de Pessoa du Missouri, si je peux me permettre bis. Enfin, on peut faire les liens qu’on veut, ce disque me semble rare, et cette musique est exigeante, demande une concentration intense, difficile. Et elle me retourne le bide comme toute bonne musique. « Experimental Microtonal Black Metal » qu’ils disent. A vos lexiques donc, et à vos oreilles.

note       Publiée le samedi 6 août 2016

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CeluiDuDehors Envoyez un message privé àCeluiDuDehors

J'ai reussi a y jeter une oreille...je comprend pas trop ou il veut en venir avec cette musique en fait. Assurement le mec a du bagage technique et une large culture musicale mais bizarrement ca manque de...personalite. Ca ressemble a un mish-mash de toutes ses influences mais y'a pas vraiment de direction; le cote "black" est plus base sur l'esthetique du genre que reellement "noir" au sens de l'atmosphere...ca semble trop pense et ca n'a plus aucune spontaneite ou sentiment d'urgence, ce qui me semble dommageable pour du metal extreme (black d'autant plus). J'ai ecoute vite fait ses autres albums et y'a un disque de noise genre Merzbow, et un autre d'ambient electronica type Warp du debut des 90s...c'est pas franchement novateur ni original meme si c'est pas mal fait. Ce jeune garcon a l'air de se chercher en fait, et n'est pas mauvais pour singer ses influences. Tout ce que je dis parait bien negatif mais finalement ce mec a toutes les qualites pour faire quelque chose de vraiment bien, pas ma came pour le moment....mais a suivre!

Klarinetthor Envoyez un message privé àKlarinetthor

Mon comm vient du statut de cd-r que j'ai vu sur discogs; effectivement c'est pas si evident sur le bandcamp; bon il a la classe de proposer aussi le telechargement gratuit, lui.

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Kronh Envoyez un message privé àKronh

Ah les porcs! C'est a savoir ça, merci pour l'info! Je préfère encore ceux ou y a le logo Verbatim bien sale marqué dessus...

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Dead26 Envoyez un message privé àDead26

Un pro cdr c’est juste un cdr tout ce qu’il y a de plus de classique sauf que la face de non lecture (au lieu d’avoir la marque du cdr et le titre écrit au feutre) elle a une jolie impression comme un cd normal, logo du groupe, titres, dessin etc et qui est souvent un sticker de taille identique au cd fabriqué avec un logiciel adéquate. Très facile à réaliser, parfois c’est à s’y méprendre avec un cd normal. Mais il suffit de bien regarder la face de lecture pour voir la supercherie. Ce qui est dégueulasse c'est qu'il y en a qui vendent des pro cdr et qui font passer ça pour des cds normaux...

Kronh Envoyez un message privé àKronh

"Pro-pressed CD-R" hum... c'est quoi la différence avec un cd normal du coup? Sinon oui c'est appréciable, le problème étant que ces explorations se cantonnent aux genres extrêmes, metal en particulier, tandis que les genres plus soft/pop s'enfoncent et croupissent...

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